gaité lyrique

[Séminaire #ecnEHESS] Lilly Irani : Ethique et démocratie des infrastructures numériques (17 juin 2021, 19h)

Enseignement ouvert aux auditeurs libres. Pour s’inscrire, merci de renseigner le formulaire.

La dernière séance de l’année universitaire 2020/21 de notre séminaire Étudier les cultures du numérique (#ecnEHESS) aura lieu en version webinaire le jeudi 17 juin 2021, de 19h à 21h. Vous pouvez suivre cette séance, organisée en collaboration avec la Gaîté Lyrique :
– sur le site de la Gaîté Lyrique 
– sur Facebook.

Dans ce séminaire, nous aurons le plaisir d’accueillir Lilly Irani, professeure associée à l’Université de Californie, San Diego (UCSD). L’une des premières chercheuses à avoir étudié le micro-travail et co-fondatrice du collectif Turkopticon, elle est spécialiste de l’impact social de l’innovation. Ses domaines vont de l’automation, au design, aux luttes citoyennes contre la surveillance. Lilly Irani présentera ses recherches sur la “l’éthique d’en bas des technologies”, c’est-à-dire de notre capacité à créer des effets directs et institutionnels de changement dans nos vies régies par des infrastructures numériques apparemment hors de notre portée.

Dans le rôle de discutante/contrepoint, nous accueillons aussi Elisa Giardina Papa, artiste dont les travaux portent sur le genre, la sexualité et le travail en relation avec le capitalisme néolibéral et les frontières du Sud.

La séance et les échanges seront entièrement en anglais.


Lilly Irani (Université de Californie San Diego – UCSD)

Ethics from Below: Claiming Democracy Over Digital Infrastructures

Acceder ici au streaming video

Jeudi 17 juin 2021, 19h-21h

We work and live through layers of infrastructure designed and installed by companies and public agencies, often out of sight and seemingly beyond our grasp. Calls to ethics demand professionals and regulators assess the how well these technologies align with notions of the good. In this talk, I will argue that we need to go a step further to address the problem of political agency over digital infrastructures. By political agency, I mean the capacity of agents to create effects through direct and institutional action. I will motivate and elaborate this argument with two case studies: a struggle to shape public-private smart cities infrastructure in San Diego, as well as struggles to transform platform work conditions for Amazon Mechanical Turk workers.

Lilly Irani is an Associate Professor at University of California, San Diego (UCSD). She is author of “Chasing Innovation: Making Entrepreneurial Citizens in Modern India” (Princeton University Press, 2019) and “Redacted” (Taller California, 2021; with Jesse Marx). She is a co-founder of the digital worker advocacy organization Turkopticon.

[Séminaire #ecnEHESS] Shannon Vallor: Ethique de l’IA et dette morale des technologies (20 mai 2021, 19h)

Enseignement ouvert aux auditeurs libres. Pour s’inscrire, merci de renseigner le formulaire.

La nouvelle séance d’approfondissement de notre séminaire Étudier les cultures du numérique aura lieu en version webinaire le jeudi 20 mai 2021, de 19h à 21h. Vous pouvez suivre cette séance, organisée en collaboration avec la Gaîté Lyrique :
– sur le site de la Gaîté Lyrique
– sur Youtube
– sur Facebook

Dans ce séminaire, nous aurons l’honneur d’accueillir l’une des plus brillantes expertes de l’éthique des données et de l’IA, la philosophe Shannon Vallor, titulaire de la chaire Baillie Gifford à l’Université d’Édimbourg. Prof. Vallor présentera ses recherches sur la “dette morale technologique”. Les grandes entreprises du secteur technologique ont “emprunté” de la confiance aux publics pour développer des outils allant des algorithmes, à la reconnaissance faciale, aux dispositifs de traçage pour le Covid-19. Cette dette considérable semble désormais arrivée à échéance. De quelle manière vont-elles l’honorer ?

Dans le rôle de discutant/contrepoint, l’artiste Sam Lavigne, auteur de plusieurs projets sur la surveillance et concepteur, entre autres, du Stupid Hackaton.

La séance et les échanges seront entièrement en anglais.


Shannon Vallor (Université d’Édimbourg)

Technology’s Moral Debt

Acceder ici au streaming vidéo
Jeudi 20 mai 2021, 19h-21h

The humane future that champions of advanced technology once promised—one of greater leisure and equality, more enlightened minds and sentiments, and cleaner and healthier environments—has been indefinitely delayed. Instead, a growing ‘moral debt’ has been incurred by technologists as the environmental and social costs of 19th-20th century industrialization and 21st century computerization continue to accumulate, while compensating advantages are distributed increasingly unequally. Computing technologies are used to bridge or disguise ethical gaps in our institutions, rather than to design more ethical social systems. How does AI fit into this picture? Will we allow it to add to that increasingly unsustainable debt? Or might recent shifts in how we understand the ethical responsibilities of AI developers allow us to use it in ways that finally begin to pay down that debt, and fulfill technology’s unmet promise of a more humane world?

Shannon Vallor est philosophe et titulaire de la chaire Baillie Gifford sur l’éthique des données et de l’IA à l’Edinburgh Futures Institute. Ses recherches explorent l’impact de l’automatisation et de l’intelligence artificielle sur le caractère et les pratiques humaines. En 2015, elle a reçu le World Technology Award in Ethics. Elle est l’auteure de Technology and the Virtues: A Philosophical Guide to a Future Worth Wanting (Oxford University Press, 2016) ainsi que de nombreux articles sur l’éthique de l’IA.

[Vidéo] [Séminaire #ecnEHESS] Aux sources du du travail du clic (wébinaire A. Casilli + RYBN @ Gaîté Lyrique, 16 déc. 2020)

Notre séminaire Étudier les cultures du numérique a été à nouveau accueilli par la Gaîté Lyrique pour un événément entièrement en ligne afin de respecter les mesures sanitaires. J’ai assuré mon intervention en binôme avec le collectif artistique RYBN qui développe entre autres le projet “Human Computers”.

“Aux sources du travail du clic : automates et usines à calcul (XVIIIe-XXIe siècle)”

Antonio A. Casilli (Télécom Paris, Institut Polytechnique de Paris)

RYBN

mercredi 16 décembre 2020, 19h-21h
Lien zoom : https://us02web.zoom.us/j/82845636453?pwd=TytjQXY0MlQ0cUpuWXp0dFNuMUJiZz09

Se pencher sur l’impact actuel de l’intelligence artificielle sur la société implique d’abord qu’on analyse le “travail du clic” nécessaire pour produire de grandes bases de données qui permettent l’apprentissage machine. Myriades de travailleur•ses, souvent recruté•es par le biais de plateformes numériques spécialisées, annotent, étiquettent, corrigent et trient les données qui permettent de calibrer et de tester des solutions intelligentes. Les micro-tâches réalisées par cette force de travail invisibilisée consistent, par exemple, à étiqueter des objets sur une photographie pour entraîner des modèles de vision par ordinateur, ou à vérifier l’exactitude des transcriptions réalisée par des système de conversion de la parole en texte.

Ces tâches de calcul humain, fragmentées et déléguées à une main d’oeuvre sous-payée, pourraient sembler un phénomène récent, mais en réalité elles existent depuis plusieurs siècles. Les recherches historiques documentent la présence d’”ordinateurs humains” (human computers) avant notre époque. A la fin du XVIIIe on confiait à des chômeurs des tâches de calcul répétitives, nécessaires pour fabriquer les tables logarithmiques. Dans le courant du XIXe siècle, l’idée allait être reproduite dans d’autres domaines tels que les données météorologiques, l’analyse des transmissions électriques, l’astronomie. 

Déjà à cette époque le travail des “ordinateurs humains” oscillait entre deux modèles différents : la salle de calcul, proche du paradigme de l’usine, qui allait devenir le prototype des data center des plateformes capitalistes ; le calcul domestique, proche de la “cottage industry“, qui allait inspirer les grandes plateformes de micro-travail comme Amazon Mechanical Turk. Si ces activités de human computing ont survécu à l’essor de l’électronique et du numérique au XXe siècle, et deviennent aujourd’hui l’ingrédient secret de l’intelligence artificielle, il est urgent de les analyser en jetant un pont entre l’histoire des sciences et la sociologie des techniques.