algorithms

[Séminaire EHESS] « Cabinet de curiosité du trading algorithmique » (18 juin 2013, 17h)

Pour la dernière séance de l’édition 2012/13 de mon séminaire Étudier les cultures du numérique : approches théoriques et empiriques, nous avons accueilli le collectif RYBN, “plateforme de recherche artistique extradisciplinaire”, pour une séance spéciale : un regard d’artiste(s) sur l’automatisation des marchés boursiers, son histoire, son évolution et ses risques.

Le séminaire a eu lieu le mardi 18 juin 2013 en salle 5, EHESS, 105 bd. Raspail, Paris.

TITRE : « Cabinet de curiosité du trading algorithmique »

INTERVENANT : RYBN.ORG

RESUMÉ : Tout au long de l’histoire des marchés financiers, de nombreuses stratégies ont été développées pour analyser, comprendre et prédire l’évolution des prix, afin d’en tirer des profits substantiels. Les connaissances des acteurs traditionnels des marchés – traders, cambistes, courtiers, agents de change, … – ont donné naissance à des méthodes empiriques versant parfois dans l’ésotérisme le plus total, comme le Chartisme ou l’Astrotrading. En rupture avec ces méthodologies, Louis Bachelier introduit en 1900 le mouvement Brownien dans les calculs financiers, et opère un changement radical d’approche, qui va progressivement placer les marchés sous le règne de la cybernétique. En observant certains événements récents, symptomatiques de cette transformation – le Flashcrash, le Knightmare et le Hashcrash – et les mécanismes qui en sont à l’origine, il s’agira d’affirmer le caractère techno-chamanique de la finance, et la dimension mythologique des dogmes qui fondent son pouvoir.

Articles de références :

Donald MacKenzie (2011) How to Make Money in Microseconds, London Review of Books, 33 (10): 16-18.

Nicholas Knouf (2013)  The Noises of Finance, Sounding Out!, 22 avril.

Fenwick McKelvey, Matthew Tiessen & Luke Simcoe (2013) We are what we tweet: The Problem with a Big Data World when Everything You Say is Data Mined, Culture Digitally, 3 juin.

AP Twitter Hack Claims Obama Injured In White House Explosion, The Huffington Post Canada, 23 avril.

 

Slides des séances précédentes :

* 20 novembre 2012 : Antonio A. Casilli, Lien social et vie privée à l’heure des médias sociaux.

* 18 décembre 2012 : Bruno Vétel, Serveurs dissidents : jeux vidéo en ligne et cybercriminalisation.

* 15 janvier 2013 : Éric Dagiral et Sylvain Paraisie, Des machines à scandale : vers une sociologie morale des bases de données.

* 19 février 2013 : Dana Diminescu et Sabrina Marchandise, Internet : un monde migrant.

* 19 mars 2013 : André Gunthert, Sous le radar. Un bilan de la ‘révolution des amateurs’.

* 23 avril 2013 : Fred Pailler, Porno et/ou rencontre en ligne.

* 28 mai 2013 : Paola Tubaro Pro-ana : réseaux sociaux et troubles alimentaires.

Séminaire EHESS de Dominique Cardon “Anthropologie de l’algorithme de Google” (16 mai 2012, 17h)

[UPDATE 20.05.2012 : un compte rendu très détaillé, proposant une discussion des sujets traités dans ce séminaire, est désormais disponible en ligne sur le blog Odyssée de Philippe Ameline.]

Dans le cadre du séminaire EHESS Étudier les cultures du numérique : approches théoriques et empiriques nous avons eu le plaisir et l’honneur d’accueillir Dominique Cardon, sociologue au Laboratoire SENSE (Orange Labs), chercheur associé au Centre d’études des mouvements sociaux (CEMS/EHESS), animateur de la revue Réseaux et auteur de La Démocratie Internet. Promesses et limites (Seuil, 2010).

Le séminaire a eu lieu le mercredi 16 mai 2012, de 17 h à 19 h (salle 587, salle du conseil A, R -1, bât. Le France, 190-198 av de France 75013 Paris).

Dans l’esprit du PageRank. Un essai d’anthropologie de l’algorithme de Google

Dans cette communication, on proposera une réflexion sur les propriétés organisationnelles, et notamment algorithmiques, de l’espace public numérique. En adaptant au contexte de l’Internet le débat posé par Jürgen Habermas sur les caractéristiques d’une discussion publique argumentée et rationnelle, on s’attachera à décrire les différents formats d’organisation de l’expression et de la discussion sur Internet, en portant une attention particulière aux algorithmes permettant de hiérarchiser les informations. Les pionniers de l’Internet ont donné au réseau des réseaux une utopie fondatrice : celle de remplacer le classement a priori des informations par un cercle restreint de gatekeepers (journalistes et éditeurs) par une hiérarchisation a posteriori des informations par les internautes eux-mêmes. Parfois entendue sous le nom de “sagesse des foules” ou de “miracle de l’agrégation”, cette idée d’une auto-organisation des jugements des internautes permettant de trier et de hiérarchiser le web ne peut se réaliser que grâce à un ensemble d’artefacts permettant de calculer, trier et représenter les informations selon un ordre propre. On fera l’hypothèse que cinq principes différents de classement des informations sont aujourd’hui en compétition sur le web : l’éditorialisation, l’autorité, l’audience, l’affinité et la vitesse. En développant l’exemple du PageRank de Google, on s’attachera à rendre compte de la mise en place d’une métrique particulière de l’autorité sur le web, avant de s’interroger sur les tensions que lui font aujourd’hui subir d’autres principes d’organisation de l’information, comme l’affinité et la vitesse.

Quelques lectures :

– Diaz, Alejandro M., Through the Google Goggles: Sociopolitical Bias in Search Engine Design, Thesis, Stanford University, May 2005.

– Hindman, Matthews, The Myth of Digital Democracy, Princeton, Princeton University Press, 2009.

– Introna, Lucas D. & Helen Nissenbaum, “Shaping the Web: Why the politics of search engines matters”, The Information Society, vol. 16, 2000, pp. 169-185.

(more…)

Antidatamining, or the art of killing financial markets a little every day

All throughout the month of February 2012 the Net artist collective RYBN is in residence at the Gaîté Lyrique, one of the hotbeds of the emerging art & technology scene in Paris. If you are in the French capital, I highly recommend paying them a visit.

I became acquainted with RYBN last year, when I met some of its members at a conference at the French National Library where I was delivering the closing speech, while they had presented their most recent project, Antidatamining VIII. ADMVIII (for short) is a trading bot, i.e. an artificial intelligence making real investments on real stock exchanges, collecting data and impacting financial markets worldwide. The bot monitors and maps data flows to create real-time digital visualizations such as charts, soundscapes, and timelines. It has an online page (where you can see how well it is doing, its net liquidity, the value of its shares, etc.) and a Twitter account providing details about ongoing orders.

Source: Antidataminig – Offshoring map visualization

ADMVIII is not your run-of-the-mill social commentary about market greed and pervasive financial panic in modern life. The goal of the project is to detect economic imbalances and discrepancies introduced by robot trading. As the bot actually executes buy and sell orders online, it represents a détournement of automatic trading technologies. As such it is intended to highlight their social consequences – and their potential disasters.

(more…)