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[Slides] Séminaire EHESS de Paola Tubaro “Pro-ana : réseaux sociaux et troubles alimentaires” (28 mai 2013)

Pour la septième séance de mon séminaire Étudier les cultures du numérique : approches théoriques et empiriques, nous avons eu le plaisir d’accueillir Paola Tubaro, maître de conférences à l’Université de Greenwich (Londres) et chercheure au CMH-CNRS (Paris), pour une présentation du projet de recherche franco-britannique ANAMIA. Voilà ses slides :

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Nouvelles d’ANAMIA : conférences, vidéos et outils de visualisation de données

Je suis actuellement à Québec (plus précisément sur le campus de l’Université Laval) où j’ai été invité à présenter ANAMIA, notre projet ANR sur les communautés anorexiques et boulimiques du Web, dans le cadre du méga-congrès francophone canadien ACFAS. Que Georges Canguilhem ne m’en veuille pas trop, l’intitulé de ma présentation est Le normal et le parfait. Rapport au médical et émergence de normes corporelles au sein des communautés anorexiques du Web (lundi 6, 15h30, salle 3850 du Pavillon Alexandre-Vachon, colloque du CELAT, session “Corps et médias : énonciation, négociation, contestation et réaffirmation, présidée par Madeleine Pastinelli).

Par ailleurs, avec les autres membres du projet, nous venons de lancer en ligne la série de Conférences ANAMIA : des vidéos et des slides de présentations de membres de notre équipe de recherche et de spécialistes français apportant un éclairage sociologique, historique, psychologique sur les Web des troubles alimentaires et sur le phénomène pro-ana. La première vidéo est celle de La minceur, obsession ou danger, conférence de l’historien Georges Vigarello (directeur d’études à l’EHESS et auteur, entre autres, de La silhouette, 2012 ; Les métamorphoses du gras, 2010 ; Histoire de la beauté, 2004). Le montage a été réalisé par Argyro Paouri, de la cellule audiovisuelle du CEM IIAC CNRS/EHESS.

VigarelloANAMIA[Conférence ANAMIA] Georges Vigarello « La minceur n’est pas une obsession exclusivement moderne »

Pour terminer, un teaser de quelque chose sur laquelle nous avons travaillé ces derniers mois avec le très talentueux designer Quentin Bréant : un tools de visualisation des données collectées dans le cadre de nos enquêtes sur les utilisateurs de sites Web liés aux troubles alimentaires en France et au Royaume. Nous allons faire une présentation live sur le site Web du projet ANAMIA prochainement. Entre temps (et sans autre explication) voilà une petite galerie… question de vous donner un avant-goût.

Visualisations des données de l’enquête ANAMIA en France et au Royaume-Uni

Slides du séminaire EHESS de Bruno Vétel «Serveurs dissidents : Jeux vidéo en ligne et cybercriminalisation» (18 déc. 2012)

Pour la deuxième séance de mon séminaire EHESS Étudier les cultures du numérique : approches théoriques et empiriques nous avons eu le plaisir d’accueillir Bruno Vétel, chercheur au Laboratoire Orange SENSE, pour une séance consacrée à la “cybercriminalisation” des joueurs en ligne.  Voilà ses slides : enjoy and share – that’s good stuff.

 

 

TITRE : «  Serveurs dissidents » : Jeux vidéo en ligne et cybercriminalisation

INTERVENANT : Bruno Vétel (Lab. Orange SENSE)

RESUME : Un serveur privé  désigne la réplique dissidente du « serveur central » d’un jeu vidéo en ligne. Cette copie est chargée de reproduire ailleurs l’intégralité du jeu sous l’autorité d’un opérateur indépendant du jeu original. Cette réplication est problématique pour l’entreprise créatrice du jeu original, puisqu’elle copie un logiciel sans respecter le droit d’auteur et qu’elle offre parfois la possibilité pour le joueur de payer des bonus en euros pour faciliter sa partie sur ce serveur parallèle. De fait, s’il parvient à attirer des publics en masse, l’opérateur d’un tel serveur dissident engrange des profits qui peuvent en quelques mois s’élever à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Dans cette communication, nous tâcherons de comprendre pourquoi les serveurs privés les plus fréquentés d’un MMORPG donné se trouvent être à but lucratif, malgré la condamnation par la justice de certains d’entre eux. Nous mènerons pour cela l’étude des déterminants sociaux et techniques qui engagent chacun des acteurs dans une gestion stratégique de tels illégalismes.

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Slides du séminaire EHESS d'Antonio Casilli “Contre l’hypothèse de la fin de la vie privée” (20 nov. 2012)

La première séance de mon séminaire EHESS Étudier les cultures du numérique : approches théoriques et empiriques pour cette année universitaire a eu lieu le mardi 20 novembre 2012 à l’EHESS. Merci à tou(te)s les participant(e)s pour leur présence, leurs commentaires et leur enthousiasme. Voilà les slides de ma présentation.

TITRE : “Contre l’hypothèse de la ‘fin de la vie privée’ sur les médias sociaux : négociabilité et cyclicité de la privacy”

RESUME : “Au sein de la communauté internationale plusieurs voix se lèvent pour dénoncer l’érosion inexorable de la vie privée dans le  contexte des usages actuels du Web social. En s’adonnant à une surveillance mutuelle et participative, les internautes renoncent-ils volontairement à la protection de leurs données personnelles ? Cette intervention adopte une approche ethno-computationnelle des controverses relatives aux politiques de négociation des paramètres de confidentialité en ligne pour montrer que la vie privée a encore de beaux jours devant elle. Sous certaines conditions, des « cycles de privacy » se mettent en place. Au travers du travail des associations d’usagers et des organismes préposés à la défense de leurs droits, ces conditions peuvent être remplies.”

Lectures :

Susan B. Barnes (2006) A privacy paradox: Social networking in the United States, First Monday, 11 (9)

danah boyd (2008) Facebook’s Privacy Trainwreck: Exposure, Invasion, and Social Convergence, Convergence, 14 (1): 13-20

danah boyd & Eszter Hargittai (2010) Facebook privacy settings: Who cares?, First Monday, 15 (8)

Anders Albrechtslund (2008) Online Social Networking as Participatory Surveillance, First Monday, 13 (3)

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A la journée d'études "Potlatch notionnel sur la performance" (EHESS, Paris, 29 mai 2012)

Le mardi 29 mai 2012, le sociologue Antonio Casilli, auteur de Les liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ? (Ed. du Seuil), intervient lors du “Potlatch notionnel sur la performance” (journée d’études organisée par l’EHESS et l’Université Paris Ouest-Nanterre, de 9h30 à 17h45, Amphithéâtre François Furet, 105 bd Raspail, Paris) pour parler de Corps, santé et performativité dans les communautés pro-ana. Pour le programme complet, cliquer ici.

Le mot de performance s’est imposé dans le monde de l’art et dans celui de pratiques les plus diverses. L’importance que l’on accorde à ce phénomène est à rapprocher des déplacements majeurs de culture et d’idées et en particulier, la prise en compte du pragmatisme et de l’expérience renversant le paradigme idéaliste ancien. Le privilège incontestable est donné alors au faire, ce qui transforme les perspectives épistémologiques et plus largement culturelles. C’est le versant strictement matériel d’une action. Rien d’autre, dans ce cas, que le thème concret et unique de « l’accomplissement » : aucune prise en compte de gradation ou d’échelle, aucune distribution du meilleur ou du mauvais, seul existe le fait de réaliser, seul existe l’épaisseur quasi physique d’une mise en acte. Le mot anglais « performance » le dit plus spécifiquement encore : « The act of performing, execution, accomplishment » (Webster’s Dictionary). Ce sens ne saurait être négligé dans l’absolu, révélant l’intérêt possible porté aux préoccupations opérationnelles, rappelant l’attention plus particulièrement anglo-saxonne centrée sur le pragmatisme, l’efficacité, l’engagement dans les choses et le concret.

Quant aux grands champs dans lesquels la performance peut être interrogée, Richard Schechner a très justement rappelé, lors de nos rencontres précédentes en mai 2011, qu’elle s’élabore dans trois champs : celui du rituel, celui de l’art et de la mise en scène esthétique et celui de la vie quotidienne. Ce qui étend considérablement la réflexion que nous portons sur elle, c’est bien cette perspective d’ouverture qui est la plus stimulante, c’est elle qui peut donner tout son sens à nos rencontres.

Cette grande diversité du phénomène implique de facto une pluralité des approches, des outils ou des méthodologies mis à l’œuvre pour l’appréhender. Dans cette perspective, nous avons choisi de prolonger nos réflexions et d’inviter à l’Ecole de Hautes Etudes avec la collaboration de l’Université de Paris X, des chercheurs en études théâtrales, anthropologie, arts visuels… L’objet sera d’explorer la définition de la performance dans chacun des domaines de recherche et d’indiquer sa pertinence voire son utilité. C’est cette ouverture également qui devrait nous aider à toujours mieux comprendre l’originalité de la performance. C’est elle aussi qui devrait nous aider à mieux saisir ce qu’il en est de ce corps perçu, vécu, existant hors langage avec une étrange densité.

Séminaire EHESS de Dominique Cardon “Anthropologie de l’algorithme de Google” (16 mai 2012, 17h)

[UPDATE 20.05.2012 : un compte rendu très détaillé, proposant une discussion des sujets traités dans ce séminaire, est désormais disponible en ligne sur le blog Odyssée de Philippe Ameline.]

Dans le cadre du séminaire EHESS Étudier les cultures du numérique : approches théoriques et empiriques nous avons eu le plaisir et l’honneur d’accueillir Dominique Cardon, sociologue au Laboratoire SENSE (Orange Labs), chercheur associé au Centre d’études des mouvements sociaux (CEMS/EHESS), animateur de la revue Réseaux et auteur de La Démocratie Internet. Promesses et limites (Seuil, 2010).

Le séminaire a eu lieu le mercredi 16 mai 2012, de 17 h à 19 h (salle 587, salle du conseil A, R -1, bât. Le France, 190-198 av de France 75013 Paris).

Dans l’esprit du PageRank. Un essai d’anthropologie de l’algorithme de Google

Dans cette communication, on proposera une réflexion sur les propriétés organisationnelles, et notamment algorithmiques, de l’espace public numérique. En adaptant au contexte de l’Internet le débat posé par Jürgen Habermas sur les caractéristiques d’une discussion publique argumentée et rationnelle, on s’attachera à décrire les différents formats d’organisation de l’expression et de la discussion sur Internet, en portant une attention particulière aux algorithmes permettant de hiérarchiser les informations. Les pionniers de l’Internet ont donné au réseau des réseaux une utopie fondatrice : celle de remplacer le classement a priori des informations par un cercle restreint de gatekeepers (journalistes et éditeurs) par une hiérarchisation a posteriori des informations par les internautes eux-mêmes. Parfois entendue sous le nom de “sagesse des foules” ou de “miracle de l’agrégation”, cette idée d’une auto-organisation des jugements des internautes permettant de trier et de hiérarchiser le web ne peut se réaliser que grâce à un ensemble d’artefacts permettant de calculer, trier et représenter les informations selon un ordre propre. On fera l’hypothèse que cinq principes différents de classement des informations sont aujourd’hui en compétition sur le web : l’éditorialisation, l’autorité, l’audience, l’affinité et la vitesse. En développant l’exemple du PageRank de Google, on s’attachera à rendre compte de la mise en place d’une métrique particulière de l’autorité sur le web, avant de s’interroger sur les tensions que lui font aujourd’hui subir d’autres principes d’organisation de l’information, comme l’affinité et la vitesse.

Quelques lectures :

– Diaz, Alejandro M., Through the Google Goggles: Sociopolitical Bias in Search Engine Design, Thesis, Stanford University, May 2005.

– Hindman, Matthews, The Myth of Digital Democracy, Princeton, Princeton University Press, 2009.

– Introna, Lucas D. & Helen Nissenbaum, “Shaping the Web: Why the politics of search engines matters”, The Information Society, vol. 16, 2000, pp. 169-185.

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Séminaire EHESS de Pierre Mounier “Quels enjeux pour les digital humanities ?” (21 mars 2012, 17h)

Dans le cadre de mon séminaire EHESS Étudier les cultures du numérique : approches théoriques et empiriques j’ai le plaisir d’accueillir Pierre Mounier, professeur certifié à l’EHESS et directeur adjoint du Centre pour l’édition électronique ouverte (CLEO), pour une séance consacrée aux humanités numériques.

Le séminaire aura lieu le mercredi 21 mars 2012, de 17 h à 19 h (salle 587, bât. Le France, 190-198 av de France 75013 Paris). Pour s’inscrire, c’est par ici.

Quels enjeux pour les digital humanities ?

Depuis plusieurs années, l’intensification des usages des technologies numériques à tous les niveaux de la recherche en sciences humaines et sociales fait l’objet d’une attention croissante à l’intérieur et à l’extérieur de la sphère académique. La popularité grandissante du terme “digital humanities” et de ses traduction diverses (“humanités numériques”, “humanités digitales”) en est un des signes. En prenant la suite d’une tradition désormais ancienne de relations entre informatique et sciences humaines ou sociales, les digital humanities présentent cependant certaines ruptures par rapport aux mouvements précédents (“litterary and linguistics computing”, “humanities computing”). Elles se caractérisent par l’émergence de débats qui lui sont propres. Trois d’entre eux semblent plus centraux que d’autres :

– la structuration, la définition et le périmètre de ce champ dont le statut de discipline émergente est discuté ;
– la redéfinition des relations en terme d’accès, d’exploitation et de visualisation que la recherche en sciences humaines et sociales établit avec ses sources primaires, désormais constituées comme de larges ensembles de données numériques ou numérisées ;
– le développement de nouvelles pratiques de communication scientifique, de nouvelles compétences à la frontière du scientifique et du technique, de nouveaux modes d’organisation de l’activité de recherche et leur (non)-reconnaissance au sein des structures académiques institutionnelles.

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Les vidéos #EDE2011 – Société des réseaux et réseaux sociaux (Porquerolles) enfin en ligne !

Ah Porquerolles… l’île aux réseaux ! Enfin presque, dans la mesure où une vilaine panne de Wifi nous a empêché de livestreamer les conférences de notre Ecole Doctorale d’Eté (EDE2011) qui a eu lieu dans l’amène localité balnéaire du Var du 5 au 9 septembre derniers, et consacrée à la thématique “Société des réseaux et réseaux sociaux : histoire, enjeux et perspectives critiques”. Mais voilà les vidéos des interventions et des ateliers enfin en ligne, grâce au travail infatigable de notre responsable de la valorisation multimédia, Lucas Morlot (auquel revient le (c) des photos qui illustrent ce billet).

Petite table ronde du soir de l’arrivée

L’initiative, née d’une convention entre EHESS et Institut Télécom, est arrivée à sa cinquième édition. Cette année j’ai eu le plaisir de la co-organiser avec Pierre-Antoine Chardel. Pour aborder la thématique des réseaux sociaux nous avons choisi de la structurer en alternant des séminaires (matins et débuts d’après-midi) apportant un éclairage autant empirique que théorique et des workshops transdisciplinaires (après-midis et soirs) dans lesquels élèves ingénieurs ont pu travailler avec des étudiants en SHS sur des mini-projets centrés sur l’analyse des réseaux sociaux.

Les séminaires :

Les séminaires ont fait l’objet d’enregistrements vidéos et de comptes rendus écrits, ainsi que d’un livetweet – prise de note en temps réel sur Twitter, archivé ici: part 1, part 2, part 3) – habilement orchestré par Fred Pailler (@sociographie).

Les séminaires ont présenté des réflexions de pointe ou des travaux en cours de chercheurs et enseignants internationaux.

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"Cultures du numérique" : Table ronde pour les 50 ans de Communications (14 juin 2011, 14h)

Vous avez sans doute déjà feuilleté “Cultures du numérique”, le numéro spécial du cinquantenaire de la revue Communications (mai 2011) que j’ai eu le plaisir et l’honneur de diriger. Nous aurons l’occasion de le présenter comme il le faut lors d’une table ronde all-star avec : Edgar Morin, Edwy Plenel, Nicole Lapierre, Milad Doueihi, Serge Tisseron et moi-même, à la Maison de l’Amérique Latine (217 bd Saint Germain, Paris 75007). Organisée en partenariat avec Mediapart et à la présence des auteurs du numéro, la rencontre aura lieu le mardi 14 juin 2011, de 14h à 17h.

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Parution de "Cultures du numérique" (Ed. du Seuil)

Le voilà entre mes main : le premier exemplaire de « Cultures du numérique » que j’ai dirigé et dont j’ai le plaisir de vous annoncer la parution aux Editions du Seuil.

Il s’agit du numéro 88 de la revue Communications, un numéro spécial qui marque le cinquante ans de cette glorieuse publication fondée en 1961 par Roland Barthes et Edgar Morin. Nous en sommes tous très fiers, et à juste titre. Ce numéro est appelé à devenir un ouvrage de référence pour les étudiants et les chercheurs qui – en nombre croissant – s’intéressent au Web et à ses conséquences sociétales, culturelles, politiques.

« Cultures du numérique » propose un panorama des études francophones sur les usages des technologies de l’information et de la communication. Vingt-trois chercheurs, venant des domaines les plus disparates, ont participé : psychologues, philosophes, médecins, économistes, sociologues, experts de digital humanities et de sciences de la communication.

Voilà la table des matières complète, (more…)