gaïté lyrique

Antidatamining, or the art of killing financial markets a little every day

All throughout the month of February 2012 the Net artist collective RYBN is in residence at the Gaîté Lyrique, one of the hotbeds of the emerging art & technology scene in Paris. If you are in the French capital, I highly recommend paying them a visit.

I became acquainted with RYBN last year, when I met some of its members at a conference at the French National Library where I was delivering the closing speech, while they had presented their most recent project, Antidatamining VIII. ADMVIII (for short) is a trading bot, i.e. an artificial intelligence making real investments on real stock exchanges, collecting data and impacting financial markets worldwide. The bot monitors and maps data flows to create real-time digital visualizations such as charts, soundscapes, and timelines. It has an online page (where you can see how well it is doing, its net liquidity, the value of its shares, etc.) and a Twitter account providing details about ongoing orders.

Source: Antidataminig – Offshoring map visualization

ADMVIII is not your run-of-the-mill social commentary about market greed and pervasive financial panic in modern life. The goal of the project is to detect economic imbalances and discrepancies introduced by robot trading. As the bot actually executes buy and sell orders online, it represents a détournement of automatic trading technologies. As such it is intended to highlight their social consequences – and their potential disasters.

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"Espèces de cyberespaces" – Slides de la présentation d'Antonio Casilli à la Gaîté Lyrique (15 mars 2011)

Mardi 15 mars 2011, le sociologue Antonio Casilli, auteur de Les liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ? (Seuil), a été l’invité de la Gaîté Lyrique de Paris pour une conférence dans le cadre du cycle “Technologies au quotidien” : le regard du chercheur et celui des artistes Ricardo Nascimento et Ebru Kurbak s’est porté sur le rôle des nouvelles interfaces entre le corps et son environnement quotidien. La journaliste Marie Lechner (Ecrans/Libération) a introduit la conférence en contextualisant la thématique de la soirée : les espaces visibles sont traversés par des flux invisibles d’information.

Les slides de la présentation d’Antonio Casilli sont désormais consultables en ligne.

Nous habitons aujourd’hui un espace double – matériel et cognitif. Désormais, pour presque deux milliards d’individus, nouer des amitiés, développer des relations professionnelles ou encore constituer un couple passe par Internet. Au fur et à mesure que les usages informatiques se démocratisent, la peur des risques de rupture du lien social associés à ces technologies cède progressivement le pas à une perspective qui met en évidence les potentialités « socialisantes » des technologies numériques. Il y a un Internet d’information, où l’on recherche les meilleurs prix pour les billets de train, où l’on vérifie les horaires des séances au cinéma. Mais il y aussi un Internet de communication. C’est l’espace où l’on échange des mails, on parle avec ses amis par clavier interposé, on partage de la musique et des photos avec des inconnus. Et cette communication est, justement, un fait social nouveau, une forme de coexistence assistée par les ordinateurs qui demande un regard nouveau de la part des artistes, des chercheurs et des décideurs politiques.

L’idée qu’Internet et ses technologies soeurs soient des outils froids, éloignés de l’expérience humaine est fausse. Internet est une technologie de la chaleur humaine. Les réseaux sociaux actuels traversent notre quotidien, les ordinateurs meublent nos maison, les smartphone collent à notre corps. Notre machinerie, pour reprendre les propos de Bruce Sterling, est presque arrivée “sous la peau”.
La miniaturisation des ordinateurs (initiée dans le deuxième après guerre) a engendré une reterritorialisation de ceux-ci, leur permettant petit à petit d’intégrer l’espace domestique. Le premier changement que cette miniaturisation a impliqué est donc celui de l’espace physique. L’agencement des pièces, des meubles, des chambres change avec l’arrivée de ce nouvel appareil électroménager qu’il faut installer, comme on a installé avant lui la radio ou la télévision. Mais il n’y a pas que l’espace domestique qui est bouleversé par l’arrivée de cet équipement : l’espace technologique de la maison l’est aussi avec l’arrivée d’un équipement dont le contenu technologique est par définition plus important que les autres, puisqu’il permet de tout faire (jouer de la musique, regarder des films, jouer, communiquer…). Enfin, ils ont également reconfiguré l’espace social. Pour les “enfants de l’ordinateur” des années 80, l’ordinateur a été l’occasion de s’autonomiser ou de resituer le rôle qu’ils avaient au sein de la famille. Il va de même pour la Génération Y d’aujourd’hui – les utilisateurs de Facebook et des autres médias sociaux.

Rien de plus éloigné du mythe du cyberespace, colporté par nombre de théoricien du Web, passés et présents : connecté en ligne, tout internaute serait-il aspiré dans une « réalité virtuelle » ? Suite à la banalisation des bornes wi-fi et des interfaces informatiques, les usagers d’aujourd’hui se branchent à Internet comme ils se brancheraient à une prise électrique. Il devient alors clair que continuer à penser au Web comme à un espace transcendant par rapport à notre réel est une erreur d’évaluation lourde de conséquences théoriques et politiques.

Technologies au quotidien : Antonio Casilli à la Gaîté Lyrique (15 mars 2011, 19h)

Le sociologue Antonio Casilli, auteur de Les liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ? (Seuil) rencontre les artistes Ebru Kurbak et Ricardo Nascimento à la Gaîté Lyrique (3 bis rue Papin
, Paris) le mardi 15 mars 2011, 19h.

Entre visible et invisible, appréhension de l’espace électromagnétique et stratégies artistiques. Avec l’essor des Technologies de l’Information et de la Communication, nous avons découvert des agents secrets liés aux hyperfréquences : les électro polluants. Pour éveiller les consciences sur ce sujet, chercheurs, designers et artistes réfléchissent et inventent toutes sortes de stratégies d’adaptation et de protection. Quels sont les rôles et la place de ces interfaces d’un nouveau type entre le corps, son environnement et l’espace invisible ?