libération

Une tribune dans Libération (3 janv. 2016)

Avec Paola Tubaro, je co-signe une tribune dans Libération, à partir de notre ouvrage Le phénomène “pro-ana”, paru aux Presses des Mines. Ce texte est publié en partenariat avec CNRS Le Journal.

Deux sociologues spécialistes des communautés en ligne expliquent pourquoi interdire les sites accusés de promouvoir l’anorexie ne ferait qu’isoler davantage les patients. Ils dénoncent la tendance …

Source: (20+) Réprimer les sites «pro-anorexie» : une fausse bonne idée – Libération

[Vidéo] ‘L’inutile censure des réseaux Ana-Mia’ : Antonio Casilli sur Ecrans / Libération (21 nov. 2012)

Vidéo podcast d’Ecrans, volet Web de Libération, consacré à la censure des réseaux liés à l’anorexie et à la boulimie. Pour en parler, sur le plateau d’Erwan Cario, les journalistes Sophian Fanen et Camille Gévaudan et le sociologue Antonio Casilli, auteur de Les liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ? (Ed. du Seuil) et coordinateur du projet de recherche ANAMIA. La version vidéo du podcast est transmise par la chaîne télé Nolife.

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"Art et viralité": dans Libération (25 mai 2012)

Dans Libération du 25 mai 2012, un article de Marie Lechner sur virus informatiques, imaginaires de la viralité et art contemporain. L’occasion de présenter les travaux d’Antonio Casilli, auteur de Les liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ? (Ed. du Seuil).

Y A DU VIRUS DANS L’ART

La Gaîté lyrique accueille mardi un événement qui explore les liens entre biologie, pouvoir et technologie.
En avril, les virus refaisaient la une avec Flash-back, un programme malveillant dont l’originalité est d’infecter les ordinateurs Mac, censés être immunisés contre ce fléau. De flashback, il sera aussi question à V1RUS, événement proposé par Upgrade ! Paris autour du virus, tant biologique qu’informatique, mardi, à la Gaîté lyrique.

Entité biologique singulière, qui se réplique en utilisant les ressources de la cellule qu’elle parasite, le virus a progressivement glissé, par analogie, dans le champ informatique au milieu des années 80, au moment où les ordinateurs personnels infiltraient la sphère privée. Officiellement, c’est en 1983 que le chercheur Fred Cohen présente son premier virus fonctionnel, soit l’année même où est isolé le VIH. Le virus informatique désigne un code malicieux capable d’infiltrer un logiciel, de se reproduire de manière autonome et de se propager à d’autres ordinateurs dont il perturbe le fonctionnement. Jusqu’en 1988, observe le sociologue Antonio Casilli, c’est plutôt la terminologie militaire qui avait cours (attaque, exploiter une vulnérabilité), mais, écrit-il, «alors que l’attention des médias sur la pandémie du sida atteignait son point culminant, la presse mainstream a commencé à adapter les métaphores de la virulence et du comportement à risque à l’informatique personnelle», soulignant une superposition dans l’imaginaire entre la pathologie du corps et le dysfonctionnement de l’ordinateur : «La panique qui entourait l’idée de connexion entre les ordinateurs finit par refléter la peur qui entoure le contact physique.»

A rebours du discours ambiant de l’époque qui prônait la tolérance zéro et l’exclusion afin d’empêcher toute contamination, les activistes et penseurs progressistes comme Donna Haraway, auteure du Manifeste cyborg, suggéraient plutôt de vivre avec. Et d’envisager son devenir mutant. Nathalie Magnan, théoricienne des médias et activiste féministe, retracera, lors de la conférence, cette histoire parallèle et la manière dont les Net artistes se sont emparés de cette forme au potentiel fascinant, du premier virus artistique lâché à la Biennale de Venise par 0100101110101101.org et Epidemic, qui proliféra non pas tant dans les ordinateurs que dans les médias, au concept de «virus culturel» systématisé par les agitateurs d’Etoy, en passant par les premières œuvres de Jodi qui semaient le chaos sur l’écran, faisant croire à l’utilisateur qu’un programme indésirable avait détraqué sa machine.

Le virus, potentiellement destructeur, est aussi un médium de transmission redoutable. Ce qui n’a pas échappé aux spécialistes du marketing, qui ont récupéré la dissémination virale à des fins publicitaires. Le virus comme véhicule artistique et hacktiviste fera l’objet, dès 17 heures, d’un atelier «programmer un virus», organisé par /dev/art qui en dressera un bestiaire. «Le virus classique, incapacitant et destructeur, est aujourd’hui supplanté par les botnets, qui cherchent à contaminer le poste sans se faire repérer pour collecter un maximum d’informations», analysent les organisateurs, qui établissent un parallèle entre le mode opératoire des virus et celui des Anonymous. Le virus sert de porte d’entrée à la conférence, qui creusera plus largement les liens entre biologie et technique, à l’heure où l’organisme est réduit à un «code» génétique à déchiffrer, en information à traiter, en ADN à programmer. L’anthropologue et généticien Michel Tibon-Cornillot soulèvera les enjeux de la mécanisation du vivant et du contrôle accru des corps, avant une table ronde autour de l’art et des biotechnologies avec Jens Hauser, Emmanuel Ferrand et Maria Ptqk.

MARIE LECHNER

Dans Libération (16 juin 2011)

Dans Libération du 16 juin 2011, un article de Marie Piquemal sur le choix de son avatar sur les réseaux sociaux. L’occasion d’en parler avec Antonio Casilli, auteur de Les liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ? (Ed. du Seuil), ainsi qu’avec d’autres experts en matière de numérique : Thibaut Thomas, Yann Leroux et Fanny Georges.

Avant de s’aventurer sur ce terrain glissant, mais passionnant, Antonio Casilli, chercheur à l’EHESS1, prévient : «attention, Facebook n’est pas Twitter qui n’est pas MySpace, ni le forum Doctissimo». Les codes de représentation ne sont pas les mêmes d’un média social à l’autre. A l’instar du monde réel, le net est rempli de codes, de règles de conduite, de coutumes même, qu’il est de bon ton de respecter. Ainsi, sur Facebook, beaucoup ont pris le pli de se présenter sous leur vraie identité: nom, prénom, date de naissance et photo de face ou de profil.

Sur Twitter, la part de mise en scène et de jeu est plus développée, on trouve donc davantage de profils fantaisistes (gueules d’animaux, caricatures, affiches, etc.) «Vous remarquerez que les gens paraissent toujours heureux sur leurs photos d’avatar. L’air mélancolique est banni», note Fanny Georges, auteure d’une thèse sur la représentation de soi et l’identité numérique.

Comment s’opère le choix?

Pourquoi cette photo plutôt qu’une autre? «Quand on pose la question, les utilisateurs répondent, au choix: “celle-là, je l’aimais bien” ou “j’en avais pas d’autres”», résume Thibaut Thomas2, spécialiste en stratégie des réseaux sociaux, qui a consacré son mémoire de fin d’études sur le sujet.

Pour lui, ces deux réponses veulent dire la même chose: «la personne a estimé qu’à un moment donné et dans un contexte social donné, cette photo était la seule pouvant la représenter. C’est exactement la même démarche que de s’habiller avant de sortir dans la rue. On adopte une manière de se présenter en fonction des personnes l’on s’attend à rencontrer. Vous ne vous habillez pas forcément de la même façon pour aller à un rendez-vous professionnel que pour sortir acheter le pain le dimanche. Le mécanisme est identique avec le choix de la photo de profil. On anticipe qui peut nous voir et la manière dont on veut se présenter à leurs yeux, exactement comme dans la vraie vie.»

Dans ses travaux, Antonio Casilli décompose ce travail psychique (pas forcément conscient) en deux étapes : choisir sa photo oblige d’abord à engager une réflexion sur la manière de se présenter, les traits que l’on désire mettre en valeur. Ensuite, «la photo doit être validée par les autres. Cette étape de la reconnaissance est essentielle: est-ce que je suis capable de gérer cette nouvelle identité ?» C’est ainsi que le rouge-gorge, taxé unanimement de «gnangnan», est passé à la trappe…«Sur Facebook, réseau social basé sur l’identité civile, le choix de la photo de profil est plus important pour les autres que pour soi-même. Il apporte la preuve que vous êtes un être humain.»

Internet, incarnation collective : "Les liaisons numériques" dans Libération (19 mars 2011)

Dans le quotidien Libération de samedi 19 mars 2011, Stéphanie Estournet présente l’ouvrage Les liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ? (Seuil), du sociologue Antonio Casilli.

Vie réelle, virtuelle, espace public, privé… Notre implication sur le Net transforme en objet d’étude passionnante les réseaux numériques et les liens qui s’y développent. Dans les Liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ? le sociologue Antonio Casilli s’en saisit pour reconsidérer le lien social. Exit les caricatures d’accros au Web, vus comme des individualistes aux comportements adolescents, décorporés derrière leurs pseudos et bloqués sur des forums kikoolol. Selon lui, nous, internautes, prenons possession d’espaces (le pluriel est ici fondamental) et créons nos relations à l’autre, non pas en rupture avec ce que nous sommes mais avec ce qui nous constitue. Et si l’on a pu envisager le Net comme un univers sans corps, Antonio Casilli rappelle que le réseau grouille de «traces corporelles» («portraits photos», «descriptions écrites», «personnifications animées»). Nous nous incarnons sur la Toile, nous nous y projetons de manière plus ou moins fantasmée, en tout cas, au-delà de nos mots, nous «donnons de nous». On peut, dès lors, envisager de concilier notre individualité avec la collectivité. Ainsi, laisser un commentaire sur un blog, permet de s’inscrire à la fois dans un lien privé avec l’auteur et dans une position publique.

Construite sur la base de témoignages, d’interviews et de nombreuses études scientifiques, la réflexion d’Antonio Casilli démonte les clichés habituels et rappelle que chacun, dans sa pratique, est dans une domestication inventive de nouveaux liens.