travail

[Slides séminaire #ecnEHESS] “Le partage de la valeur à l’heure des plateformes” (J. Rochfeld, V. Benabou 2 mai 2016, 17h)

Pour la séance de mon séminaire EHESS Etudier le cultures du numérique du 2 mai 2016 j’ai eu le plaisir d’accueillir Judith Rochfeld (Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Valérie-Laure Benabou (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines), pour un débat autour de leur ouvrage A qui profite le clic ? Le partage de la valeur à l’ère du numérique (Ed. Odile Jacob, 2015).

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Titre : Le partage de la valeur à l’heure des plateformes

“Comment définir juridiquement les notions de plateforme et de contenus ? On essaiera d’interpréter la première au prisme des régulations concurrentielles et consuméristes, tandis que pour la seconde nous nous attacherons à mesurer la difficulté de saisir l’immatérialité du concept de contenu, mais aussi son rapport avec la notion de travail et de production (oeuvres/données/avis…). Dans un second temps, il s’agira de réfléchir à l’adéquation de la figure propriétaire pour appréhender la circulation des intangibles. Quelle résistance de la notion de propriété telle qu’envisagée dans le code civil, ou plus largement comme méta-concept juridique ? Enfin, fortes du constat de la nécessité de faire « bouger les lignes », on déclinera les propositions avancées dans l’ouvrage “À qui profite le clic ?” au prisme de l’expérience déjà tentée dans le domaine du droit d’auteur (réponse technique, réponse collective, mise à l’écart ou régulation du consentement…), de ses échecs et de ses réussites pour déterminer d’éventuels mécanismes généraux permettant d’appréhender la distribution immatérielle dans ses diverses dimensions et organiser un plus juste partage de la valeur entre les acteurs.”

 

 

 

[Podcast] Sur France Culture (29 janv. 2016)

Dans le Magazine de la Rédaction de France Culture du 29 janvier 2016, Nathalie Andrieux (CNNum) et moi-même étions les invités de Catherine Petillon et Tara Schlegel. Un débat serré sur les notions de travail, ubérisation, syndicalisme 2.0 et nouvelles trajectoires de l’emploi. Le tout précédé par un reportage qui s’attaque à la question ” qu’est-ce qu’aujourd’hui un collectif de travail dans le monde du travail bouleversé par le numérique ?” : nouveaux contrats, protection sociale, relations hiérarchiques…

 

» Ecouter ‘Comment travailler ensemble dans un monde numérique’ — France Culture (58 min)

 

 

INA Global : tous les articles du dossier spécial digital labor (janvier 2016)

Après le retentissement international de notre ouvrage Qu’est-ce que le digital labor ? (2015), son développement dans mon séminaire EHESS (2015/16) et son utilisation dans le dernier rapport du Conseil National du Numérique consacré au nouvelles tendances de l’emploi (2016), le débat autour de l’impact du numérique sur le travail bat son plein. La revue INA Global a dédié un dossier spécial à ce sujet et a invité des universitaires, des entrepreneurs et des praticiens à développer un dialogue autour du digital labor.
Voilà les liens vers les articles, en accès libre :

1) Le digital labor : une question de société (Antonio Casilli)

2) Le digital labor est-il vraiment du travail ? (Sébastien Broca)

3) Le digital labor profite aussi à l’internaute (Gilles Babinet)

4) Du digital labor à l’ubérisation du travail (Olivier Ertzscheid)

5) Digital labor : une exploitation sans aliénation (Dominique Cardon)

6) Digital labor ? Le travail collaboratif malgré tout (Patrick Peccatte)

7) Digital labor, travail du consommateur: quels usages sociaux du numérique ? (Marie-Anne Dujarier)

8) Le digital labor, un amateurisme heureux ou un travail qui s’ignore ? (Patrice Flichy)

Work in Progress : quand les syndicats rencontrent les innovateurs (21 janv. 2016)

Dans la foulée de la journée Sharers & Workers organisée par l’IRES (où j’avais assuré le rôle de keynote speaker), le NUMA, haut-lieu parisien de l’innovation et du coworking, a hébergé le 21 janvier 2016 “À néo-salariat, néo-syndicat ?”, première rencontre de la série de débats Work In Progress. Sur invitation du modérateur Arthur de Grave (Ouishare), j’ai participé à cette soirée stimulante, au cours de laquelle syndicalistes, entrepreneurs, freelancers et représentants du monde associatif se sont retrouvés pour discuter les évolutions récentes du monde du travail.

Voilà l’enregistrement vidéo du débat.

Et voilà le Storify.

[Séminaire #ecnEHESS] Yann Moulier-Boutang “Capitalisme cognitif et travail digital” (1 févr. 2016)

Pour la séance du lundi 1er février 2016 de mon séminaire EHESS Étudier les cultures du numérique : approches théoriques et empiriques nous avons eu le plaisir d’accueillir Yann Moulier-Boutang, professeur à l’Université de Technologie de Compiègne, co-fondateur de la revue Multitudes, et auteur entre autres des ouvrages L’abeille et l’économiste (Carnets Nord, 2010) et Capitalisme cognitif (Ed. Amsterdam, 2007).

Le séminaire a eu lieu à l’EHESS, salle 13, 105 bd. Raspail, 75006 Paris.

Retrouvez le livetweet du séminaire sur Twitter : hashtag #ecnEHESS.

Titre : Capitalisme cognitif et travail digital : un aller et retour.

Intervenant : Yann Moulier-Boutang.

Résumé : Qu’est-ce que l’approche théorique du capitalisme cognitif telle que Y. Moulier-Boutang la développe depuis 1999 peut apporter à l’analyse précise de toutes les formes de travail et d’activités subsumées dans la production de valeur actuelle ? Réciproquement qu’est-ce que l’analyse de terrain du travail digital (sur les moteurs de recherche, sur les plates-formes collaboratives des entreprises, dans l’économie sociale et solidaire numérisées, sur les réseaux sociaux, dans les Tiers lieux) peut-elle apporter à l’analyse de la composition sociale et technique du rapport capitaliste et donc des nouvelles classes sociales qui se désignent, des formes de cristallisation des résistances ou des subversion de l’ordre numériques ? Les humanités numériques ou digitales ne se bornent pas à des descriptions des fonctionnements nouveaux d’extraction de valeur; elles repèrent les contradictions nouvelles, les points de bifurcation qui acquièrent d’autant plus d’importance que la codification de l’activité aujourd’hui constitue l’un des enjeux majeurs des régimes de gouvernance qui cherchent à s’installer.


Compte- rendus des séances précédentes :

Prochaines séances :

  • 7 mars 2016Jérôme Denis (Télécom ParisTech) et Karën Fort (Université Paris-Sorbonne) “Petites mains et micro-travail”.
  • 4 avril 2016Camille Alloing (Université de Poitiers) et Julien Pierre (Université Stendhal Grenoble 3) “Questionner le digital labor par le prisme des émotions”.
  • 2 mai 2016Judith Rochfeld (Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Valérie-Laure Benabou (UVSQ) “Le partage de la valeur à l’heure des plateformes”.
  • 6 juin 2016Bruno Vétel (Télécom ParisTech) et Mathieu Cocq (ENS) “Les univers de travail dans les jeux vidéos”.

Dans Le Monde : récension de “Qu’est-ce que le digital labor?” (10 déc. 2015)

Dans le quotidien Le Monde du 10 décembre 2015, David Larousserie nous livre un compte-rendu amusé et amusant de notre ouvrage Qu’est-ce que le digital labor? (INA éditions, 2015).

Eclairages

Quand Internet n’est plus « sympa »

LIVRE DU JOUR
David Larousserie

Qui a dit que les joutes intellectuelles avaient disparu ? En tout cas, pas deux des plus réputés sociologues français spécialistes des usages numériques, comme ils le montrent dans ce vivifiant essai consacré à une question émergente : le digital labor . Autrement dit, ce « travail » gratuit que les utilisateurs de plates- formes de réseaux sociaux, de ventes en ligne, de moteur de recherche effectuent en recommandant, « aimant », lançant des requêtes, interagissant, et que les entreprises monétisent auprès de publicitaires ou d’autres acteurs. L’expression a émergé à partir de 2009 aux Etats-Unis dans le champ académique pour de- venir un domaine de recherche actif. Production de valeur, mesures de performances, cadre contractuel (par les illisibles « conditions générales d’utilisation »), rappel à l’ordre pour pro- duire (par les notifications, alertes ou invitations diverses). Tout cela est bien du travail, décrit Antonio Casilli, sociologue à Télécom ParisTech, dans la première partie du livre. Et, dès lors, avec d’autres, il s’interroge sur les dispositifs d’exploitation, voire d’aliénation à l’œuvre ici comme dans n’importe quelle activité laborieuse. Le ton devient alors plus critique sur ces dérives marchandes qui accaparent la vie privée ou les biens communs.
Dominique Cardon, sociologue aux Orange Labs, dans une deuxième partie, commence par esquiver en prenant un recul original. La notion de digital labor relève plus de la posture que de l’analyse profonde. Elle se place à l’extérieur des sujets d’étude, donc au-dessus des internautes, pour leur dévoiler une aliénation qu’ils ignorent. Il raille donc ce point de vue, tout en détaillant les raisons intellectuelles et sociologiques qui ont amené à ce déferlement de critiques. « Internet était sympa, il ne l’est plus » , comme il le résume ironiquement. Bien sûr, les réseaux d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux d’hier avec marchandisation, espionnage à grande échelle, domination de quelques géants. Mais, face à ce constat sombre, il préfère retenir la grande diversité des usages et la démocratisation de l’expression, qui sont toujours vivantes.
A distance, les mots doux s’envolent entre les deux spécialistes lors d’une troisième partie construite comme un dialogue : « aristocrate ! », « libéral ! », « paternaliste ! », « incohérent ! » . Cependant, les deux tombent d’accord sur un point. Dominique Cardon regrette la mainmise d’une vision « économiciste » dans les analyses (aliénation, exploitation, valeur, etc.). Antonio Casilli aussi en somme, en rejetant les solutions consistant à rétribuer les internautes échangeant sur les plates-formes, comme certains l’ont proposé. Il préférerait une « rémunération » qui « redonne aux communs ce qui a été pris aux communs », par exemple sous forme d’un revenu de base ou bien d’une taxation des entreprises liées aux données qu’elles exploitent. Au fil des échanges se dégage une vision particulièrement riche des mutations à l’œuvre à propos d’Internet et de ses utilisateurs.

Qu’est-ce que le digital labor ?
de Dominique Cardon et Antonio Casilli
INA Editions, 104 p., 6 euros

[Radio] Les nouveaux ouvriers : #digitallabor à la Grande Table (France Culture, 10 nov. 2015)

J’ai eu le plaisir, pour parler de notre ouvrage sur le digital Labor et “les nouveaux ouvriers”, de retrouver Caroline Broué et l’équipe de La Grande Table, le magazine culturel de radio France Culture où j’avais été chroniqueur régulier. Avec moi, un discutant d’exception : Michel Lallement, sociologue du travail au CNAM et auteur de L’Âge du faire. Hacking, Travail, Anarchie (Seuil, 2015).

>> Ecoutez le podcast.

Le Digital Labor ou les nouveaux ouvriers

Alors que Manuel Valls lance un chantier de réécriture du Code du Travail, qu’Emmanuel Macron présente les grandes lignes du projet Noé, sur les nouvelles opportunités économiques ouvertes par le numérique, on pourrait penser que le Digital Labor est un concept tendant à montrer qu’internet a changé notre façon de travailler. En fait, il en va tout autrement sous la plume d’Antonio Casilli qui décrit l’émergence de nouvelles formes “implicites” de travail : comment le travail s ‘est-il “glissé dans tous les interstices de notre activité”?

 

Tripadvisor, Uber, Facebook, Amazon… : il semble que toutes ces plateformes “participatives” brouillent les frontières entre le travail et les activités personnelles. Comment, dans ce contexte d’essor du numérique, définir ce qui est de l’ordre du travail? Il semble que le fait de produire de la valeur ne suffise plus, mais comment alors éviter une forme d’aliénation par l’assimilation du temps de travail et du temps de vie? Internet ne serait-il plus un outil d’émancipation? Quelle luttes sociales peut-on mener autour du numérique? Y a-t-il une classe de “prolétaires du clic”?

 

Antonio Casilli : “On voit émerger un travail qui ne dit pas son nom, qui n’est pas reconnu comme un travail.”

“Il y a une superposition entre le rôle de consommateur et le rôle de producteur.

Michel Lallement : “Ce qui est travail c’est ce qui contribue à produire de la valeur. Comment comprendre le chainage entre le fait de cliquer sur facebook, et l’énorme production de valeur qui en découle?”

 

La blogosphère à propos de “Qu’est-ce que le digital labor?” (sept.-oct. 2015)

Sur son blog chez Rue89, Antonin Benoit analyse les liens entre micro-travail sur Amazon Mechanical Turk et son ancêtre médiéval, le Verlaagssystem (11 sept. 2015) : Internet réinvente l’ouvrier du textile du Moyen Age | Déjà-vu | Rue89 Les blogs

Le blogueur italien Luca De Biase pose la question : “digital labor,  métaphore ou bien nouvel outil de réflexion ?” (22 sept. 2015) : Antonio Casilli e i lavoratori del web – Luca De Biase

Serge Coosemans, blogueurs pour le magazine belge Le Vif, pointe les risques du “digital tipping” (micro-rémunération du “travail numérique à la pièce”) (28 sept. 2015) : Cacahouètes pour tous: sur Internet aussi, tout travail mérite salaire – Multimédia – FocusVif.be