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[Séminaire #ecnEHESS] Aux sources du du travail du clic (wébinaire A. Casilli + RYBN @ Gaîté Lyrique, 16 déc. 2020)

Enseignement ouvert aux auditeurs libres (dans la limite des places disponibles). Pour s’inscrire, merci de renseigner le formulaire. Au delà de 100 inscrits, la séance sera accessible sur la page Facebook de la Gaîté Lyrique.

Le prochain rendez-vous de notre séminaire Étudier les cultures du numérique sera à nouveau accueilli par la Gaîté Lyrique et sera entièrement en ligne afin de respecter les mesures sanitaires. Je serai en binôme avec le collectif artistique RYBN qui développe entre autres le projet “Human Computers”.

⚠️De manière exceptionnelle, cette séance de #ecnEHESS aura lieu un mercredi. Les autres séances du séminaire se dérouleront comme d’habitude un jeudi par mois de 19h à 21h. ⚠️

N’hésitez pas à faire circuler cette information au sein de vos propres contacts et sur les réseaux.

“Aux sources du travail du clic : automates et usines à calcul (XVIIIe-XXIe siècle)”

Antonio A. Casilli (Télécom Paris, Institut Polytechnique de Paris)

RYBN

mercredi 16 décembre 2020, 19h-21h
Lien zoom : https://us02web.zoom.us/j/82845636453?pwd=TytjQXY0MlQ0cUpuWXp0dFNuMUJiZz09

Se pencher sur l’impact actuel de l’intelligence artificielle sur la société implique d’abord qu’on analyse le “travail du clic” nécessaire pour produire de grandes bases de données qui permettent l’apprentissage machine. Myriades de travailleur•ses, souvent recruté•es par le biais de plateformes numériques spécialisées, annotent, étiquettent, corrigent et trient les données qui permettent de calibrer et de tester des solutions intelligentes. Les micro-tâches réalisées par cette force de travail invisibilisée consistent, par exemple, à étiqueter des objets sur une photographie pour entraîner des modèles de vision par ordinateur, ou à vérifier l’exactitude des transcriptions réalisée par des système de conversion de la parole en texte.

Ces tâches de calcul humain, fragmentées et déléguées à une main d’oeuvre sous-payée, pourraient sembler un phénomène récent, mais en réalité elles existent depuis plusieurs siècles. Les recherches historiques documentent la présence d’”ordinateurs humains” (human computers) avant notre époque. A la fin du XVIIIe on confiait à des chômeurs des tâches de calcul répétitives, nécessaires pour fabriquer les tables logarithmiques. Dans le courant du XIXe siècle, l’idée allait être reproduite dans d’autres domaines tels que les données météorologiques, l’analyse des transmissions électriques, l’astronomie. 

Déjà à cette époque le travail des “ordinateurs humains” oscillait entre deux modèles différents : la salle de calcul, proche du paradigme de l’usine, qui allait devenir le prototype des data center des plateformes capitalistes ; le calcul domestique, proche de la “cottage industry“, qui allait inspirer les grandes plateformes de micro-travail comme Amazon Mechanical Turk. Si ces activités de human computing ont survécu à l’essor de l’électronique et du numérique au XXe siècle, et deviennent aujourd’hui l’ingrédient secret de l’intelligence artificielle, il est urgent de les analyser en jetant un pont entre l’histoire des sciences et la sociologie des techniques.

[Séminaire EHESS] « Cabinet de curiosité du trading algorithmique » (18 juin 2013, 17h)

Pour la dernière séance de l’édition 2012/13 de mon séminaire Étudier les cultures du numérique : approches théoriques et empiriques, nous avons accueilli le collectif RYBN, “plateforme de recherche artistique extradisciplinaire”, pour une séance spéciale : un regard d’artiste(s) sur l’automatisation des marchés boursiers, son histoire, son évolution et ses risques.

Le séminaire a eu lieu le mardi 18 juin 2013 en salle 5, EHESS, 105 bd. Raspail, Paris.

TITRE : « Cabinet de curiosité du trading algorithmique »

INTERVENANT : RYBN.ORG

RESUMÉ : Tout au long de l’histoire des marchés financiers, de nombreuses stratégies ont été développées pour analyser, comprendre et prédire l’évolution des prix, afin d’en tirer des profits substantiels. Les connaissances des acteurs traditionnels des marchés – traders, cambistes, courtiers, agents de change, … – ont donné naissance à des méthodes empiriques versant parfois dans l’ésotérisme le plus total, comme le Chartisme ou l’Astrotrading. En rupture avec ces méthodologies, Louis Bachelier introduit en 1900 le mouvement Brownien dans les calculs financiers, et opère un changement radical d’approche, qui va progressivement placer les marchés sous le règne de la cybernétique. En observant certains événements récents, symptomatiques de cette transformation – le Flashcrash, le Knightmare et le Hashcrash – et les mécanismes qui en sont à l’origine, il s’agira d’affirmer le caractère techno-chamanique de la finance, et la dimension mythologique des dogmes qui fondent son pouvoir.

Articles de références :

Donald MacKenzie (2011) How to Make Money in Microseconds, London Review of Books, 33 (10): 16-18.

Nicholas Knouf (2013)  The Noises of Finance, Sounding Out!, 22 avril.

Fenwick McKelvey, Matthew Tiessen & Luke Simcoe (2013) We are what we tweet: The Problem with a Big Data World when Everything You Say is Data Mined, Culture Digitally, 3 juin.

AP Twitter Hack Claims Obama Injured In White House Explosion, The Huffington Post Canada, 23 avril.

 

Slides des séances précédentes :

* 20 novembre 2012 : Antonio A. Casilli, Lien social et vie privée à l’heure des médias sociaux.

* 18 décembre 2012 : Bruno Vétel, Serveurs dissidents : jeux vidéo en ligne et cybercriminalisation.

* 15 janvier 2013 : Éric Dagiral et Sylvain Paraisie, Des machines à scandale : vers une sociologie morale des bases de données.

* 19 février 2013 : Dana Diminescu et Sabrina Marchandise, Internet : un monde migrant.

* 19 mars 2013 : André Gunthert, Sous le radar. Un bilan de la ‘révolution des amateurs’.

* 23 avril 2013 : Fred Pailler, Porno et/ou rencontre en ligne.

* 28 mai 2013 : Paola Tubaro Pro-ana : réseaux sociaux et troubles alimentaires.