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Espaces numériques, travail et idéologie (conférence, La Gaîté Lyrique, 6 nov. 2018)

Le 6 novembre 2018 j’ai eu le plaisir d’intervenir lors de la conférence de lancement du cycle “Idéologies et technologies”, né d’un partenariat entre l’EHESS, la Gaîté Lyrique et Mediapart.

Cette première séance s’est interrogée sur la manière dont le Web, espace autrefois foisonnant et décentralisé, se reconfigure sous la concentration des services, des politiques d’utilisation et des visions développées par ces plateformes hégémoniques. À qui appartiennent les données personnelles qui les nourrissent ? Qui les utilisent et comment circulent-elles ? La soirée a proposé de cartographier les jeux d’influence et de contrôle en ligne. Elle a donné à voir comme un territoire où s’affrontent des idéologies antagonistes et des intérêts divergents. 

Avec moi, Louise Drulhe, designer graphique, dessinatrice et artiste et Arthur Messaud (animateur), analyste juridique et politique de l’Association la Quadrature du Net.


[Vidéo] Aux Utopiales (Nantes, 1-4 nov. 2018)

J’ai été invité à participer à l’édition 2018 des Utopiales, festival international de science-fiction de Nantes, où je suis intervenu lors de plusieurs tables rondes, rencontré des lecteur•rices et dialogué avec écrivains, cinéastes, éditeurs. Voilà trois courts extraits de trois échanges, respectivement sur l’identité numérique, le transhumanisme et genre & handicap.

 

 

Le programme du séminaire #ecnEHESS 2018/19 est arrivé !

Mon séminaire Étudier les cultures du numérique (mieux connu comme #ecnEHESS) est de retour pour la 11e année consécutive.

Structure : pour la rentrée 2018/19, le séminaire fait peau neuve : plus compact (9 séances sur 5 mois), plus long (24 heures de cours) et surtout… plus fondamental. Parce que justement à partir de cette année, l’enseignement devient une formation du tronc commun du master en sciences sociales de l’EHESS, et une unité fondamentale de la mention Histoire des Sciences, Technologies, Sociétés (HSTS), en collaboration avec le Centre Alexandre Koyré.

C’est pourquoi, le programme se compose cette année de deux types de sessions :

  • les séances thématiques retracent les grandes questions de la sociologie du numérique et sont réservées en priorité aux étudiant•es EHESS (mais peuvent accueillir des auditeur•rices libres dans la mesure des places disponibles) ;
  • les séances d’approfondissement, où des invité•es externes présentent leurs recherches en cours,  s’inscrivent dans la tradition du séminaire #ecnEHESS et sont ouvertes à tou•tes.

Logistique : le séminaire aura lieu deux jeudis par mois, du 10 janvier 2019 au 9 mai 2019. Les séances thématiques se dérouleront au Centre Alexandre Koyré (salle séminaire, 27 Rue Damesme, 75013 Paris). Les séances d’approfondissement se dérouleront à l’Institut des Systèmes Complexes (salle séminaire 1.1, 113 rue Nationale 75013 Paris).

Pour vous inscrire, merci de renseigner le formulaire de contact (option “seminar”).

Voilà le calendrier complet :

 
Jeudi 10 janvier 2019 (15h-18h)
Centre Alexandre Koyré, salle séminaire, 27 Rue Damesme, 75013 Paris

Séance thématique (priorité étudiant•es EHESS)
Sociabilité, identité, communauté sur internet
Enseignant : Antonio Casilli
Jeudi 24 janvier 2019 (16h-18h)
Institut des Systèmes Complexes, salle séminaire 1.1, 113 rue Nationale 75013 Paris

Séance d’approfondissement (ouverte aux auditeur•es libres)
Les communs numériques
Intervenant•es : Benjamin Coriat, Laura Aufrère (Univ. Paris 13), Lionel Maurel (CNRS).
Jeudi 7 février 2019 (15h-18h)
Centre Alexandre Koyré, salle séminaire, 27 Rue Damesme, 75013 Paris
Séance thématique (priorité étudiant•es EHESS)
Analyse des réseaux (structure, norme, et capital social en ligne)

Enseignant : Antonio Casilli
Jeudi 21 février 2019 (17h-19h)
Institut des Systèmes Complexes, salle séminaire 1.1, 113 rue Nationale 75013 Paris

Séance d’approfondissement (ouverte aux auditeur•es libres)
Ce que les big data font aux sciences sociales
Intervenant•es : Gilles Bastin (Sciences Po Grenoble) et Paola Tubaro (CNRS).
Jeudi 7 mars 2019 (15h-18h)
Centre Alexandre Koyré, salle séminaire, 27 Rue Damesme, 75013 Paris

Séance thématique (priorité étudiant•es EHESS)
Évolutions de la vie privée sur Internet
Enseignant : Antonio Casilli
Jeudi 21 mars 2019 (17h-19h)
Institut des Systèmes Complexes, salle séminaire 1.1, 113 rue Nationale 75013 Paris

Séance d’approfondissement (ouverte aux auditeur•es libres)
Action collective à l’heure du numérique
Intervenant•es : Jen Schradie (Sciences Po Paris).
Jeudi 4 avril 2019 (15h-18h)
Centre Alexandre Koyré, salle séminaire, 27 Rue Damesme, 75013 Paris

Séance thématique (priorité étudiant•es EHESS)
Travail et intelligences artificielles

Enseignant : Antonio Casilli
Jeudi 18 avril 2019 (17h-19h)
Institut des Systèmes Complexes, salle séminaire 1.1, 113 rue Nationale 75013 Paris

Séance d’approfondissement (ouverte aux auditeur•es libres)
Travail et plateformes numériques
Intervenant•es : Marie-Anne Dujarier (Univ. Paris Diderot) et Maud Simonet (Univ. Paris Nanterre).

Une séance finale de restitution des travaux des étudiant•es aura lieu le jeudi 9 mai 2019 de 15 h à 19 h au Centre Alexandre Koyré, salle séminaire. Lors de cette session, les étudiant•es présenteront une synthèse portant sur un sujet ayant trait aux usages sociaux des technologies numériques, choisi en accord avec l’enseignant. Le rendu prendra la forme d’une contributions à Wikipédia (création et modification d’articles) et d’une présentation orale.

[Video] Intervention à la conférence “Les transformations du travail” (Sénat, 24 sept. 2018)

Le 24 septembre 2018 j’étais l’invité de la FÉP (Fondation de l’Écologie Politique) dans le cadre de la conférence “Les transformations du travail”. Voilà la vidéo de mon intervention lors de la table ronde “Les défis sociaux des transformations du travail”, animée par Sandrine Foulon (journaliste à Alternatives Économiques et chroniqueuse pour l’émission On n’arrête pas l’éco sur France Inter), avec  Thomas Coutrot et Pascal Lokiec.

 

Ailleurs dans les médias (mars 2018-oct. 2018)

» (12 oct. 2018) Dominique Méda : « Le “digital labor”, ou le travail du doigt », Le Monde

» (12 oct. 2018) Le droit comme outil d’humanisation du travail des données, S. I. Lex

» (19 août 2018) Quand l’entreprise dit : déconnectez !, Le Dauphiné

» (17 août 2018) Le pari du Privacy paradox : être vu et rester caché, Le Journal du Net

» (11 juillet 2018) Casilli: Hay trabajo humano invisibilizado detrás de la inteligencia artificial, Periódico Digital PIEB (Bolivie)

» (02 juillet 2018) Le numérique, à l’origine d’une nouvelle fracture sociale, Le Monde

» (26 juin 2018) Facebook: Bientôt une fonctionnalité pour savoir combien de temps vous passez sur le réseau, 20 Minutes

» (25 juin 2018) Facebook prépare une fonctionnalité pour lutter contre l’addiction à Facebook, Le Figaro

» (08 juin 2018) Digital labour et travail domestique : quand l’exploitation capitaliste s’étend aux hommes blancs, La Quadrature du Net

» (05 juin 2018) Décoloniser l’enseignement, Nonfiction.fr

» (21 mai 2018) Assistants vocaux: nos conversations sont écoutées par des travailleurs bien réels, BFMTV

» (15 mai 2018) Prendre en charge les troubles du comportement alimentaire, Mondes Sociaux

» (01 mai 2018) Ανθρωποι που αρνούνται να εργαστούν, Iefemerida

» (26 avril 2018) Les réseaux sociaux ont-ils fini par ériger une justice 2.0 ?, Siècle Digital

» (23 avril 2018) Comment Facebook a transformé l’amitié en donnée mesurable, Usbek & Rica

» (12 avril 2018) Comment être méchant ?, Vice

» (09 avril 2018) Dans La Tête De Jeff Bezos, La Plus Grosse Fortune Mondiale, Forbes

» (04 avril 2018) Pour une téléologie du numérique, Internetactu.net

» (02 avril 2018) Une automatisation en trompe-l’œil, Interactons UTC

» (31 mars 2018) Le Troll, un ami qui vous veut du bien (ou presque). Partie 5 : Sociologie du troll, C’est données !

» (27 mars 2018) Alors comme ça, on veut quitter Facebook?, Makery

» (22 mars 2018) Haverá proteção contra o capitalismo de vigilância?, Outras Palavras

» (14 mars 2018) Les fake news auront-elles la peau de la liberté de la presse?, Mediapart

» (13 mars 2018) Spotify va faire bosser ses utilisateurs pour compléter ses métadonnées, Mashable

» (13 mars 2018) I’m a digital worker, killing an arab. Chronique de la guerre algorithmique, Affordance.info

» (12 mars 2018) Proposition de Loi sur les “Fake News” : Nécessité impérieuse ou fausse bonne nouvelle ?, Universdoc

» (5 mars 2018) Propriété personnelle des « data » : le dernier combat de la secte libérale- Pour un Commissariat à la souveraineté numérique, Viv(r)e La Recherche

Soutenance de mon HDR (Université Paris Dauphine, 5 oct. 2018)

J’ai le plaisir d’annoncer la soutenance de mon habilitation à diriger des recherches qui aura lieu à l’Université Paris Dauphine le vendredi 5 octobre 2018 à 14h.

Le jury sera composé de Dominique Méda (Paris Dauphine, coordinatrice), Dominique Boullier (EPFL), Michel Grossetti (CNRS), Ursula Huws (Univ. Of Hertfordshire), Patricia Vendramin (Université Catholique de Louvain), Michel Wieviorka (FMSH).

La soutenance portera sur la présentation des mes travaux des dernières années, qui envisagent les technologies de l’information et de la communication dans leur rapport à la sociabilité, à la vie privée et au travail.

Le manuscrit original présenté en vue de l’obtention de l’HDR est intitulé  “Une théorie générale du digital labor”.


“Une théorie générale du digital labor”

Manuscrit original de soutenance d’habilitation à diriger des recherches de :

Antonio A. Casilli

L’analyse des effets des technologies numériques sur le travail ne peut pas se ramener aux prétendus effets de substitution entre l’humain et la machine « intelligente ». Face à la crise structurelle des marchés et à l’abdication de la mission historique des entreprises, un nouveau paradigme économique et technique s’impose, et c’est à l’aune de la notion de plateforme que nous devons appréhender le travail et ses transformations.

Il n’y a de plateformes que d’hommes et de femmes, d’usagers qui consacrent concrètement du temps et des efforts au fonctionnement de ces structures techniques. Les plateformes, dispositifs de coordination « multi-faces », captent la valeur générée par leurs utilisateurs en imposant trois types de digital labor : le travail à la demande (Uber, Deliveroo…), le micro-travail (Amazon Mechanical Turk, Clickworker…), le travail social en réseau (Youtube, Facebook…). Chacun de ces trois types est associé à des techniques distinctes, à des tâches spécifiques, ainsi qu’à des niveaux variables de conflit autour de la reconnaissance du travail même.

À l’heure de l’automation et de la plateformisation, le travail est soumis à une pression pour le remplacement qui aboutit au résultat inattendu de pousser les travailleurs à réaliser des activités, mal ou non rémunérées, de production de données et de supervision d’apprentissage de machines. Vendues aux entreprises dans le cadre de solutions d’intelligence artificielle, ces fonctions sont présentées aux personnes qui les réalisent au quotidien non pas comme du travail, mais comme des usages sans rapport avec la création de valeur par les dispositifs techniques. Les machines ont besoin du digital labor aujourd’hui pour apprendre à s’en passer demain.

La disparition du travail n’est pas une conséquence inévitable de l’automation, alors que sa dégradation est un effet non seulement possible, mais déjà bien visible, de la plateformisation. Qu’elle se réalise ou bien qu’elle demeure au stade d’une tentative inaboutie n’est pas la conséquence surdéterminée du développement technologique, mais l’issue de l’aménagement des luttes sociales qui l’entourent.

“Las desigualdades del microtrabajo siguen las tensiones del colonialismo” (entrevista La Razon, Bolivia, 22 julio 2018)

Entrevista publicada en Animal Político, suplemento del diario boliviano La Razón.

Antonio Casilli: Trabajador digital, el ‘invisible’

Interactuar en internet también es ‘trabajar’, pues se consume produciendo; tal su provocación.

El sociólogo italiano Antonio Casilli

Iván Bustillos es periodista 08/08/2018 03:45 PM

La Paz•Hace algunos días, estuvo en Bolivia el sociólogo italiano Antonio Casilli, vino a presentar el libro Trabajo, conocimiento y vigilancia. 5 ensayos sobre tecnología, texto publicado por la Agencia de Gobierno Electrónico y Tecnologías de Información y Comunicación (Agetic). Uno de los más renombrados “sociólogos de internet” en Europa, Casilli propone interesantes tesis de lo que sería el “trabajador digital”, la vigilancia masiva por internet y su conflicto con la privacidad, y la construcción del conocimiento en las redes. Con un mundo diferenciado pero global, provoca mirar internet de otro modo.

— La creencia generalizada es que los robots nos están quitando el trabajo. Parece que usted tiene otra percepción del asunto.

— Diré que es al revés, que más bien son los seres humanos los que están tomando el trabajo de los robots. La idea de que los robots van a tomar el trabajo de los humanos es muy vieja, del siglo XIX, cuando pensábamos que las primeras máquinas a vapor iban a reemplazar el trabajo humano. Eso no ha pasado. Son las máquinas las que cambian, se renuevan; cada vez que hay una nueva ola de nuevas máquinas siempre vuelve la misma profecía de que éstas nos van a reemplazar. Ahora estamos con máquinas digitales, que para poder funcionar requieren de un trabajo y entradas en el sistema; esas entradas son el trabajo digital.

— Usted dice que el trabajo digital es invisible, disperso, precario, menos solidario…

— Que quede claro que el trabajo digital no es el de los expertos, de los ingenieros que crean el software. Se trata más bien de personas, que ya se puede llamar ‘proletariado digital’, que hacen tareas muy simples, estandarizadas, a las que se paga muy poco, hasta no se les paga. Estamos ante un trabajo que no se ve, porque está invisibilizado a propósito por los creadores de las plataformas. No es invisible por su esencia, es invisibilizado por los propietarios de dichas plataformas. Es trabajo que no está reconocido como tal, porque los trabajadores están considerados consumidores; además, hay trabajadores que hacen tareas tan pequeñas que no se consideran trabajo, sino microtrabajo. Estos falsos consumidores y los microtrabajadores realizan una labor muy importante, que es entrenar a las inteligencias artificiales.

— ¿Esto es propio de los países centrales, de alta tecnología, o se despliega también en otros del Tercer Mundo, digamos?

— Es un fenómeno global, que no es solo para los países de alto ingreso; sin embargo, el valor que es generado por este microtrabajo no está repartido de manera igual. Los países centrales, del norte, son los que han comprado este microtrabajo y sacan provecho de él. Si nos fijamos dónde viven los microtrabajadores, que reciben los ingresos (más) bajos, vienen de los países en vías de desarrollo o países pobres; entonces, son ellos los que realizan este microtrabajo. Vemos que las desigualdades que reflejan este microtrabajo, en general, siguen las mismas tensiones que ha producido el colonialismo.

— Este trabajador digital, señala usted en otra parte, llega a cien millones; y si hay algo que lo distingue es que es ‘consumidor-productor’. Parece que el solo hecho de usar internet ya no es tan inocente como antes.

— En efecto. Claro que cien millones se refiere a los microtrabajadores que reciben algunos centavos para estas microtareas. Pero, si empezamos a hablar de los consumidores-trabajadores, ahí hablamos de miles de millones de personas; en realidad, cada uno de nosotros. Aparte de que tengamos un trabajo propio, realizamos estas microtareas y generamos valor.

— Parece que también ha cambiado el concepto de empresa.

— Las plataformas no son como las empresas del siglo XX. La característica de las empresas era la centralización de algunas funciones y la fidelización de los trabajadores con un salario. Fuera de la empresa era el lugar del mercado; pero hoy las plataformas son como un híbrido entre empresa y mercado: como empresa, centralizan y acumulan las ganancias; pero como mercado, allí fluctúan los precios. Por ejemplo, la plataforma Amazon es, de un lado, una empresa que centraliza las ganancias y que estructura de una manera muy jerárquica el trabajo; pero, de otro lado, es una plaza de mercado, donde fluctúan los precios, que incorpora a estos consumidores-trabajadores, a los microtrabajadores.

— ¿Hay experiencias de defensa  de este microtrabajo; que los sindicatos se estén renovando?

— En algunos países los sindicatos están cambiando y se están interesando en los trabajadores digitales. Experiencias en Francia y Alemania. Sindicatos muy importantes han creado plataformas digitales para proteger a los trabajadores del sector digital. También se apoya a trabajadores de África o de Asia, que son los que más realizan el microtrabajo. Hay esfuerzos de hacer plataformas cooperativas, basadas en el principio de hacer evolucionar las plataformas para alejarse del concepto capitalista.

— ¿Y el Estado? ¿Qué papel está jugando en esta nueva realidad?

— Es difícil, porque los Estados que yo conozco son los europeos, y éstos buscan tener alianzas con las plataformas capitalistas y no defender a los trabajadores, porque consideran que la presencia de estas plataformas en su territorio va a ser una fuente de ingresos y riqueza, y también una fuente de datos masivos de vigilancia sobre los trabajadores. Pero, sí hay una forma de cambio que puede aparecer en la relación entre Estados y plataformas, que es a través de la fiscalización. Francia, y de manera general Europa, de último están pensando cómo utilizar la fiscalización para sacar impuestos sobre la cantidad de datos producidos en cada uno de los países, y cómo utilizar estos ingresos para financiar políticas redistributivas.

— Vigilancia masiva y datos privados. ¿La sola fecha de nacimiento es un dato que puede venderse, o responder sobre gustos, colores, lo que fuera?

— Cuando hablamos de los datos personales en las plataformas, como Facebook, en realidad estamos hablando de datos realmente muy colectivos. Si usted comparte en las plataformas qué música le gusta o qué opiniones políticas tiene, en realidad está dando también información sobre todo el entorno, su familia, sus amigos. Porque los grupos en estas plataformas se conforman en base a intereses comunes. Por eso digo que no hay nada más colectivo que un dato personal. Entonces, el que la plataforma se esté apropiando de los datos de una persona en realidad significa que se está adueñando de un grupo, de una cadena de personas, que de poco en poco llega a ser la humanidad entera. Porque la estructura misma de estas plataformas hace que cada uno de nosotros esté relacionado con cualquier otra persona a través de cinco o seis grados de separación, o hasta menos. ¿Qué significa grado de separación? significa que entre yo y Putin, el presidente de Rusia, por ejemplo, hay solamente cuatro personas, que yo conozco a alguien que conoce a alguien que conoce a alguien que conoce a Putin. Lo mismo entre yo y un microtrabajador en Filipinas. Entonces, cada dato que se me roba a mí es también un dato que se roba al resto de estas personas.

— ¿Se puede vender información, tendencias, estadísticas…?

— En general, estos datos no son vendidos como tales, sino que están monetizados. Significa que se provee un acceso a estos datos, una suscripción, a otras plataformas, empresas, Estados, medios de comunicación; esta monetización de los datos provee a estas grandes empresas un gran flujo de efectivo. Pero esto no es lo único: además de vender el acceso a estos datos, también se los conserva dentro de las plataformas para poder entrenar las inteligencias artificiales, entrenar los modelos de aprendizaje automático, hacer que los robots aprendan a comportarse de la misma forma que las plataformas.

— En la construcción de conocimiento en internet, la idea básica parece: todos contribuyen, pero siempre hay alguien que monitorea, Wikipedia, Google.

— Primero hay que entender que Wikipedia no es solo una enciclopedia, sino una galaxia de enciclopedias en varios idiomas. Hasta ahora la Wikipedia con más influencia es la versión en inglés. Pero el problema no es tanto el de Wikipedia, sino de Google, esto porque Wikipedia ha regalado toda su base de conocimiento a Google, a cambio de facilitar el acceso; así, si alguien busca a Antonio Casilli en Google, el primer resultado va ser Wikipedia; entonces, quien controla Wikipedia de alguna forma controla a Google. Por esta razón, cuando alguien quiere influir, introducir un sesgo político en los resultados de Google tiene mucho interés en ir a modificar los artículos de Wikipedia. Aunque Wikipedia es una experiencia colectiva, colaborativa, muy positiva, está rodeada de empresas y plataformas depredadoras, capitalistas, que buscan cómo torcer Wikipedia para sacarle provecho. El desafío más grande en este sentido es construir una plataforma de conocimiento común que logre ser independiente, que no pueda ser apropiada por las otras plataformas (de concepto capitalista).

Antonio Casilli. Presentó el libro Trabajo, conocimiento y vigilancia. 5 ensayos sobre Tecnología (Agetic, Embajada de Francia, 2018). Ensayos del autor en los últimos diez años sobre el impacto de las nuevas tecnologías de la información y la comunicación en el mundo laboral, la privacidad y el saber.

[Video] Trabajo, conocimiento y vigilancia (La Paz, Bolivia, 11 julio 2018)

Presentación de mi libro Trabajo, conocimiento y vigilancia: 5 ensayos sobre tecnología, una antología de mis artículos, originalmente publicados en francés e inglés entre 2010 y 2018. La publicación de este libro fue dirigida por AGETIC y la Embajada de Francia en Bolivia. (Conferencia realizada en la Vicepresidencia del Estado, La Paz, Bolivia, traducida al español del inglés).

Referencia completa:

Casilli, Antonio A. (2018). Trabajo, conocimiento y vigilancia: 5 ensayos sobre tecnología. La Paz, Bolivia: Editorial del Estado.

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Why Bolivia matters to the future of digital economies (plus three talks and one new book!)

It’s been a few months in the making, and now it’s happening: I’ll be in Bolivia to deliver a few talks, promote my new book in Spanish, meet a bunch of interesting people, and travel into the future of digital economies in the world’s largest salt flats (skip to the end of this post to know more about this specific point).

Bolivia is an effervescent nation that has embarked in an ambitious plan for digital transition, with, among many other things, the recently approved “law of digital citizenship” (ley de ciudadanía digital) and the creation of governmental bodies devoted to the implementation of data-related and digital technology-enhanced policies, such as the AGETIC (Agencia de Gobierno Electrónico y Tecnologías de Información y Comunicación) and the ADSIB (Agencia para el Desarrollo de la Sociedad de la Información). Also, there are lively cultural debates, grassroots projects, hackerspaces, tech hubs, independent ISPs, hackatons, game jams, etc. going on in the major cities of La Paz, Cochabamba, Santa Cruz, Potosì.

What I’ll be doing in Bolivia? I’ll discuss collective ownership of data and how to overcome digital labor by adopting suma irnakaña (which, in aymara language, means “knowing how to work”) with students, academics, activists, and policymakers. Here’s the schedule so far (click to enlarge):

 

 

Tue, July 10, 2018,
10AM
Universidad Mayor de San Andrés (UMSA)
Auditorio de la carrera de sociología
Piso 2, Edificio René Zavaleta
La Paz

 

 

Tue, July 10, 2018,
6:30PM
Centro cultural Simon I. Patiño
Potosi 1450
Cochabamba

 

 

Wed, July 11, 2018,
7PM
Hall de la Vicepresidencia del Estado
calle Mercado,
esquina Ayacucho
La Paz

These conferences will also allow me to say a few words about my new book, which is actually an anthology of articles and chapters that I’ve published in the last decade, plus an unpublished essay about artificial intelligence and micro-work. It is also my first book published in Spanish EVER, so I’m pretty excited. The title is Trabajo, conocimiento y vigilancia. 5 ensayos sobre tecnología (“Work, Knowledge, and Surveillance. Five essays on technology”) and it has been edited by Khantuta Muruchi, to whom goes my gratitude.

The chapters featured in this book are: A History of Virulence: The Body and Computer Culture in the 1980s (initially published in the journal Body & Society, 2010); The Wikipedian, the academic, and the vandal, (initially published in the book “Wikipédia, objet scientifique non identifié”, 2015); Four Theses on Digital Mass Surveillance and the Negotiation Of Privacy (initially presented at the 8th Annual Privacy Law Scholar Congress, Berkeley, USA, 2015); Is There a Global Digital Labor Culture? Marginalization of work, global inequalities, and coloniality (initially presented at the 2nd symposium of the PARGC, University of Pennsylvania, Philadelphia, USA, 2016);  Artificial Intelligence: will humans replace robots? (unpublished).

What else… I’ll be travelling to the Salar de Uyuni, the world’s largest salt desert and the host of one of the biggest plants for the processing of lithium. Seems pretty remote from my topics, doesn’t it? And yet it has to a lot to do with the continuities between material and immaterial economies. In an essay published in 2016 in the Monthly Review, Christian Fuchs argued that present-day international division of digital labor involves “human subjects using technologies of labor on objects of labor” produced by assembly workers building digital equipments using natural resources as inputs. Thus, “the very foundation of global digital labor” is the extraction and processing of minerals.

In particular, recent researches have highlighted the importance of Rare earth elements (REE) and critical metals in the energy transition. And this is where countries like Bolivia come into play. Such minerals are crucial parts of the digital transformation that is at the heart of my research activity. In particular, lithium impacts both automation and digital labor. Imagine a 100% electric vehicle world: lithium demand would multiply by thirty to propell the cars. When it comes to mobile phones batteries, lithium is of capital importance: users worldwide are expected to exceed five billion by next year, thus lithium’s demand is expected to increase +2898% according to a recent UBS estimate. To start looking into how REE mining influences information production, I decided to visit the plantas de industrialización de litio in the Salar de Uyuni (which, incidentally, looks pretty lunar this time of the year, with temperatures plummeting to -10 at night…).

So whish me good luck and buen viaje and stay tuned for more info from South America.