Monthly Archives: September 2010

Globe Genie : Google lance-t-il un nouveau service de téléportation ?

Globe Genie est une application qui « téléporte » ses utilisateurs vers des points au hasard de la planète. Quelques cases à cocher, une petite carte de Google Maps pour s’orienter et un paysage tiré au hasard de Google Street View. Et surtout, un bouton « Shuffle », pour aller ailleurs, n’importe où. Une interface ‘naïve’, pour un résultat décidément captivant. C’est un peu comme Chatroulette, mais en moins sexe ; comme StumbleUpon, mais en plus poétique. On peut y passer des heures, en imaginant de se matérialiser aux quatre coins du monde. Tantôt, au Finlande, d’un matin de printemps…

..tantôt, d’une nuit d’été, au fin fond du Iowa.

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Interview d'Antonio Casilli dans InternetActu : "Le Web reconfigure notre manière d'être en société"

Hubert Guillaud du portail d’actualité InternetActu.net rencontre Antonio Casilli lors de la sortie en librairie de son nouvel ouvrage Les liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ? L’occasion pour approfondir certains des thèmes abordés dans le livre, ainsi que pour annoncer d’autres recherches en cours. La reconfiguration des espaces sociaux provoquée par l’essor des technologies de l’information et de la communication a des effets importants sur nos modalités actuelles de “faire société”. Les rapports sociaux et l’engagement politique s’adaptent à ces changements. Non pas une “révolution numérique”, comme le voudraient les thuriféraires du Web à tout prix, mais une manière de s’approprier ces dispositifs pour en faire des “prétextes culturels”.

“Il y a une ambition d’usage des technologies qui va dans ce sens, qui a pour but de moins subir notre positionnement primaire au profit d’un positionnement de choix.

C’est tout l’enjeu de la question de l’homophilie. En sociologie, l’homophilie est un discours déterministe qui dit qu’on a tendance à s’associer à des gens avec lesquels on partage des formes de complémentarité liée à la langue, au sexe, au niveau culturel ou à l’ethnicité… Dans l’étude de l’amitié comme processus social, on a longtemps pensé que les gens évoluaient dans leur amitié par sexe, même milieu géographique, social, etc. Or, avec l’internet on arrive à créer des zones de meilleure maîtrise de ce positionnement”.

Dans Sud Ouest Dimanche (5 septembre 2010)

L’ouvrage d’Antonio Casilli, Les liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ? est présenté dans Sud Ouest, le journal de Bordeaux et de sa région.

“On glose beaucoup sur la révolution numérique. Antonio A. Casilli s’intéresse aujourd’hui aux sociabilités numériques vues sous trois angles : espace, corps et lien social. Ces trois thèmes ont en commun d’avoir suscité de nombreux fantasmes. Chercheur au Centre Edgar-Morin de l’EHESS, où il enseigne la socioanthropologie des usages informatiques, Antonio Casilli s’emploie à détruire les mythes qui ont prospéré sur les ruines du monde qui s’écroulait. Cela ne le conduit pas à faire l’impasse sur les dangers qui se nichent dans le numérique. Mais plutôt à les relativiser : ‘Avec ces périls, écrit-il, les citoyens actuels reçoivent aussi un nouvel assortiment de possibilités, tant sur le plan personnel que collectif’. Ce qui signifie que les (bonnes) surprises restent toujours possibles”.

When you listen to Russian music, you are downloading anarchy (Sociological Songs Special)

Let’s try something different: a Sociological Songs Special, completely focusing on a single band. And the band is Grazhdanskaya Oborona (Гражданская Оборона, “Civil Defense” in Russian), a landmark USSR punk number from the 1980s [1]. Now I know what you think. But please, suspend your disbelief. The former Soviet Union had, despite repression, a flourishing punk scene. Just have a look at this picture gallery of retro-crested, mirror-shaded, pin-pierced vodka-drinking rockers. Then we’ll talk. And as we are talking, please also have a look at this impressive media archive, where you can download an incredible amount of original recordings, bootlegs, and pictures.

As legend has it, Grazhdanskaya Oborona was the mindchild of Yegor Letov (1964-2008), the self-styled “psychedelic” poet and musician from Omsk, Siberia. Letov always had a talent for controversy. Which might explain why he started his career as an anarchist under a communist regime and ended up, after the fall of the Berlin wall, founding the National Bolshevik Party, a right-wing/left-wing (?) political organization whose symbol is everything but unequivocal. But this is a story for another time…

Like for many other punk bands, Grazhdanskaya Oborona’s songs were a mix of hard rock, noise, ska (sometimes), and unbecoming lyrics. A good example is probably the ironical (and definitely NSFW) винтовка – это праздник (The rifle, what a party)

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'Ex(c)u(sez)-moi': Une vidéo-performance de Roberto Clemente inspirée par 'Les liaisons numériques'

L’artiste italien Roberto Clemente inaugure la rubrique ‘Les liaisons artistiques’. Sa vidéo-performance Ex(c)usez-moi accompagne le chapitre “Conclusions. Le chapeau d’Exu”, extrait du livre Les liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ? d’Antonio A. Casilli. (Pour lire le chapitre, cliquez ici).

“Roberto Clemente est un ami de vieille date. Nous avons déjà eu l’occasion de travailler ensemble, il y a presque dix ans, pour une revue libertaire en ligne… Depuis, la revue s’est perdue dans les méandres d’Internet, mais l’amitié est restée intacte. Comme tous les invités des ‘Liaisons artistiques’, Clemente s’est prêté au jeu de concevoir une oeuvre d’art à partir de l’un des chapitres de Les liaisons numériques. Il s’agit de l’histoire d’Exu, que je relate à la fin du livre. Exu est le dieu afro-brésilien de la communication et du malentendu, le dieu de l’amitié et de la tromperie. Quel meilleur candidat pour le titre de divinité tutélaire du Web ? La vidéo restitue toute l’intensité et tout le mystère de ce récit, tel qu’il m’avait été raconté par un vendeur de figurines votives d’un marché populaire de Sao Paulo”. —a

Bio

Roberto Clemente (1965) est un artiste, designer et directeur artistique italien. Diplômé de l’Académie des Beaux Arts de Rome, il a vécu et travaillé à Londres avant de s’installer à Milan. Ses travaux de graphisme et d’animation sont disponibles sur http://www.robertoclemente.it. L’album Flickr de ses toiles, est accessible à cette adresse.

Extraits vidéo



Ce qui se passe…

Dear all,
d’abord, ce qui se passe : je suis super-chargé – dernières heures avant la parution de Les liaisons numériques, mon nouveau livre en librairie demain. Trois cent trente-quatre pages (décidément j’ai le don de la synthèse) pour montrer comment, pourquoi, et jusqu’à quel point le Web reconfigure notre manière de “faire société”.  Si vous avez échappé à ceux qui en parlaient sur Twitter (bien sûr, attisés par Votre Dévoué;), ou à la radio, ou dans la presse – vous avez par contre remarqué que désormais ce blog est associé à un site web entièrement consacré au livre : http://www.liaisonsnumeriques.fr a vu le jour grâce à l’aide précieuse de Mick et de Gaspard B (thank you, guys !).

Donc, ce qui va se passer : dorénavant, toute actu liée au livre et tout le côté “public” de mon activité sera traité sur Liaisonsnumeriques.fr, tandis que Bodyspacesociety.eu deviendra surtout un blog d’approfondissement (avec un peu plus de place pour mes coups de coeur – vous allez voir dans quelques jours, avec la prochaine Super Sunday Sociological Song). Comme l’indiquent les extensions des domaines, le site du livre sera exclusivement en français, alors que le blog continuera à être joyeusement multilingue. Voilà, that’s all folks : bonne lecture !

—a