covid19

[Podcast] Grand entretien dans “Le code a changé” avec Xavier de La Porte (28 sept. 2020)

COVID, confinement et grande conversion numérique, avec Antonio Casilli

Xavier de La Porte

Depuis le début de cette épidémie de COVID, je me dis qu’elle a un rapport avec le numérique. Un rapport profond. Mais je n’arrive pas vraiment à en cerner les contours. J’ai voulu essayer de comprendre si ce moment que nous avons vécu a changé quelque chose à nos vies numériques, à notre rapport à Internet.

Par exemple, la manière dont on a suivi la progression de l’épidémie était particulière – sans doute inédite dans l’Histoire des pandémies. On a vu en temps réel le virus se propager. De par la capacités des données hospitalières d’une bonne partie du monde à être récoltées, compilées et diffusées, de par les réseaux sociaux qui bruissaient sans cesse, de par la mise en commun du travail des chercheurs, le virus est devenu viral, pour faire un mauvais jeu de mot… Je ne sais pas comment, mais ça a sûrement joué et dans la manière dont on a vécu l’événement et dans les décisions politiques qui ont été prises….

Pendant le confinement, le numérique a continué d’occuper une place importante : télétravail, apéros Zoom, films sur Netflix, problème de bandes passantes, applications de traçage…. tout ça nous a beaucoup occupés.

J’ai voulu essayer de voir plus clair, de comprendre si ce moment que nous avons vécu – et qui n’est pas derrière nous – a changé quelque chose à nos vies numériques, à notre rapport à Internet. J’ai le sentiment que c’est le cas, mais peut-être que je me trompe.

Et pour m’éclairer, il fallait quelqu’un capable de parler aussi bien des livreurs Deliveroo que de sexe en ligne… aussi bien de Zoom que de StopCovid… et j’ai quelqu’un pour ça. Antonio Casilli, sociologue, qui enseigne à Télécom Paris et qui a travaillé sur des sujets variés – la vie de bureau, la sociabilité numérique, les trolls, les travailleurs de plateformes… On s’est retrouvés un soir, dans un jardin. Il faisait nuit. On se distinguait à peine dans le noir. Ce qui explique le ton un peu confident d’Antonio. Et on a discuté…

L’invité

Antonio Casilli est sociologue, il enseigne à Télécom Paris. Il a récemment publié En attendant les robots – Enquête sur le travail du clic, aux éditions du Seuil.  

[Vidéo] Biopolitique et coronavirus (La Manufacture d’Idées, 23 août 2020)

Dans le cadre de la manifestation La Manufacture d’Idées dont l’édition 2020 a eu lieu à Hurigny du 21 au 23 août, j’ai eu le plaisir d’échanger avec Pauline Londeix (co-fondatrice de l’Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament) et Mathieu Potte-Bonneville (directeur du Département du développement culturel du Centre Pompidou) au sujet de société, technologies, Covid-19 et biopolitique.

L’invocation de la valeur absolue de la vie aura ces derniers mois justifié non pas une politique, mais une nuée d’options, de décisions et de contestations à l’échelle nationale ou internationale ; elle aura plaidé pour la mise entre parenthèses des libertés publiques, mais aussi bien relancé l’exigence de justice en faisant apparaître l’inégalité des conditions de vie. Entre dépolitisation et repolitisation, renforcement du contrôle gouvernemental et appel à un droit de regard citoyen sur les décisions sanitaires, comment entendre le lien de la politique avec la vie ? Le sociologue Antonio Casilli, l’activiste Pauline Londeix et le philosophe Mathieu Potte-Bonneville en ont débattu lors de La Manufacture d’idées 2020.

[Podcast] Grand entretien “Comment le confinement a montré les limites du tout-numérique” (RFI, 13 juin 2020)

Dans cet entretien avec Antonio Casilli, il est question des chaînes logistiques durant le confinement (des entrepôts aux « travailleurs du dernier kilomètre »), de la façon dont le télétravail a été organisé et vécu (surcharge cognitive), des microtravailleurs du web et de leur rôle sur les intelligences artificielles. Enfin, on s’interroge : faut-il démanteler les géants du numérique ? Pour notre invité, il faut « mettre les plateformes face à leurs propres fragilités », pour le bien public.

Antonio Casilli est l’auteur d’« En attendant les robots – Enquête sur le travail du clic » (Seuil, 2019).

[Video] Intervento ne “Il Mondo che Verrà” (Feltrinelli, 25 maggio 2020)

 ‘Il mondo che verrà’ è una serie di interventi video sui canali social del Gruppo Feltrinelli: quattro appuntamenti a settimana, dal 27 aprile 2020 con i contributi degli autori della casa editrice. 

Come sarà il mondo dopo la pandemia? Cosa dobbiamo portarci nella nostra vita di domani? Giangiacomo Feltrinelli editore prova a rispondere a questo e ad altri interrogativi con ‘Il mondo che verrà’. Un palinsesto di contributi video di scienziati, storici, giornalisti e narratori che proporranno idee e strumenti per ripartire con consapevolezza verso un futuro da inventare. Perché cercare risposte attraverso la conoscenza, la competenza e l’autorevolezza è la migliore risorsa a cui possiamo attingere. Come cambierà il nostro rapporto con la scienza? Come vivremo da cittadini le nuove sfide della politica e del lavoro? Quale sarà il nuovo ruolo della tecnologia nella nostra vita? E cosa sta succedendo alla scuola e al nostro modo di concepire l’insegnamento?

Sur Radio Parleur (15 mai 2020)

Travailleurs, travailleuses du clic, défendez-vous ! – Ceci n’est pas une parenthèse #4

DE VIOLETTE VOLDOIRE15 MAI 20201204  0

L’événement est historique. Avec la pandémie, le système économique et nos modes de vie se figent. Déjà, certain·es poussent vers une reprise “comme avant”. Contre cette vision, des voix s’élèvent. Avec « Ceci n’est pas une parenthèse », Radio Parleur vous propose une série de podcasts pour entendre celles et ceux qui pensent aujourd’hui à un lendemain différent.

Dans ce quatrième épisode de Ceci n’est pas une parenthèse, Radio Parleur vous propose une discussion avec Antonio Casilliautour des formes de mobilisations des travailleur⋅euses du clic. Antonio Casilli est sociologue à l’École nationale supérieure des télécommunications, et l’un des seuls spécialistes francophones du digital labour, en français le travail du clic.

Des travailleur⋅euses du clic qui deviennent visibles grâce à la crise

Pendant le confinement, on ne voyait plus qu’eux dans l’espace public, sans nécessairement savoir qu’ils en sont. Les livreurs à vélo, traçant la route à travers les villes désertées, sont des travailleurs des plateformes numériques. Quand ces plateformes de livraison de repas multipliaient les offres commerciales, incitant parfois les gens à acheter en ligne des barres chocolatées ou des paquets de bonbons, les livreurs étaient bien obligés de toucher poignées de portes et boutons d’ascenseur. Une certaine vision de la répartition du risque.

Sur le même thème : Invisibles – épisode 1: les livreurs

Travail du clic : au-delà des livraisons, tous les emplois des plateformes

Derrière les commandes passées en ligne, il y a des dispatchers, rivés à leurs écrans pour gérer les imprévus et répartir les commandes. « Ils ont eu un rôle encore plus important pendant la crise du coronavirus », explique Antonio Casilli. Derrière la promesse de la livraison de repas « sans contact », il a fallu gérer tout un tas de nouvelles galères, des notifications qui n’arrivent pas jusqu’aux client⋅es qui oublient de ramasser leurs commandes.

Pour assurer ce back-office, il peut aussi y avoir des personnes qui travaillent à la tâche. Dans l’enquête menée l’année dernière par le sociologue et son équipe, le champ du travail du clic apparaît beaucoup plus étendu que la livraison de burgers. « Nous avons observé qu’il y avait de l’externalisation de services de comptables, ou de ressources humaines. Des personnes assurent de l’anonymisation de CV pour des grandes boîtes, en étant payées quelques centimes. » Seules face à leur ordinateur, ces personnes travaillent régulièrement à la tâche. Leur lieu de travail est souvent leur domicile, leurs collègues souvent impossibles à joindre et même à connaître. Difficile de s’organiser collectivement dans ces conditions.

Le 1er mai, la révolte des travailleur⋅euses du clic américain

Ce 1er mai, fête – confinée cette année – des travailleur⋅euses, a été un jour particulier pour les employé·es d’Amazon, qui ont fait grève pour dénoncer leurs conditions de travail. Une grève visible sur les réseaux sociaux grâce au hashtag #ProtectAmazonWorkers, mais aussi grâce à la démission de Tim Bray, vice-président de la branche Amazon Cloud Computing, en soutient au mouvement des grévistes.

Les livreurs et autres travailleuses et travailleurs du clic pourraient-ils se mobiliser avec une visibilité au moins égale ? Les grèves de livreurs suscitent en tout cas de plus en plus d’intérêt, et sont de mieux en mieux structurées par des collectifs et des syndicats.

« Il y a trois voies pour sortir de la situation actuelle, caractérisée par des plateformes prédactrices, » explique Antonio Casilli. « Il y a la voie syndicale, les alternatives coopérativistes, et une troisième plutôt axée sur la stratégie des revenus inconditionnels. » Autrement dit, un revenu universel pour les travailleur⋅euses du clic.

[Podcast] Économie des plateformes et Covid-19 (France Culture, 15 mai 2020)

Avec l’économiste Philippe Askenazy, j’ai participé à l’émission Entendez-vous l’éco (France Culture) dans le cadre d’une semaine consacrée à la logistique.

Entendez-vous l’éco ? par Tiphaine de Rocquigny

SÉRIE La logistique c’est fantastique !

Épisode 4 :

Le triomphe des plate-formes

La crise du Covid-19 rend crucial le fonctionnement des centres de distribution, entrepôts, plates-formes, hubs : tous les ronds-points de l’économie réelle et digitale. Chacun d’entre nous, depuis chez lui, réserve et commande plats cuisinés, vêtements, meubles ou électroménager. Surtout, le travail à distance nous a imposé de nouveaux outils collaboratifs qui accélérèrent le basculement la logistique dans les bastions du numérique. Alors, la crise du coronavirus signe-t-elle le triomphe des plates-formes de commerce en ligne et de livraison telles qu’Amazon, CDiscount et Deliveroo ?

‘Plateforme’ est un terme très ancien qui, au début, désignait une structure matérielle ou architecturale. Avec l’arrivée du numérique, il s’est mis à désigner quelque chose de beaucoup plus complexe et immatériel. – Antonio Casilli

Pendant le confinement, les livreurs ont pu montrer qu’ils jouent un rôle essentiel, malgré les efforts des plateformes logistiques pour nous faire croire qu’elles font du commerce uniquement en ligne, sans dimension matérielle. – Antonio Casilli

On constate un grand différentiel des effets du télé-travail selon les personnes, notamment entre les hommes et les femmes. Nombre de femmes ont été contraintes d’assumer leur rôle de parent et de continuer à travailler. Philippe Askenazy

Le problème est que le télé-travail, pendant le confinement, a cherché à répéter la logique présentielle du travail, avec une hausse des réunions et apéritifs virtuels, par exemple, ce qui a provoqué une lourde fatigue cognitive. – Antonio Casilli

Dans Le temps du débat (France Culture, 1 mai 2020)

LE TEMPS DU DÉBAT par Emmanuel Laurentin

Bascule-t-on vers un autre monde du travail ?

Taux de chômage en forte hausse, nouvelle échelle de valeurs et d’utilité sociale, visibilisation des précaires, télétravail : la crise sanitaire a bousculé notre quotidien de travailleurs et travailleuses, jusqu’à ce 1er Mai bien empêché. 

Depuis le début du confinement, l’équipe du Temps du débat a rassemblé sur le site de France Culture, plus d’une vingtaine de textes d’écrivains, d’artistes ou d’intellectuels du monde entier qui nous ont donné leur regard sur la crise en cours. Nous `

En ce Premier mai, nous nous demandons si la crise du Covid-19 va nous faire basculer dans un autre monde du travail.

Cette semaine, nous avons en effet tous appris que le nombre de chômeurs  avait augmenté de 7,1% en mars sous le coup de la crise et de l’arrêt massif de nombreux secteurs d’activité. Parallèlement, un discours volontariste, voire optimiste, s’est développé ces dernières semaines, prônant le changement des modes de  travail à la suite de l’expérimentation forcée du télétravail pendant le confinement.

Or, celui-ci n’a touché au maximum qu’un quart des françaises et français. N’est-ce donc là qu’une projection sans fondement ? Cette crise va-t-elle donner lieu, au contraire, à des bouleversements dans le monde du travail ? Ou ne va-t-elle qu’accélérer des transformations déjà en cours ?  

[Video] Massey Dialogues (University of Toronto, 29 Apr. 2020)

The Massey Dialogues – Prof. Antonio Casilli on COVID19 & Digital Labour: The Fate Of Last-Mile Workers

Wednesday, April 29 at 12:00 pm – 1:00 pm EDT 

Principal Nathalie Des Rosiers will take us to France’s struggles with the pandemic, in her interview with Antonio A. Casilli, a professor of sociology at Telecom Paris (Paris Grande École of Telecommunications), which will focus on civil liberties, privacy issues, digital workers in France during COVID-19 and particularly privacy invasion. They will be joined in conversation by Junior Fellow and former Don of Hall Julian Posada, who is pursuing his Ph.D. at the Faculty of Information at the University of Toronto and Brenda McPhail, Director of Privacy, Technology & Surveillance Project at Canadian Civil Liberties Association.

The Dialogues are open to the public – we invite everyone to join and take part in what will be a very informative online discussion. Participants are invited to submit questions to the speakers in real time via the youtube channel’s chat function as well as through Twitter with the hashtag #MasseyDialogues.

Click here Wednesday at 12:00pm EST to join this livestream event.

Antonio A. Casilli is a professor of sociology at Telecom Paris (Paris Grande École of Telecommunications, part of the Polytechnic Institute of Paris) and a researcher at the Interdisciplinary Institute on Innovation (i3), an institute of the French CNRS.

He is also an associate researcher at the LACI-IIAC (Critical Interdisciplinary Anthropology Center, formerly Edgar Morin Centre, of the School for Advanced Studies in Social Sciences – EHESS, Paris) and a faculty fellow et the Nexa Center for Internet and Society (an institute of the Polytechnic University of Turin).

Julian Posada is a Ph.D. candidate at the Faculty of Information. He also served as the 56th Don of Hall of Massey College during the 2019-2020 academic year. His research combines sociology, political economy, and software studies to explore ethical organizational models of labour platforms and the implementation of artificial intelligence into online work. He worked for the French National Centre for Scientific Research and holds a BA in the humanities from the University of Paris-Sorbonne and an MSc in economic sociology from the School for Advanced Studies in the Social Sciences, where he was an elected student representative and member of the fencing team.

Brenda McPhail is the Director of the Canadian Civil Liberties Association’s Privacy, Surveillance, and Technology Project. She guides CCLA’s interventions in key court cases that raise privacy issues, such as the recent Supreme Court of Canada cases R. v. Marakah and R v. Jones, which confirmed privacy rights in electronic communications. Her research agenda focuses on the social implications of technology, and recent work has focused on surveillance of dissent, government information sharing, digital surveillance, video surveillance, and rights issues raised by artificial intelligence. CCLA also has an education mandate, and Brenda works to develop resources and presentations to drive public awareness about the importance of privacy as both an individual and a social good. She received her Ph.D. from the University of Toronto, Faculty of Information.

Intervista ne Il Manifesto (29 avr. 2020)

Antonio Casilli: i nuovi conflitti del lavoro digitale nella società virale | il manifesto

Roberto Ciccarelli


Verso il primo Maggio 2020. Intervista al sociologo Antonio Casilli: «Economie delle app, grande distribuzione, e-commerce. Organizziamoci senza essere subalterni alla retorica dell’innovazione. A Madrid i rider hanno scioperato in quarantena. Azioni sindacali sono previste anche il primo maggio negli Stati Uniti»

Antonio Casilli (Università Paris Télécom)
Antonio Casilli (Università Paris Télécom)

Edizione del 29.04.2020

Pubblicato 28.4.2020, 23:07

Aggiornato 30.4.2020, 8:31

La crisi pandemica ha fatto emergere un mercato del lavoro a tre teste – afferma Antonio Casilli, docente di sociologia presso l’università Télécom Paris – Ci sono persone che possono tele-lavorare da casa durante la quarantena. Lo “smart working” è molto celebrato, ma la possibilità di ricorrere a questo uso delle piattaforme digitali non supera in media il 30 per cento della forza lavoro dipendente. Nel lungo post-quarantena lo “smart working” potrebbe essere imposto e non scelto. In alcuni casi potrebbe essere il preludio al licenziamento, al part time involontario o al taglio del costo del lavoro».

Quali sono le altre teste?
La seconda è costituita da lavoratori precari o dipendenti già attivi che non possono tele-lavorare. Il personale medico, quello della grande distribuzione, i trasporti pubblici e i lavoratori di prossimità. Tra questi ci sono i lavoratori delle consegne dell’ultimo chilometro: i rider in moto o in bici, i driver con i camioncini che Amazon considera “liberi professionisti” o conto-terzisti e sono invece alle sue dipendenze. Consegnano le merci a chi è in quarantena e sono diventati più visibili quando le folle sono scomparse dalle città. La terza testa è quella dei lavoratori dell’automazione che moderano i commenti sui social network o allenano gli algoritmi a diventare “intelligenti”. Oggi il traffico di dati è enormemente aumentato a causa della reclusione di miliardi di persone. Questi “operai” digitali, a volte dei cottimisti pagati a clic, operano in tutto il mondo e, pur essendo molto numerosi, sono a volte impossibilitati a radunarsi nelle fabbriche del clic dove operano in Spagna, in Irlanda, paesi anche loro in quarantena. E, se operano da casa, o da smartphone, sono pochi per gestire lo spam e le fake news che si sviluppano nelle relazioni digitali.

Che ruolo occupa il lavoro di cura in questa divisione del lavoro in quarantena?
La gestione delle relazioni familiari e delle mansioni è distribuita in maniera diseguale e il peso è ancora più forte sulle donne. Ha ragione chi rivendica il riconoscimento di un reddito per permettere l’autodeterminazione delle donne in un contesto drammatico dove aumentano le violenze domestiche e gli omicidi. In molti casi le donne lavorano nei settori di prossimità, nella grande distribuzione o nel settore sanitario. I sindacati stanno chiedendo aumenti, tutele e la regolarizzazione di lavoratrici che sono costrette ad operare nell’economia informale. La soluzione può essere dunque duplice: da una parte ci vuole un reddito che permette l’autodeterminazione, dall’altra i diritti del lavoro.

È emersa la divisione tra chi non ha sussidi ed è in povertà e chi può comunque accedere a una precarietà piattaformizzata per cercare di guadagnare. Qual è il ruolo delle piattaforme digitali in questa nuova stratificazione sociale?
Nominalmente, aiutare i lavoratori. In realtà, rafforzare il loro sfruttamento. In un contesto dove a un enorme numero di persone, anche lavoratori autonomi, sono stati estesi in maniera eccezionale i classici sussidi sociali, esiste una moltitudine di persone che non hanno accesso al welfare. Il lavoro digitale è un’opportunità per sbarcare il lunario e una giustificazione legale per uscire di casa. Assistiamo anche a una trasformazione delle piattaforme. Uber, specializzata nel trasporto privato non di linea, sta cercando di reinventarsi come trasportatore di merci dell’ultimo chilometro.

Quali sono i rischi che corre chi lavora per queste piattaforme?
Prendiamo il caso del «Contactless delivery», la consegna senza contatto. I fattorini non consegnano direttamente, ma lasciano la merce fuori dalla porta o nel portone. Ma la sicurezza è solo per il consumatore. Questi lavoratori devono relazionarsi con i ristoratori o gli hub di consegna, viaggiare in città, correre ogni tipo di rischio. Dare il monopolio a queste piattaforme significa riconoscere il monopolio di usare un linguaggio che stravolge la realtà.

Perché i gig workers protestano in molti paesi?
Le piattaforme cercano di abbassare il prezzo del lavoro, quando la domanda aumenta. In Spagna accade con Glovo che ha dimezzato la tariffa base e sta provocando ondate di scioperi. A Madrid c’è stato il primo sciopero di strada in una città in quarantena. Azioni sindacali che prima erano scioperi selvaggi si stanno organizzando per il primo maggio anche negli Stati Uniti. Si aprono nuovi fronti di conflitto attorno le piattaforme e contro la loro visione angelicata dell’innovazione. È uno scenario comune all’economia delle app, alla grande distribuzione e all’e-commerce su Instacart, Amazon o Whole Foods.

In che modo è possibile riconoscere i diritti dei lavoratori digitali dell’ultimo chilometro?
Questo era un problema scottante prima dell’epidemia, ora è ancora più urgente. Esistono due orientamenti: fare rientrare il lavoro della consegna dell’ultimo chilometro in quello subordinato, garantendo le tutele. È la posizione prevalente tra i sindacati e in alcuni attori della società civile. Non tutti sono però d’accordo. Tra i lavoratori alcuni chiedono addirittura la chiusura o la collettivizzazione delle piattaforme e l’estensione dei diritti oltre il lavoro salariato. In entrambi i casi non si hanno conseguenze negative. In un contesto come quello attuale, con una recessione mai vista, essere riconosciuti salariati di aziende che possono scomparire da un momento all’altro, potrebbe non essere l’unica soluzione.

Didattica a distanza, piattaforme, social media, logistica. Il capitalismo digitale sarà uno dei vincitori della crisi?
È una conclusione probabile. È in atto una cattura sociale e un’appropriazione del valore. Una serie di servizi offerti in modalità alternative sono stati sussunti da WhatsApp, Instagram, Zoom e compagnia. È urgente capire come organizzare diversamente una società evitando la subalternità alle retoriche sull’automazione che occultano l’attività di persone senza diritti ma svolgono un lavoro fondamentale.