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[Vidéo] [séminaire #ECNEHESS] Angèle Christin (ft. Berlin Tech Workers Coalition) : “De l’éthique à l’ethnographie des algorithmes” (wébinaire, 11 mars 2021, 19h)

La quatrième séance d’approfondissement de notre séminaire #ecnEHESS Étudier les cultures du numérique (organisée en collaboration avec la Gaîté Lyrique) a eu lieu en version wébinaire le jeudi 11 mars 2021, de 19h à 21h. Les échanges se sont déroulés en anglais.

Dans ce séminaire, Angèle Christin (Université Stanford), auteure entre autres de Metrics at Work. Journalism and the Contested Meaning of Algorithms (Princeton University Press, 2020) plaide pour l’articulation entre grands principes de l’éthique des algorithmes et observation ethnographique de leur conception et usages afin de prendre en compte leurs conséquences sociales inattendues.

Dans le rôle de discutant/contrepoint, le militant Yonatan Miller, membre de la Berlin Tech Workers Coalition, organisation de protection des droits des travailleurs du secteur technologique.

⚠️ La séance a eu lieu en distanciel sur Plein Écran, la plateforme de vidéoconférences de la Gaîté Lyrique : https://gaite-lyrique.net/plein-ecran/contenu/les-algorithmes-en-pratiques-de-lethique-a-lethnographie ⚠️


Les algorithmes en pratiques: De l’éthique à l’ethnographie

Angèle Christin (Université Stanford)

Les recherches actuelles sur les algorithmes et l’intelligence artificielle articulent d’importantes critiques concernant l’opacité, la discrimination et la surveillance que ces formes technologiques représentent et amplifient. Suite à ces critiques, de nombreux travaux ont apellé au développement d’une “éthique des algorithmes” autour de concepts comme “fairness, accountability, and transparency”. Angèle Christin soutient ici qu’en plus de ces critiques, qui portent principalement sur les instruments eux-mêmes, il est essentiel de réinscrire les algorithmes dans une analyse fine des usages afin de mieux comprendre leurs effets problématiques sur le monde social. En particulier, nous devons inscrire explicitement les algorithmes dans la recherche ethnographique, qui peut faire la lumière sur leurs aspects inattendus. La présentation illustre ces points à partir d’une recherche ethnographique sur les algorithmes prédictifs dans la justice pénale américaine. Angèle Christin conclut en discutant des implications de cette boîte à outils pour l’étude des systèmes sociotechniques. 

[Video] Intervista in “Wonderland” (Rai 4, 9 mar. 2021)

Guarda la trasmissione su RaiPlay.

La relazione tra lavoro e tecnologia è stata spesso al centro delle visioni fantascientifiche del ‘900, dapprima in una visione utopistica con la costruzione di macchine destinate a sgravare l’uomo dalla fatica e, successivamente, in chiave distopica, imbrigliata in modelli capitalistici che disumanizzano e sviliscono molte pratiche lavorative del XXI° secolo. Nell’era dell’evoluzione della robotica e dell’intelligenza artificiale, per riflettere su questo argomento, la puntata di “Wonderland” in onda martedì 9 marzo in seconda serata alle 23.25 su Rai4 (canale 21 del digitale terrestre) ha sentito i punti di vista dell’economista americano Richard Baldwin, fiducioso dell’impatto a lungo termine sul lavoro dello sviluppo tecnologico, e del sociologo Antonio Casilli che, al contrario, ha una visione critica del modello di lavoro su cui si basano le grandi piattaforme digitali. 

[Video] Presentazione del libro “Schiavi del clic” al Nexa Center for Internet & Society (Politecnico di Torino, 23 ott. 2020)

Clicca qui per la presentazione dell’evento.

“Schiavi del clic” (Feltrinelli 2020), traduzione italiana di “En attendant les robots” (Seuil 2019, Premio Écrit Social e Gran Premio Protection Sociale 2019), presenta una critica della profezia distopica della “fine del lavoro” nel contesto del trionfo dell’intelligenza artificiale. L’automazione attuale è basata su masse enormi di dati, dati prodotti da esseri umani. Non si tratta di ingegneri né di data scientists, ma di lavoratori precari e invisibili che costituiscono l’esercito industriale di riserva delle piattaforme digitali. 

In alcuni casi, questi “operai del clic” non sono remunerati, come gli utenti dei social. In altri, si tratta di cottimisti pagati qualche centesimo, come i micro-lavoratori e i click-farmersnei paesi del Sud globale. In altri casi ancora, sono i precari dell’economia dei lavoretti: dietro la facciata dei servizi di trasporto e di consegna, il lavoro degli autisti di Uber o dei ciclo-fattorini di Glovo consiste principalmente nel produrre dati che “addestrano” algoritmi o migliorano veicoli a guida autonoma. 

Per produrre le soluzioni di machine learning servono milioni di lavoratori che preparano i dati, verificano i risultati, e a volte impersonano le intelligenze artificiali stesse, secondo la celebre promessa di produrre della artificial intelligence fatta da Jeff Bezos in occasione del lancio del servizio Amazon Mechanical Turk.

Basandosi su anni di studi della sua equipe all’Institut Polytechnique de Paris e di suoi colleghi membri dell’International Network on Digital Labor, l’autore mostra con ricchezza di esempi, come l’automazione non sia un destino ineluttabile, ma una scelta ideologica che serve per disciplinare una forza lavoro globale sempre più imponente—e in cerca di riconoscimento.

Biografia:

Antonio A. CASILLI è professore ordinario di sociologia alla Telecom Paris, scuola di ingegneria delle telecomunicazioni dell’Institut Polytechnique de Paris. Dal 2007 coordina il seminario “Studiare le culture digitali” all’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS). È fra i fondatori dell’INDL (International Network on Digital Labor). Fra i suoi libri, tradotti in diverse lingue: Schiavi del clic (Feltrinelli, 2020); Trabajo, conocimiento y vigilancia (Editorial del Estado, 2018); Against the hypothesis of the end of privacy (con P. Tubaro e Y. Sarabi, Springer, 2014); Les Liaisons numériques (Editions du Seuil, 2010).

Lettura consigliata:

  • Antonio A. Casilli, Schiavi del clic. Perchè lavoriamo tutti per il nuovo capitalismo?, Feltrinelli, Milano, 2020.

[Vidéo] Séminaire Web “Petits déjeuners Durkheim” (29 mai 2020)

Une séance animée par Florent Le Bot, IDHES, université d’Evry, organisée avec Nathalie Barnault (Bibliothèque Durkeim, ENS Paris-Saclay) et réalisée en webconférence par la MSH Paris-Saclay.

Antonio Casilli nous présente son livre « En attendant les robots. Enquête sur le travail du clic » paru aux Éditions du Seuil, 2019. Avec en discutant Alexandre Moatti

Professeur à Télécom Paris et chercheur à l’UMR i3 (CNRS / X, Mines ParisTech, Télécom Paris), Antonio Casilli aborde les enjeux du numérique en sociologue. A la suite de projets de recherche qu’il a coordonnés sur les réseaux sociaux en ligne, la santé et la vie privée, il s’est intéressé au « travail du clic » (digital labor) promu par les plateformes numériques. Lauréat d’un appel à workshops de la MSH Paris-Saclay en 2017, il a été la même année lauréat d’un appel à projets Maturation avec le projet DipLab (pour Digital Platform Labor), lequel vise à rendre visible et organiser le micro-travail à l’œuvre sur les plateformes numériques, à partir d’approches interdisciplinaires. Ce projet a fait l’objet d’une conférence internationale organisée en juin 2019 avec France Stratégie.

En attendant les Robots :

L’essor des intelligences artificielles réactualise une prophétie lancinante : avec le remplacement des êtres humains par les machines, le travail serait appelé à disparaître. Si certains s’en alarment, d’autres voient dans la « disruption numérique » une promesse d’émancipation fondée sur la participation, l’ouverture et le partage. Les coulisses de ce théâtre de marionnettes (sans fils) donnent cependant à voir un tout autre spectacle. Celui des usagers qui alimentent gratuitement les réseaux sociaux de données personnelles et de contenus créatifs monnayés par les géants du Web. Celui des prestataires des start-ups de l’économie collaborative, dont le quotidien connecté consiste moins à conduire des véhicules ou à assister des personnes qu’à produire des flux d’informations sur leur smartphone. Celui des microtravailleurs rivés à leurs écrans qui, à domicile ou depuis des « fermes à clic », propulsent la viralité des marques, filtrent les images pornographiques et violentes ou saisissent à la chaîne des fragments de textes pour faire fonctionner des logiciels de traduction automatique. En dissipant l’illusion de l’automation intelligente, Antonio Casilli fait apparaître la réalité du digital labor : l’exploitation des petites mains de l’intelligence « artificielle », ces myriades de tâcherons du clic soumis au management algorithmique de plateformes en passe de reconfigurer et de précariser le travail humain.