vie privée

Nommé “ministre d’internet” ??? (Usbek&Rica, 12 mai 2017)

La rédaction du magazine d’innovation et société Usbek & Rica s’est amusé à concocter un gouvernement de personnalités que le président français Emmanuel Macron n’osera jamais nommer. Une seule consigne : “Que se passerait-il si le gouvernement était un groupe de personnalités dont les membres étaient recrutés sur… leurs idées ?”. Surprise : j’ai été nommé ministre d’internet. Enfin.

 

Entretien : algorithmes et vie privée (Radio Nova, 16 nov. 2016)

Ce matin à 7h15 j’ai pris le premier café de la journée en compagnie d’Edouard Baer et de sa joyeuse bande de lurons sur Radio Nova, dans l’émission Plus Près De Toi. On a parlé algorithmes de recommandation, traçage sur internet, vie privée et données personnelles. Et on s’est demandé pourquoi Edouard reçois toujours des pubs d’actrices qui ont mal vieilli, alors que moi je ne reçois que des pubs pour baignoires pour séniors…

Bref, voilà le lien du podcast : Plus Près De Toi 16/11 | NOVAPLANET Mon entretien commence à 14′.

[Slides séminaire #ecnEHESS] Christophe Benavent : Plateformes et gouvernementalité algorithmique (21 nov. 2016, 17h)

Pour la première séance de mon séminaire EHESS Étudier les cultures du numérique : approches théoriques et empiriques nous avons eu le plaisir d’accueillir Christophe Benavent, professeur à l’Université Paris Ouest, et auteur de l’ouvrage “Plateformes. Sites collaboratifs, marketplaces, réseaux sociaux” (FyP Editions, 2016).

Le séminaire a eu lieu le lundi 21 novembre 2016, de 17h à 20h, à l’EHESS.

 

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Titre : D’un versant à l’autre : gouvernementalité algorithmique des plateformes.

Intervenant : Christophe Benavent

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Résumé : “Si la notion de marché multi-versants fournit un cadre utile pour penser l’émergence, la croissance et la compétition de l’économie des plateformes, sa limite est d’ignorer les modalités pratiques de leur gestion. Ces dernières passent essentiellement par une propagation algorithmique de dispositifs (architecture des capacitations et des restrictions, surveillance et police, mécanismes d’incitation et de motivation) destinés in fine à orienter et conditionner les conduites des individus de telle sorte à obtenir des propriétés particulières des populations qui caractérisent ces versants et se constituent en ressources. L’imperfection des  algorithmes, qu’elle soit intrinsèque (défaut de conception, données inappropriées..) ou extrinsèque (dépendance des données ou computation sociale), nécessite qu’on leur attribue une politique propre, qui impliquerait une exigence de redevabilité dont on devra aussi et surtout évaluer les conditions politiques.”

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Sur France Inter (3 août, 2016)

» Ecouter “Le téléphone sonne – Notre rapport au virtuel” (41 min.)

Pokemon Go, réseaux sociaux… Quel rapport entretenons-nous avec le virtuel dans nos sociétés qui se numérisent ?

Invités :

Antonio A. Casilli – Sociologue, maître de conférences en humanités numériques à Telecom ParisTech et chercheur au Centre Edgar-Morin de l’EHESS

Vanessa Lalo – Psychologue clinicienne, spécialiste des usages numériques

Bernard Stiegler – Philosophe, auteur de « Dans la Disruption, comment ne pas devenir fou ? » [Les Liens qui libèrent / Mai 2016] (par téléphone)

Source: Notre rapport au virtuel du 03 août 2016 – France Inter

[Vidéo] La sociologie à l’ère du numérique : lien social, vie privée, travail (5 juil. 2016)

L’AISLF (Association Internationale des Sociologues de Langue Française) m’a fait l’honneur de m’inviter en tant que “grand conférencier”, à son XXe colloque “Sociétés en mouvement, sociologie en changement”, qui a eu lieu du 4 au 8 juillet 2016 à l’Université de Montréal et à l’Université du Québec à Montréal. Ma conférence Réinterroger les sciences sociales à l’heure du numérique (5 juillet 2016) est résumé dans cette vidéo, qui propose aussi des extraits d’un plus long entretien.

[Slides] Séminaire #ecnEHESS “Combien vaut un clic ?” (4 janv. 2016)

Dans le cadre de mon séminaire EHESS Étudier les cultures du numérique : approches théoriques et empiriques, le 4 janvier 2016 nous avous eu le plaisir d’accueillir Geoffrey Delcroix (pilote des projets de prospective, Direction des Technologies et de l’Innovation, CNIL), Martin Quinn (Telecom Paristech, Chaire VPIP) et Vincent Toubiana (service de l’expertise technologique, CNIL) pour une séance sur la valorisation des données personnelles dans les industries culturelles et par le biais des plateformes d’optimisation d’achat et de vente d’espaces publicitaires.

 

Retrouvez le livetweet du séminaire sur Twitter : hashtag #ecnEHESS.

Titre : “Combien vaut un clic ? Données, industries culturelles et publicité”.

Intervenants : Geoffrey Delcroix (CNIL), Martin Quinn (CVPIP), Vincent Toubiana (CNIL)

Résumé : Dans le domaine des contenus culturels, la création de valeur semble se concentrer autour des enjeux de personnalisation et de recommandation. Derrière la magie des algorithmes, quelle « valeur » est réellement créée pour l’utilisateur, au cœur de quels modèles économiques ? Que veut dire lire, écouter, regarder et jouer à l’heure de la personnalisation, des algorithmes et du big data ?
Quels modèles économiques coexistent et s’hybrident autour du rôle des données (à la fois par les contenus créés par l’utilisateur et par les traces « inconscientes ») dans ces secteurs pionniers ? Par ailleurs, et pas seulement dans le seul domaine culturel, lorsque l’internaute consomme des contenus en ligne (gratuits ou payant), il crée aussi de la valeur pour les éditeurs (en alimentant ses algorithmes ou par  la publicité ciblée). Dans certaines conditions cette valeur peut être très précisément observée, et nous permet ainsi de mieux comprendre les algorithmes qui gouvernent par exemple l’affichage publicitaire. Quelle valeur représente un internaute spécifique dans une situation précise ? Quels comportements individuels et collectifs les annonceurs adoptent dans le but de maximiser leurs profits?

Compte- rendus des séances précédentes :

Prochaines séances :

  • 1 février 2016Yann Moulier-Boutang “Capitalisme cognitif et digital labor”.
  • 7 mars 2016Jérôme Denis (Télécom ParisTech) et Karën Fort (Université Paris-Sorbonne) “Petites mains et micro-travail”.
  • 4 avril 2016Camille Alloing (Université de Poitiers) et Julien Pierre (Université Stendhal Grenoble 3) “Questionner le digital labor par le prisme des émotions”.
  • 2 mai 2016Judith Rochfeld (Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Valérie-Laure Benabou (UVSQ) “Le partage de la valeur à l’heure des plateformes”.
  • 6 juin 2016Bruno Vétel (Télécom ParisTech) et Mathieu Cocq (ENS) “Les univers de travail dans les jeux vidéos”.

Dans le Cahier IP – CNIL (17 nov. 2015)

Dans le Cahier Innovation CNIL “Les Données, Muses & Frontières de la Création” j’ai le plaisir d’être interviewé avec le collègue Dominique Cardon au sujet d’algorithmes, big data, et digital labor.

CahiersIP_CNILClick to enlarge

Lire, écouter, regarder et jouer en ligne à l’heure de la personnalisation : découvrez le nouveau cahier IP

17 novembre 2015

Nos consommations de contenus culturels dématérialisés deviennent massivement productrices de données. Ce nouveau cahier IP alimente le débat sur la place des algorithmes dans nos choix et sur les manières de redonner du contrôle aux utilisateurs.

Les industries culturelles et créatives ont été les premières à connaître de profondes mutations sous l’impulsion des usages numériques et de la dématérialisation des contenus. Elles constituent ainsi un formidable laboratoire de la mise en données du monde, au-delà de l’image réductrice des données comme « pétrole de l’économie numérique ».

Aujourd’hui, la plus-value des services de distribution de contenus culturels et ludiques dématérialisés se concentre dans leur capacité à analyser les habitudes de consommation des utilisateurs à des fins de personnalisation.

  • 2/3 tiers des utilisateurs de services de streaming musical ou de vidéo à la demande sur abonnement (dite « SVOD ») utilisent et apprécient les recommandations (étude Médiamétrie réalisée pour la CNIL, octobre 2015).

Pour Isabelle Falque-Pierrotin, Présidente de la CNIL :

« la lecture, la musique, les films et les séries mais aussi sans doute les jeux vidéo, bien au-delà du divertissement qu’ils nous procurent, ne sont-ils pas les lieux par excellence où ne cesse de s’élaborer et de se réinventer notre identité ? Les œuvres se situent au carrefour du plus collectif et du plus intime, au cœur de nos destins publics autant que personnels ».

Extrait de la page 23 du cahier IP

La « magie » des algorithmes ?

Indispensables pour naviguer dans l’immensité des catalogues de contenus, les algorithmes peuvent tout autant favoriser la découverte qu’enfermer les individus dans des goûts stéréotypés ou des horizons limités.

  • Près d’un utilisateur sur deux s’est d’ailleurs déjà demandé sur quelle base étaient produites ces recommandations.

Le 3ème cahier IP explore cette utilisation intensive des données personnelles au travers de tendances clefs et émergentes, d’interviews d’experts (Nicolas Curien, Eric Schérer, Olivier Ertzscheid, Dominique Cardon, Antonio Casilli) et de scénarios exploratoires.

Il analyse en particulier:

  • la diversité des modèles économiques  et le rôle croissant que les données y tiennent
    • Partie 1 INDUSTRIES CRÉATIVES, CONTENUS NUMÉRIQUES ET DONNÉES
  • la nature des données utilisées dans les usages actuels et émergents pour chacun des secteurs
    • Partie 2 LES CONTENUS CULTURELS VUS AU TRAVERS DU PRISME DES DONNÉES
  • les mythes et réalités de la recommandation et « fact-check » sur la « magie » des algorithmes
    • Partie 3 LE GRAAL DE LA RECOMMANDATION ET DE LA PERSONNALISATION
  • 4 scénarios explorant les futurs possibles du couple « données + culture » => Partie 4 DEMAIN, QUELLES CRÉATIONS ET QUELS USAGES DATA-DRIVEN ?

Outiller l’individu pour innover dans l’expérience utilisateur

Ce cahier se veut aussi un appel à l’innovation des acteurs économiques.

Pour ces entreprises qui misent tout sur l’expérience utilisateur, relever le défi de l’éthique et de la confiance passe aussi par des informations plus claires et la mise à disposition d’outils innovants (portabilité, tableaux de bord, politiques de confidentialité lisibles et illustrées).

Pour créer des expériences d’usage « sans frictions » les plateformes doivent renforcer leurs efforts de transparence et de loyauté, en particulier en ce qui concerne les algorithmes.

[Podcast] Antonio Casilli sur France Culture : Profil public / Profil privé (27 nov. 2013)

Le sociologue Antonio Casilli était l’invité de Marie Richeux pour l’émission Pas la peine de crier (France Culture).

“Public” (3/5): Profil public / Profil privé

Troisième moment de cette semaine entièrement consacrée à lidée de “public” sous toutes ses formes. Avec Antonio Casilli, nous réfléchissons aujourd’hui à la publicité du privé, et à l’usage qui en est fait sur quelques réseaux sociaux. 

 

Antonio Casilli © rf

Aujourd’hui, appliquons-nous à marcher sur la frontière public/privé dont les enjeux se modifient, se déplacent et se redistribuent à l’intérieur des réseaux sociaux numériques, ou par l’usage de plus en plus répandu de ceux-ci. Si l’on considère que les relations numériques ne remplacent pas les autres relations, qu’elles s’ajoutent à elles pour constituer le réel, on peut cependant les analyser en cherchant à comprendre leur spécificité. L’apparition d’ordinateurs personnels, de petite taille, fait entrer la technologie dans l’espace privé du logement, de la chambre. Qu’injectons-nous dans l’ordinateur et dans ses dérivés de ce que nous pouvons appeler « vie privée », terme qui est évidemment à discuter… Dans la mesure où une information échangée sur le web peut avoir une valeur tour à tour confidentielle et collective, et que cette qualification est un curseur que l’utilisateur ne maîtrise pas toujours, qu’est-ce qui se joue exactement pour les individus et les communautés qu’ils composent ?
Antonio A. Casilli est maître de conférences en Digital Humanities à Telecom ParisTech et chercheur en sociologie au Centre Edgar-Morin (EHESS, Paris). Il est l’auteur notamment de Les liaisons numériques (Ed. du Seuil, 2010).