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Nouvelles d’ANAMIA : conférences, vidéos et outils de visualisation de données

Je suis actuellement à Québec (plus précisément sur le campus de l’Université Laval) où j’ai été invité à présenter ANAMIA, notre projet ANR sur les communautés anorexiques et boulimiques du Web, dans le cadre du méga-congrès francophone canadien ACFAS. Que Georges Canguilhem ne m’en veuille pas trop, l’intitulé de ma présentation est Le normal et le parfait. Rapport au médical et émergence de normes corporelles au sein des communautés anorexiques du Web (lundi 6, 15h30, salle 3850 du Pavillon Alexandre-Vachon, colloque du CELAT, session “Corps et médias : énonciation, négociation, contestation et réaffirmation, présidée par Madeleine Pastinelli).

Par ailleurs, avec les autres membres du projet, nous venons de lancer en ligne la série de Conférences ANAMIA : des vidéos et des slides de présentations de membres de notre équipe de recherche et de spécialistes français apportant un éclairage sociologique, historique, psychologique sur les Web des troubles alimentaires et sur le phénomène pro-ana. La première vidéo est celle de La minceur, obsession ou danger, conférence de l’historien Georges Vigarello (directeur d’études à l’EHESS et auteur, entre autres, de La silhouette, 2012 ; Les métamorphoses du gras, 2010 ; Histoire de la beauté, 2004). Le montage a été réalisé par Argyro Paouri, de la cellule audiovisuelle du CEM IIAC CNRS/EHESS.

VigarelloANAMIA[Conférence ANAMIA] Georges Vigarello « La minceur n’est pas une obsession exclusivement moderne »

Pour terminer, un teaser de quelque chose sur laquelle nous avons travaillé ces derniers mois avec le très talentueux designer Quentin Bréant : un tools de visualisation des données collectées dans le cadre de nos enquêtes sur les utilisateurs de sites Web liés aux troubles alimentaires en France et au Royaume. Nous allons faire une présentation live sur le site Web du projet ANAMIA prochainement. Entre temps (et sans autre explication) voilà une petite galerie… question de vous donner un avant-goût.

Visualisations des données de l’enquête ANAMIA en France et au Royaume-Uni

Dans Huffington Post (Québec, 5 juillet 2012)

Le quotidien en ligne Huffington Post (édition du Québec) publie une intervention du journaliste de Radio Canada Florent Daudens inspirée par l’analyse de la signification socio-politique des tweet clash du sociologue Antonio Casilli, auteur de Les liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ? (Ed. du Seuil).

Les oiseaux de nuit ont pu assister hier soir à un vif échange sur Twitter entre la présidente de la Fédération universitaire du Québec, Martine Desjardins, et le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, au sujet des droits de scolarité.
À l’origine de ce « tweet-fight », ce message de M. Legault, qui a réanimé son compte Twitter depuis quelques jours : « Lorsqu’on compare avec le financement des universités du reste du Canada et qu’on voit des professeurs quitter, il y a sous-financement ».

La réplique de Mme Desjardins n’a pas tardé, celle-ci estimant qu’il s’agit d’une analyse réductrice. Les deux ont ensuite devisé pendant deux heures, parvenant difficilement à trouver un terrain d’entente.

Mal financement contre sous-financement

La présidente de la FEUQ a martelé la position qu’elle défend depuis le début du conflit étudiant : les universités sont mal financées, et non sous-financées. Elle estime pouvoir dégager des économies de 189 millions de dollars avec une meilleure gestion.

De son côté, François Legault soutient que les universités québécois accusent un écart de financement d’au minimum 500 millions de dollars avec celles du reste du pays. Il propose que les étudiants paient 200 millions et les contribuables 300.

Martine Desjardins a émis des doutes sur ces chiffres, affirmant au passage que les étudiants ont déjà dû payer 350 millions de plus ces cinq dernières années. Elle reproche au chef de la CAQ de ne pas disposer d’objectifs précis, notamment au niveau du nombre de professeurs nécessaires. « Pourquoi ne pas définir vos objectifs? Vérifier la gestion des universités? Au lieu d’augmenter l’endettement des étudiants et des familles? », écrit-elle.

Au fil de cet échange qui est resté courtois, chacun a tenu sa ligne; François Legault a insisté sur la comparaison avec les universités canadiennes, Martine Desjardins sur l’évaluation de la gestion des universités québécoises.

Toutefois, cette discussion publique a permis à plusieurs internautes de prendre connaissance des arguments des deux protagonistes, voire même de participer aux échanges.

« Une théatralisation du débat démocratique »

On a d’ailleurs pu assister à plusieurs échanges sur Twitter de la classe politique québécoise ces dernières semaines. Une tendance que l’on peut voir dans de nombreux pays, surtout dans l’arène politique. Interrogé à ce sujet par Owni, le sociologue Antonio Casilli estime que « le tweet clash théâtralise un débat démocratique en pleine mutation ». « Tout le jeu politique moderne est basé sur la recherche de consensus et de compromis. De ce point de vue, le tweet clash peut être lu comme la résurgence d’une forme de discorde démocratique ancienne », estime le sociologue.

Les différents partis politiques québécois tentent d’ailleurs de se positionner sur les réseaux sociaux alors que les rumeurs d’élections s’intensifient. À l’instar de François Legault qui s’est remis à twitter dernièrement, l’équipe du premier ministre Jean Charest a investi Facebook. Ce dernier n’est pas sur Twitter, tout comme Pauline Marois, tandis qu’Amir Khadir s’y trouve aussi.

Antonio A. Casilli au colloque 'Les cultures numériques' (Université Laval, Québec, 14-16 sept. 2011)

Le sociologue Antonio Casilli, chercheur en digital humanities à Télécom ParisTech et auteur de Les liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ? (Ed. du Seuil), interviendra mercredi 14 septembre au colloque “Les cultures numériques” organisé par Milad Doueihi (titulaire de la chaire homonyme à l’Université de Laval) au Musée de la Civilisation de Québec. Parmi les autres intervenants : Milad Doueihi, Bruno Ménard (CIGREF), Roger Chartier (Collège de France), Alain Giffard (Ministère de la Culture, France), Daniel J. Caron (Bibliothèque et archives du Canada), Louise Merzeaud (Université Paris Ouest Nanterre la Défense, Dominique Cardon (Orange/EHESS, Paris), Philippe Aigrain (Quadrature du net), René Audet (Université Laval), Robert Darnton (Harvard University), Gérard Wörmser (ENS Lyon), Guy Berthiaume (Archives nationales du Québec), Bruno Racine (BNF). Télécharger le programme.

 

Dans Réseau Education-Médias (5 janvier 2011)

Sur le Réseau Education-Médias, site Web de l’organisme canadien pionnier de l’éducation aux médias, Véronique-Marie Kaye consacre une note de lecture au livre Les liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ? (Seuil) du sociologue Antonio Casilli.

Internet est une terre d’exploration fertile pour les sociologues – les habitudes en ligne de la masse des utilisateurs sont une manne pour tous ceux qui aiment analyser. Casilli a effectué un énorme travail de synthèse pour tenter de comprendre ceux qui se branchent au quotidien. Les liens qui se tissent sur le Web sont-ils différents des liens qui se tissent dans la vraie vie ? Sommes-nous tous en train de devenir des « anges électroniques »? Allons-nous vers une désocialisation provoquée par Internet? Pour répondre à ces trois questions, Casilli fait un survol des habitudes des internautes.Comme il faut expliquer avant d’offrir une analyse, Casilli donne d’abord un aperçu de ce qu’il veut étudier, ce qui va très bien quand il explique l’usage de la messagerie instantanée en Chine QQ pendant un séisme, ou quand il raconte comment Julia, une internaute brésilienne, se sert de son réseau social préféré, Orkut. […] Lorsque Casilli parle à la première personne et qu’il raconte ses contacts avec des militants (comme l’anarchiste qui explique la révolution sans héros que représente le Web), des étudiants, ou une « internaute consentante », on sent la trépidation du chercheur qui tient une bonne piste.

Dans le blog Tendances sociales (20 oct. 2010)

Dans le blog Tendances sociales, Jacques Tondreau analyse Les liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ? (Seuil) du sociologue Antonio Casilli. Selon le blogueur québécois, l’ouvrage aide à reconnaître dans le partage, la reconnaissance et l’efficacité les “trois hormones de croissance pour les réseaux sociaux”.

La sociologie a-t-elle quelque chose à dire sur cette question? Sans doute! Et ce regard porte autant sur la consommation, la santé et la politique que sur l’éducation, l’amour et l’amitié. L’analyse de l’auteur porte sur trois axes: l’espace (rapport au territoire), le corps (photos, avatars) et le lien social (amitié, amour, reconnaissance). C’est sur ce dernier élément que le livre m’interpelle le plus, sur cette possibilité, à travers des liaisons numériques, de «construire une sociabilité forte basée sur des liens faibles». Pour Casilli, les échanges en ligne ne remplacent pas les rencontres réelles, elles s’y ajoutent. L’ordinateur et Internet modifient certes nos rapports à l’autre dans l’espace public, mais ils transforment également, et de manière significative, nos rapports dans l’espace privé. Éléments technologiques devenus presque indispensables dans la plupart des foyers des pays occidentaux, l’ordinateur et Internet reconfigurent les liens familiaux, les relations de couple, la manière de vivre son célibat.

Donner, recevoir et rendre: le potlatch numérique. Tout réseau social se maintiendrait et évoluerait par le don, et ses utilisateurs sont tenus d’échanger. Ces principes, à la base des liens sociaux dans les sociétés archaïques (donner, recevoir, rendre ou l’obligation d’échanger), continuent d’opérer dans un cadre d’utilisation des technologies modernes: «Un futur utopique a été préfiguré par le passé tribal» dit Richard Barbook que cite Casilli. Ces échanges en réseau, qui renvoient à une logique de coopération, s’opposeraient entre autres à une logique de concurrence, qui est typique du marché. À cette question du don se greffe deux autres éléments qui permettent aux réseaux sociaux de perdurer: la reconnaissance et l’efficacité. Dans un réseau social, plus on donne, plus on est connu et reconnu. La soif de prestige en pousserait plus d’un à s’investir en partageant. Enfin, un partage abondant et de qualité, qui suscite des commentaires, procure un sentiment d’efficacité.