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EnemyGraph: blasphème ou ruse de l’amitié sur Facebook ?

On m’a souvent entendu parler d’amitié et d’inimitié dans les réseaux sociaux. De l’amitié à l’heure du numérique, autant dans le chapitre « Mon friend n’est pas mon ami » (v. mon ouvrage Les liaisons numériques, Paris, Seuil, p. 270-277 – que vous trouvez résumées ici) que dans plusieurs interventions publiques  détaillant les tenants et les aboutissants du friending. D’inimitié, plus récemment, dans mon effort de théoriser la conflictualité et les liens négatifs en ligne.

 Donc, quand le toujours admirable @affordanceinfo m’a signalé aujourd’hui le lancement d’EnemyGraph, une nouvelle app qui permet de déclarer des ennemis sur Facebook, j’ai fait un bond de surprise. Créé à la University of Texas par Dean Terry et ses étudiants Bradley Griffith et Harrison Massey, l’application promet de faire le contre-pied de l’ethos de l’amour et de l’amitié forcées de Facebook et de réaliser le rêve longtemps refoulé d’un bouton dislike. Mais comment ça marche ? Selon Terry le tout est basé sur la notion de « dissonance sociale », voire l’évaluation des liens existants entre usagers selon leur désignation de personnes, choses et lieux qui leur déplaisent:

EnemyGraph is an application that allows you to list your “enemies”. Any Facebook friend or user of the app can be an enemy. More importantly, you can also make any page or group on Facebook an “enemy”. This covers almost everything including people, places and things. During our testing testing triangles and q-tips were trending, along with politicians, music groups, and math.
Dean Terry EnemyGraph Facebook Application [visité 26 Mar. 12]

“Anamia” social networks and online privacy: our Sunbelt XXXII presentations (Redondo Beach, March 18, 2012)

[This is a joint post with Paola Tubaro’s Blog]

So, here we are in the (intermittently) sunny state of California for Sunbelt XXXII, the International Network for Social Network Analysis (INSNA) annual conference. This year the venue is Redondo Beach and the highlights are both old and new stars of social network analysis:  David Krackhardt, Tom Valente, Barry Wellman, Emmanuel Lazega, Anuška Ferligoj, Ron Burt, Bernie Hogan, Carter Butts, Christina Prell, etc.

Here are our presentations, both delivered on Sunday 18th, March 2012.

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Taking liberties: why feeling closer on social media can lead to higher conflictuality

A short note on an apparent paradox highlighted by Ronald E. Anderson on the blog Compassionate Societies. While commenting on a recent PEW survey on the “tone of life” on social networking sites, the author points out two interesting facts :

1)  heavy social media users are prone to conflict (and, more generally, a lot of users experience negative interactions, physical fight and even end up breaking friendships because of online communication)…

2) ..yet overall people declare they feel closer to others, more compassionate and feeling good about themselves.

How can this contradiction be explained? According to the author “social networking is a mixed bag of good and bad”. I, for one, would like to suggest another way of interpreting these results: social media users are not hostile despite the fact they feel closer to one another. Rather, they are hostile because they feel closer. Closeness primarily comes to mean that users approach social media sites with higher expectations about friendship and togetherness. Social networking might thus imply adopting a social style characterized by a hypertrophied sense of intimacy, verging on liberty – like in the expression “taking liberties”: being too friendly in a way that shows a lack of respect to others.

Facebook “friending” rhetoric plays a part in this process, of course: by spreading an irenic vision of harmonious social life, any deviation from emotional proximity is perceived as a major break in the code of communication. In this sense, while interacting in the informal environment of social media, individuals not only fail to cultivate deference, but they even come to think of it as a transgression of an implicit social norm, as a manifestation of distance – or, worse, indifference – that compromises social cohesion and introduces an element of mistrust conducive to conflict.

Small data vs. Big Data (slides du séminaire EHESS, Antonio A. Casilli, 15 févr. 2012)

La séance du 15 février 2012 de mon séminaire EHESS Étudier les cultures du numérique : approches théoriques et empiriques a été l’occasion de proposer quelques éléments de réflexion sur:

Small data vs. Big data : comment mener des expériences dans les médias sociaux

L’explosion récente des « Big data » (traitement automatique d’énormes bases de données natives du Web) a été saluée par les chercheurs en sciences humaines et sociales comme une véritable révolution. Néanmoins, certaines voix se lèvent pour dénoncer les limites épistémologiques, méthodologiques, et éthiques de cette approche. La méthode ethno-computationnelle développée par Tubaro & Casilli (2010) permet de dépasser ces limites en ayant recours à des petits jeux de données qualitatives (small data) utilisés pour calibrer des simulations multi-agents. Loin de produire des « prophéties », cette approches permet de mener des expériences in silico dans des situations d’information imparfaite et asymétrique. Deux études récentes (l’une relative aux effets de la censure des médias sociaux géolocalisés dans des situations de violence civile, l’autre sur la diversité culturelle sur Facebook) illustreront cette démarche.

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Profils Facebook et rôles sociaux (L'Hebdo, Suisse, 31 août 2011)

Dans le magazine suisse L’Hebdo, la journaliste Sabine Pirolt interviewe Antonio Casilli, auteur de Les liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ? (Seuil) sur l’usage social des profils Facebook pour les jeunes membres du populaire service de networking.

Regard sociologique. Outre la possibilité pour chacun d’accéder, grâce à l’internet et aux réseaux sociaux, à une «microcélébrité», Antonio Casilli, maître de conférences à Télécom ParisTech, souligne plusieurs aspects dans cette nouvelle tendance.

«Les portraits réalisés par un professionnel sont un signal de distinction sociale. C’est le même phénomène que les gens qui passent des dizaines d’heures à se confectionner un personnage sur des jeux online comme World of Warcraft ou dans les univers immersifs comme Second Life. Ils ont travaillé pour arriver à ça.»

Mise en scène. Aux yeux de l’auteur des Liaisons numériques (Seuil), ces jeunes femmes expriment ce qu’elles sont en puissance. Elles sont dans une phase d’expérimentation sur ce qu’elles peuvent se permettre en matière d’apparence. «Elles se mettent en scène pour que les autres les valident, en disant “j’aime ça ou je n’aime pas”. Il s’agit d’une validation sociale et non d’une question narcissique et d’une logique individuelle.»

Mais ne peut-on pas les accuser de tricher avec la réalité, de n’être pas authentiques? «L’authenticité n’est pas liée au fait d’être naturel ou non. C’est une manière de projeter l’essence de leur rôle en société. Ces jeunes femmes cherchent à être quelque chose, et ce quelque chose est leur “soi authentique” qui s’exprime, paradoxalement, par l’artifice.»

Le sociologue est convaincu: Leonie, Jill et les autres sont à l’avant-garde de ce qui se passe à tous les niveaux. Cela veut-il dire que ceux qui se présentent avec des portraits amateurs auront l’air plouc? «Ils ont l’air de moins savoir gérer l’impression qu’ils donnent d’eux sur l’internet. Et cela a aujourd’hui des effets négatifs sur leur capital social…»

Six interesting facts about social networking

A few interesting facts about Social Networking Services (mainly Facebook) taken from the recent report issued on June 16 2011 by PEW Internet and American Life. The report, whose title is Social networking sites and our lives is authored by Keith Hampton, Lauren Sessions Goulet, Lee Rainie, Kristen Purcell. Food for thought.

Fact #1: The average age of adult SNS users is now 38.

Sure, as user base increases, the gen Y is ‘caught up’ by gen X-ers, Baby Boomers and the like…

http://pewinternet.org/Reports/2011/Technology-and-social-networks/Summary.aspx

Fact #2: 26% of SNS members are now aged more than 50 (vs. 16% aged 18-22)

Definitely the ‘digital immigrants’ are catching up big time. But this was already clear from the 2009 Generations online Pew Report.

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The number of my online friends and Dunbar's not-so-hidden scientific agenda

First of all, you might want to read this remarkably insightful blog post featured in Paola Tubaro’s Blog – about a recent article on social network size, online friending and Dunbar’s number published in Cyberpsychology. Here’s the complete reference to the article:

ResearchBlogging.orgPollet, T., Roberts, S., & Dunbar, R. (2011). Use of Social Network Sites and Instant Messaging Does Not Lead to Increased Offline Social Network Size, or to Emotionally Closer Relationships with Offline Network Members Cyberpsychology, Behavior, and Social Networking, 14 (4), 253-258 DOI: 10.1089/cyber.2010.0161

As for the analysis, let me just quote from Paola (it’s not that I’m lazy, but I tend to agree with pretty much evertything she says, especially because she draws heavily on previous posts and conferences of mine dealing with the same subjects ;P)

https://paolatubaro.wordpress.com/2011/05/14/how-many-friends-do-you-have/

How many friends do you have? « Paola Tubaro’s Blog

What I would like to add here is just that the article might not be all that interesting, weren’t it authored by Robin “Dunbar’s number” Dunbar himself. (more…)