conférence

Les nouveaux défis de l’analyse des réseaux (The Conversation, 2 novembre 2017)

Le 5 et 6 décembre 2017, le colloque Recent Ethical Challenges in Social Network Analysis (RECSNA17) aura lieu à Paris : une rencontre internationale et interdisciplinaire que je coorganise avec une équipe de chercheurs français et anglais. Les inscriptions sont gratuites et ouvertes jusqu’au 30 novembre.

Pour lancer le débat et pour énoncer les thématiques qui seront traitées lors du colloque, le site web The Conversation a publié une tribune que j’ai coécrit avec Paola Tubaro.

Il faut repenser l’éthique de la recherche des réseaux sociaux

(…)

“Depuis longtemps, les universitaires s’interrogent sur ces difficultés éthiques : déjà en 2005 la revue Social Networks dédiait un numéro à ces questions. Les dilemmes des chercheur.e.s sont exacerbés aujourd’hui par la disponibilité accrue de données relationnelles collectées et exploitées par les géants du numérique comme Facebook ou Google. Des problèmes nouveaux surgissent dès lors que les frontières entre sphères « publique » et « privée » se brouillent. Dans quelle mesure a-t-on besoin d’un consentement pour accéder aux messages qu’une personne envoie à ses contacts, à ses « retweets », ou à ses « j’aime » sur les murs des amis ?

Les sources d’information sont souvent la propriété d’entreprises commerciales, et les algorithmes que celles-ci utilisent biaisent les observations. Par exemple, un contact créé par un usager de sa propre initiative, et un contact créé sous le conseil d’un système de recommandation automatisé peuvent-ils être interprétés de la même manière ? Bref, les données ne parlent pas par elles-mêmes, et il faut s’interroger sur les conditions de leur usage et sur les modalités de leur production, avant de penser à leur traitement. Ces dimensions sont profondément influencées par les choix économiques et techniques ainsi que par les architectures logicielles imposées par les plateformes.

Mais une réelle négociation entre les chercheur.e.s (surtout dans le secteur public) et les plateformes (parfois émanant de grandes entreprises multinationales) est-elle possible ? L’accès aux données propriétaires ne risque-t-il pas d’être freiné, ou inégalement distribué (de manière potentiellement pénalisante pour la recherche publique, surtout quand elle est mal alignée avec les objectifs et les priorités des investisseurs) ?

D’autres problèmes surgissent dans la mesure où un.e chercheur.e peut même avoir recours à du crowdsourcing payé pour produire des données, en utilisant des plateformes comme Amazon Mechanical Turk pour demander à des foules de répondre à un questionnaire, ou même de télécharger leurs listes de contacts en ligne. Mais ces services mettent en cause d’anciens acquis en termes de conditions de travail et appropriation de son produit. L’incertitude qui en résulte entrave des recherches pourtant susceptibles d’avoir des retombées positives sur la connaissance et la société au sens large.

Les possibilités de détournement des résultats de la recherche pour des finalités politiques ou économiques sont multipliées par la disponibilité d’outils de communication et publication en ligne, que les chercheur.e.s sont désormais nombreux à saisir. Si l’intérêt des milieux militaires et policiers pour l’analyse des réseaux sociaux est bien connu (Osama Ben Laden aurait été localisé et neutralisé suite à l’application de principes d’analyse des réseaux sociaux), ces appropriations sont plus fréquentes aujourd’hui, et moins facilement contrôlables par les chercheur.e.s. Un risque non négligeable est l’usage de ces principes pour réprimer des mouvements civiques et démocratiques.”

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Digital platform labor : transformations du travail et nouvelles inégalités planétaires

Intervention aux Ministères économiques et financiers, Bercy (13 septembre 2016).

 

Antonio A. CASILLI.

Plateformes et transformations de l’entreprise

Le bouleversement numérique entraîne beaucoup de confusion sémantique. On parle parfois de « disruption », d’« uberisation ». Les consultants évoquent la « transformation numérique », les entités politiques et les corps intermédiaires utilisent souvent le terme de « révolution numérique », alors qu’en Allemagne et dans le sud de l’Europe est évoquée l’« industrie 4.0 ».

On retiendra ici la notion de « plateformisation », tout en excluant l’idée d’automatisation ou de remplacement des êtres humains par les robots, car cette idée n’est pas vérifiée aujourd’hui, malgré la prophétie de l’étude d’Oxford de 2013, qui a été mentionnée plus haut. L’histoire de l’économie regorge de prophéties de ce type : l’économiste Thomas Mortimer[1] annonçait déjà l’« exclusion du travail du genre humain » avec l’apparition des premiers moteurs dans les scieries ; il en va de même pour les prophéties contenues dans les Principles of Political Economy (1821) de David Ricardo , qui ne se sont jamais réalisées.

Aujourd’hui la plateformisation entraîne non pas la disparition du travail, mais une modification du ratio travail/emploi. Pour définir une plateforme, il faut revenir à la relation entre marché et entreprises. Selon la vision classique de l’économiste Ronald Coase[2], le capitalisme moderne se caractérise par une séparation nette entre le marché – où l’on s’expose au risque, à la volatilité des prix et des transactions, etc. – et l’entreprise, qui internalise un ensemble de coûts et cherche à gérer ce risque, par exemple en mettant en place des hiérarchies précises. Or, avec les plateformes, le marché et l’entreprise, tendent à se confondre, comme c’est le cas pour Amazon, par exemple, qui est à la fois une entreprise et un marketplace.

En outre, ces plateformes prennent la forme de marchés bifaces : certains usagers paient ; d’autres bénéficient d’un prix nul, ou même d’un prix négatif puisqu’ils sont rétribués pour consommer. Ainsi, le modèle économique de Google se fonde sur le marché de la publicité : l’utilisateur vit dans l’illusion de la gratuité du service rendu, alors que les annonceurs paient pour acheter les données. En outre, les plateformes se caractérisent par leur capacité à coordonner des catégories disparates d’utilisateurs : consommateurs, producteurs, livreurs, opérateurs logistiques, systèmes de paiement. Plusieurs acteurs économiques doivent donc se coordonner au moment de la transaction. Les GAFA sont le plus souvent évoqués, mais leur hégémonie ne s’étend pas au monde entier : on trouve en Chine le géant chinois Alibaba[3], et les Russes préfèrent le réseau social Vkontakte[4] à Facebook.

Captation de la valeur issue des usages

Ces plateformes opèrent une captation de la valeur créée par les usagers, ce qui produit un changement du ratio entre la valeur produite et la valeur captée. Ainsi, les réseaux sociaux se fondent sur des contributions bénévoles – même si elles sont plus rares que cela est souvent imaginé : elles sont toutes valorisables sur ces plateformes qui produisent très peu de valeur en elles-mêmes.

Par ailleurs, les plateformes s’appuient sur une vaste économie des données personnelles. Le traitement automatique de bases de données massives collectées à partir des données des utilisateurs ne concerne plus seulement Apple, Alphabet, Microsoft, Facebook et Amazon, qui sont les cinq premières capitalisations boursières mondiales. Les entreprises du CAC 40 adoptent progressivement les mêmes réflexes. Ainsi, la SNCF ambitionne à monétiser les données de ses utilisateurs pour optimiser son réseau et pour faire évoluer son modèle d’affaires. Cet effort se manifeste par exemple par la création de TGVpop[5], un mix d’Uber, de Facebook et de la SNCF : certains trains ne circulent que s’ils affichent suffisamment de « likes ». Comme Laurent Gille l’évoque dans l’ouvrage Aux sources de la valeurDes biens et des liens[6], ce sont ainsi les relations qui deviennent sources de valeur, et non plus des biens.

Dans ce contexte, les plateformes opèrent encore un autre changement, plus important pour notre propos : celui du ratio entre emploi formel – rémunéré par un salaire établi par contrat de travail – et travail implicite. Ce dernier apparaît lorsque les utilisateurs transmettent leurs données personnelles ou laissent connaître des comportements monétisables. La plateformisation transforme les entreprises en mécanismes de coordination d’acteurs sociaux qui opèrent une marginalisation – ou crowding out, c’est-à-dire éviction – de la force de travail. Un nombre de plus en plus réduit de personnes travaillent au sein de entreprises-plateformes (salariés formels) tandis que l’essentiel de l’activité est réalisé à ses alentours via des mécanismes d’externalisation (sous-traitance, offshoring, essaimage, etc.), où travaillent les communautés d’usagers. Ces derniers se transforment ainsi en coproducteurs, notion déjà identifiée par les sociologues dans les années 1970 dans le travail produit autour des entreprises. Le travail des consommateurs, concerne non seulement Internet mais aussi toutes les grandes surfaces où chacun devient son propre caissier, son propre évaluateur, formateur, contre-maître, comme l’explique la sociologue Marie-Anne Dujarier[7]. Il s’agit à présent d’associer à ces aspects la reconnaissance du travail immatériel des personnes qui produisent des contenus cognitifs.

Le digital labor

En français, on ne traduit pas le terme digital labor, car le mot « travail » a plusieurs sens : il désigne à la fois la transformation de la réalité physique (ce que les allemands appelleraient Werk et les anglais work) et un ensemble de relations sociales : « travailler pour », « travailler avec », etc (que les allemands appelleraient Arbeit, et les anglais, justement, labor). Le digital labor désigne alors le travail de relations sociales effectué sur les plateformes numériques. Il ne s’agit pas d’une travail « numérique », mais bien d’un travail « digital », car il est effectué avec les doigts, c’est-à-dire il est un travail du clic. Le digital labor comprend ainsi de nombreuses activités. Sur certaines plateformes, il s’agit de travail à la demande : ainsi, Uber affirme se cantonner à une intermédiation algorithmique qui garantit que le passager A rencontrera le chauffeur B. Ce dernier passe alors son temps, plus qu’à conduire à réaliser ce « travail du doigt » pour planifier sur l’application mobile son activité durant la semaine, gérer sur internet sa réputation et l’évaluation par les passagers, personnaliser son profil, effectuer de tâches de construction de la présence numérique. Il en va de même des passagers qui doivent gérer leur réputation. La gestion de l’évaluation réciproque devient un véritable travail dont chacun ressent les effets.

La plateforme Amazon Mechanical Turk[8] s’appuie sur la métaphore d’un automate joueur d’échecs qui aurait jadis défié et battu tous les grands gouvernants européens ; or cet automate contenait en fait un être humain qui actionnait les pièces. Amazon Mechanical Turk fonctionne en fait de la même manière. Le système automatique se fonde sur l’action de centaines de milliers d’humains qui réalisent un certain nombre de tâches : ils taguent des images, organisent des playlists de musiques, etc. Il importe donc de relativiser la prétendue automatisation du travail : derrière le rôle joué par l’algorithme se trouvent en effet des humains qui cliquent, moyennant une micro-rémunération. Mais cette source de gain est soustraite à toute forme de protection et de réglementation classique. La récente loi Travail n’a pas réussi à encadrer ces activités alors que Foule Factory[9] apparaît en France comme l’équivalent d’Amazon Mechanical Turk. Ces plateformes représentent un véritable marché du travail. On y trouve aussi le poids lourd chinois Zhubajie[10], l’un des plus importants opérateurs du micro-travail au monde, qui compte une dizaine de millions d’utilisateurs. Ou alors UpWork, entreprise étasunienne qui est tournée vers les pays du Sud (Afrique subsaharienne et Asie du Sud) : ces derniers ne sont pas seulement concernés par des phénomènes de consommation numérique, mais aussi par la production numérique. Le service TxtEagle permet ainsi à des personnes vivant dans des zones rurales d’Afrique de réaliser des micro-tâches pour des micro-paies.

 

De nouvelles inégalités planétaires

De nouvelles inégalités Nord-Sud émergent à travers ces plateformes. Une étude récente de l’Oxford Internet Institute[11] montre l’existence de flux de travail importants entre le sud et le nord de la planète : les pays du Sud deviennent les producteurs de micro-tâches pour les pays du Nord. Aujourd’hui, les plus grands réalisateurs de micro-taches se trouvent aux Philippines, au Pakistan, en Inde, au Népal, à Hong-Kong, en Ukraine et en Russie, et les plus grands acheteurs de leurs clics se situent aux Etats-Unis, au Canada, en Australie et au Royaume-Uni. Les inégalités classiques Nord/Sud se reproduisent à une échelle considérable. D’autant qu’il ne s’agit pas d’un travail résiduel mais d’un véritable marché du travail : UpWork compte 10 millions d’utilisateurs, Freelancers.com, 18 millions, etc.

Or, ce digital labor reste invisible et échappe aux statistiques et à l’encadrement classique du travail salarié. Cela pose des problèmes, d’une part, de protection des travailleurs et, d’autre part, de dissimulation du micro-travail dans n’importe quel usage numérique. Crowdsource, lancé récemment par Google, permet d’aider l’entreprise à améliorer ses services en traduisant des textes, en tagguant des images, en retranscrivant des phrases. C’est une version mobile d’Amazon Mechanical Turk. Mais depuis longtemps, chaque fois que Google Translate est utilisé l’amélioration du moteur de traduction est proposée à l’utilisateur. Il en va de même des re-captcha[12] – ces encadrés où il est demandé à l’utilisateur de montrer qu’il n’est pas un robot en retranscrivant des lettres floues qui apparaissent à l’écran : chaque fois que l’utilisateur répond à un « re-captcha », il travaille pour Google Books, dont l’algorithme ne parvient parfois pas à reconnaître correctement les pages scannées des livres.

Le travail dissimulé du clic concerne tout le monde. Facebook, présenté comme un service gratuit, se révèle aussi être un énorme marché du clic. Aujourd’hui, l’algorithme de Facebook opère une restriction artificielle de la portée organique des posts partagés par les utilisateurs : vous avez 1000 « amis », par exemple, mais moins de 10% lit vos messages hilarants ou regarde vos photos de chatons. Officiellement, Facebook prétend qu’il s’agit ainsi de limiter les spams. Mais en fait, la plateforme invente un nouveau modèle économique visant à faire payer pour une visibilité plus vaste ce que l’usager partage aujourd’hui via le sponsoring. Ce modèle concerne moins les particuliers que les entreprises qui fondent leur stratégies marketing sur ce réseau social : ces dernières ont en effet intérêt à ce que des centaines de milliers de personnes lisent leurs messages, et elles paieront pour obtenir plus de clics. Or ce système repose sur des « fermes à clics », qui exploitent des travailleurs installés en Inde, au Pakistan, en Malaisie, etc[13]. Cet énorme marché dévoile l’illusion d’une participation volontaire de l’usager, qui est aujourd’hui écrasée par un système de production de clics fondé sur du travail caché—parce que, littéralement, à l’autre bout du monde. En filigrane, une autre question se pose. Si le clic de l’usager bénévole vaut autant que celui d’une personne payée pour le faire, certains se demandent comment rémunérer ce travail.

Facebook se fonde sur la gratuité du service offert aux usagers, la plateforme n’étant de son côté pas censée rémunérer ce que l’usager publie ou clique. Mais de plus en plus de services s’affranchissent de ce système et proposent de rémunérer la participation en ligne. Ainsi la plateforme américaine TSU[14] a développé un modèle d’affaires de rémunération de l’utilisateur : ce dernier crée un profil que TSU monétise en vendant les données à des régies publicitaires. L’entreprise captait donc 10 % sur chaque dollar perçu, l’usager 45 %, la personne qui a invité cet usager à créer un profil reçoit 30 %, et ainsi de suite. L’arrivée de chaque nouvel utilisateur donnerait lieu à une rémunération en cascade pour tous les membres du réseau. Même si personnellement je ne suis pas du tout d’accord avec ces idées de rémunération « à la tâche » ou « à la donnée », ces nouveaux modèles peuvent être perçu comme une manière d’organiser une redistribution de la valeur et de reconnaître le fait que chaque clic constitue un travail dont bénéficient ces plateformes. Alors, la question devient plutôt comment donner au collectif la valeur que les plateformes captent du collectif. Et ma position s’éloigne de celle des thuriféraires de la rémunération de chaque clic, qui créerait à mon avis une classe de prolétaires digitaux. Il faut plutôt envisager une fiscalité du numérique solide, accompagnée par une politique de redistribution qui passe par la mise en place d’un revenu universel de base. Le CNNum le pointe d’ailleurs dans un rapport remis en janvier 2016 à la ministre du Travail sur la nouvelle trajectoire « travail, emploi et numérique »[15] : il souligne l’importance du digital labor, c’est-à-dire du travail des utilisateurs et préconise la création de ce revenu de base digital.

[1] Thomas Mortimer, britannique   (1730–1810) en 1772, il écrit : « those machines are intended almost totally to exclude the labor of the human race.” …“if introduced into our dockyards etc…they would exclude the labor of thousands of useful workmen.”

[2] Ronald Coase, britannique (1910-2013), prix Nobel d’économie 1991

[3] Voir le site du groupe Alibaba : http://www.alibabagroup.com/en/global/home et https://french.alibaba.com/

[4] Voir : https://vk.com/ et arrticle du courrier de Russie avril 2016 : http://www.lecourrierderussie.com/societe/2016/04/vkontakte-saint-petersbourg/

[5] TGV pop mode d’emploi : http://www.voyages-sncf.com/tgv/tgv-pop

[6] AUX SOURCES DE LA VALEUR Des biens et des liens –L’Harmattan – Logiques sociales – juin 2006

[7] Dujarier, M.-A. (2008). Le Travail du consommateur? . De McDo à eBay: comment nous coproduisons ce que nous achetons, Paris: La Découverte.

[8] Cf. article de France Culture sur le Turc mécanique d’Amazon : http://www.franceculture.fr/emissions/ce-qui-nous-arrive-sur-la-toile/le-turc-mecanique-damazon# et le site d’Amazon : https://www.mturk.com/mturk/welcome

[9] Voir : https://www.foulefactory.com/

[10] Voir : http://www.witmart.com/about/overview.html

[11] Lehdonvirta, V., Barnard, H., Graham, M., and Hjorth, I. (2014) Online labour markets – levelling the playing field for international service markets? Paper presented at the IPP2014: Crowdsourcing for Politics and Policy conference, University of Oxford.

[12] CAPTCHA est l’acronyme pour « Completely Automated Public Turing Test To Tell Computers and Humans Apart ». Un Captcha est un programme de test visant à protéger un site web (souvent une page de formulaire ou d’inscription) des robots

[13] Voir article du Guardian (UK), sur les forçats des fermes à clics – août 2013  : https://www.theguardian.com/technology/2013/aug/02/click-farms-appearance-online-popularity

[14] Voir article de Zdnet – mars 2016 : http://www.zdnet.com/article/social-network-tsu-upgrades-platform-to-increase-payments-to-users/

[15] Le rapport – janvier 2016 : http://cnnumerique.fr/wp-content/uploads/2015/12/Rapport-travail-version-finale-janv2016.pdf

Keynote speaker au XXe Congrès de l’AISLF (4-8 juillet 2016, Montréal)

La vidéo de cette intervention est disponible gratuitement sur la chaîne télé Canal Savoir.

J’ai le plaisir d’annoncer ma participation, en tant que “grand conférencier”, au XXe colloque de l’Association Internationale des Sociologues de Langue Française (AISLF). Le colloque aura lieu du 4 au 8 juillet 2016 à l’Université de Montréal et à l’Université du Québec à Montréal. Le sujet de cette édition est : “Sociétés en mouvement, sociologie en changement”.

Mon intervention, qui a pour titre Réinterroger les sciences sociales à l’heure du numérique, aura lieu mardi 5 juillet à 11h dans le cadre de la session plénière “De nouveaux mondes à comprendre”.

Capture d’écran 2016-07-01 à 15.17.24

[Video] “Negotiating privacy: a digital labor?” (Manufacturing Transparency conference, UC Berkeley, Oct 28, 2015)

On October 28, 2015 I was invited to deliver a keynote presentation at the Manufacturing Transparency conference, organized by the Berkeley Center for New Media, University of California Berkeley. My presentation, Negotiating privacy and transparency: a digital labor?, was mainly based on my books Against the Hypothesis of the End of Privacy (Springer, 2014) and Qu’est-ce que le digital labor? (INA, 2015).

New York to San Francisco: my U.S. conference tour (October 20-29, 2015)

If you happen to be in one of these fine US cities, come meet me. I’ll be on a tour to promote a coupla books of mine. Talks are open (but you have to register), plus it’s always a pleasure to have a chat afterwards.

Tour dates

New York City, The New School
Digital Labor in a Material World
I’ll be presenting my latest book Qu’est-ce que le digital labor? (INA, 2015) at the New School, ft. Richard Maxwell (Queens College, CUNY),  Laura Y. Liu and Trebor Scholz (New School).
Oct. 20, 2015
4:30-6PM
The New School, Orozco Room, 66 West 12th Street, 
Room A712
, New York, NY 10011.

 

Pittsburgh, City of Asylum
Four theses on mass surveillance and privacy negotiation
A salon reading about my book Against the Hypothesis of the End of Privacy (Springer, 2014) at the-now mythical Pittsburgh City of Asylum, a sanctuary for exiled and endangered writers in residence.
Oct. 22, 2015
7-9PM
City of Asylum, 330 Sampsonia Way, Pittsburgh,PA 15212.

Boston, Boston Book Festival
Trolls (and what they do to the public sphere)
The French Cultural Center host a talks co-presented with the Boston Book Festival. I’ll be chatting with internet activist Willow Brugh about problematic speech online, its dark sides and how to turn it into a field of opportunities for social justice and civil rights. Somewhat based to my book Les Liaisons Numériques (Seuil, 2010).
Oct. 24, 2015
2-4PM
The French Cultural Center, 53 Marlborough Street, Boston, MA 02116.

 

Berkeley, University of California Berkeley, Berkeley Center for New Media
Negotiating privacy and transparency: a digital labor?
My keynote speech at the Manufacturing Transparency international conference. Based on my books Against the Hypothesis of the End of Privacy (Springer, 2014) and Qu’est-ce que le digital labor? (INA, 2015).
Oct. 28, 2015
9-10AM
Berkeley Center for New Media, 426 Sutardja Dai Hall, University of California Berkeley, CA 94720.

Santa Clara, Santa Clara University, Markkula Center for Applied Ethics
How can someone be a troll?
From Montesqieu to internet trolls… A public lecture at the very heart of the Silicon Valley, to define the ethical role of tech companies in overcoming present-day ambivalent attitudes towards trolling. Based on my books Les Liaisons Numériques (Seuil, 2010) and Qu’est-ce que le digital labor? (INA, 2015).
Oct. 29, 2015
7-8:30PM
Santa Clara University, Vari Hall, The Wiegand Center, 500 El Camino Real, Santa Clara, CA 95053.

NB: unfortunately, due to a time conflict the seminar about “pro-ana” and ED-sufferers online communities previously scheduled at the University of Southern California, Institute for Health Promotion Research, Los Angeles, has been cancelled.

Thanks to the Book Department of the NYC French Embassy and the San Francisco French consulate for building this thing up from scratch.

Nouvelles d’ANAMIA : conférences, vidéos et outils de visualisation de données

Je suis actuellement à Québec (plus précisément sur le campus de l’Université Laval) où j’ai été invité à présenter ANAMIA, notre projet ANR sur les communautés anorexiques et boulimiques du Web, dans le cadre du méga-congrès francophone canadien ACFAS. Que Georges Canguilhem ne m’en veuille pas trop, l’intitulé de ma présentation est Le normal et le parfait. Rapport au médical et émergence de normes corporelles au sein des communautés anorexiques du Web (lundi 6, 15h30, salle 3850 du Pavillon Alexandre-Vachon, colloque du CELAT, session “Corps et médias : énonciation, négociation, contestation et réaffirmation, présidée par Madeleine Pastinelli).

Par ailleurs, avec les autres membres du projet, nous venons de lancer en ligne la série de Conférences ANAMIA : des vidéos et des slides de présentations de membres de notre équipe de recherche et de spécialistes français apportant un éclairage sociologique, historique, psychologique sur les Web des troubles alimentaires et sur le phénomène pro-ana. La première vidéo est celle de La minceur, obsession ou danger, conférence de l’historien Georges Vigarello (directeur d’études à l’EHESS et auteur, entre autres, de La silhouette, 2012 ; Les métamorphoses du gras, 2010 ; Histoire de la beauté, 2004). Le montage a été réalisé par Argyro Paouri, de la cellule audiovisuelle du CEM IIAC CNRS/EHESS.

VigarelloANAMIA[Conférence ANAMIA] Georges Vigarello « La minceur n’est pas une obsession exclusivement moderne »

Pour terminer, un teaser de quelque chose sur laquelle nous avons travaillé ces derniers mois avec le très talentueux designer Quentin Bréant : un tools de visualisation des données collectées dans le cadre de nos enquêtes sur les utilisateurs de sites Web liés aux troubles alimentaires en France et au Royaume. Nous allons faire une présentation live sur le site Web du projet ANAMIA prochainement. Entre temps (et sans autre explication) voilà une petite galerie… question de vous donner un avant-goût.

Visualisations des données de l’enquête ANAMIA en France et au Royaume-Uni

"Surveillance participative et vie privée en réseau" : présentation d'Antonio Casilli au colloque Internet y el futuro de la democracia (Espagne, 20 déc. 2011)

La présentation du sociologue Antonio Casilli, auteur de Les liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ? (Ed. du Seuil), au colloque international “Internet y el futuro de la democracia” a porté sur la surveillance participative et sur ses effets sur la vie privée des usagers des médias sociaux.

Organisé par l’Institut pour la Gouvernance Démocratique Globernance, le colloque a eu lieu au Parlement Basque (Vitoria-Gasteiz) le 19 et 20 décembre 2011. Parmi les autres participants : Patrice Flichy, Milad Doueihi, Dominique Cardon, Peter Dahlgren, Daniel Innerarity, Ricardo Alonso Maturana, John Deigh, Paul Mathias, Javier Echeverria, Pedro de Miguel. Téléchargez le programme complet.

Antonio Casilli à la BNF pour la journée 'Détournements Web 2.0' (1er déc. 2011)

Le sociologue Antonio Casilli, auteur de Les liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ? (Ed. du Seuil), assurera la conférence finale de la journée d’études Détournements Web 2.0 : Google, Facebook et Cie. Parmi les autres intervenants le président le BNF Bruno Racine, les artistes Marie Saladin, Christophe Bruno, Marc Veyrat, Franck Soudan, Jean-Baptiste Bayle, Julien Levesque, et Marika Dermineur, le philosophe Samuel Tronçon, et la critique d’art Margherita Balzerani. La rencontre aura lieu au Petit auditorium de la BnF – Tolbiac, de 10h – 18h.

Art contemporain, mutations technologiques et réseaux sociaux : comment les artistes fabriquent-ils des détournements du Web 2.0 sur Google, Facebook et Cie ? La mondialisation des réseaux sociaux et des moteurs de recherche a donné naissance à un art subversif. Les artistes se sont emparés des outils proposés aux internautes afin de créer des œuvres à la fois imaginatives et critiques. Ils posent de véritables questions artistiques et politiques s’adressant à tous. Comment le web est-il utilisé par les artistes pour élaborer de nouvelles écritures esthétiques ? Quelles propositions artistiques engagées se créent sur le réseau aujourd’hui ? Proposition d’un panorama d’un art en réseau réalisé au moyen du « hack » sur les différents réseaux sociaux contemporains.

‘Digital natives’: it’s an old, old notion…

I few months ago, I was the resident “critical thinker” at the Lift10 conference in Geneva. In that capacity, I delivered the speech that you can now watch here (with slides), where I debunk the myth of the digital natives. In the last three decades this myth has taken many forms. Computer Kids of the 1980s turned into Internet Children of the 1990s, before being dubbed Digital Natives in the 2000s. Some of the members of this so-called new generation of computer users are already pushing forty…

Kids nowadays are *not* naturally better  than adults at using computers. Yet the media have spread the belief  that a technological and cultural evolution is taking place. This belief hides the inequalities of access to information in today’s society, and the differentials in socio-economic status between the richer younger generations and the socially excluded older ones. The divide between ‘digital immigrants’ and ‘natives’ reproduces the same inequalities that we can observe in our off-line world.

—a