art

"Les mondes virtuels sont des empires cachés" : vidéo de Marco Vaglieri pour 'Les liaisons numériques'

Chaque nouvelle contribution dans la rubrique ‘Les liaisons artistiques’ propose une œuvre liée à l’ouvrage Les liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ? (Seuil, 2010) d’Antonio Casilli. Aujourd’hui nous sommes honorés d’accueillir l’artiste Marco Vaglieri avec son Studio (Towards the Hidden Empire), une vidéo-performance d’exception.

« Très tôt, on a cherché à inscrire le travail de Marco Vaglieri dans l’esthétique relationnelle théorisée par Nicolas Bourriaud. Très tôt, il a pris ses distances avec cette mouvance. Mais il ne nie pas son intérêt marqué pour l’exploration des limites des conventions sociales – et des comportements qui les défient. Dans Towards the Hidden Empire il restitue le sens d’une interaction avec un Autre spectral, dans un espace artificiellement poli. Qu’est-ce que cet « empire caché » ? Une Seconde Vie qu’il faut aménager et traverser ? Les différentes phases de la vidéo-performance (embarking, positioning oneself, appearance, criticality…) renvoient aux phases de l’interaction dans les mondes en ligne (inscription, positionnement, personnalisation, commentaires…). Sans doute il s’agit d’un dispositif en même temps cognitif et physique – virtuel, parce qu’en train de se manifester en puissance – où se projettent des désidératas sociaux. Et qui est son habitant, seul et multiple ? C’est peut-être à cause d’une certaine ressemblance avec l’acteur Gino Paccagnella, son interprète – mais j’ai envie de dire : ce pourrait être moi-même. Ou n’importe qui d’autre. » —a

Bio

Marco Vaglieri (1959) vit et travaille à Oslo, Norvège. Depuis 1993 il expose régulièrement dans des galeries internationales. Sa recherche se concentre actuellement sur l’usage du texte dans le dispositif théâtral. Les espaces deviennent des scènes ou des plateaux de cinéma où l’on traite, parfois avec une ironie surréelle, la religion, la guerre, l’économie, l’art, les réseaux. Parmi ses expositions individuelles les plus récentes : Studio (2010 Kunstnernes Hus, Oslo) ; Metafisica della carne (2008 Galleria Milano, Milan) ; Her er han ikke længere (2005, Rum 46, Aarhus, Danemark).

Extraits vidéo

Swiss Electro : la bande son de vos séances techno-nostalgie ('Les liaisons artistiques')

Notre rubrique ‘Les liaisons artistiques’ se poursuit avec deux compositions originales du musicien suisse Dave Core inspirées par le livre Les liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ? (Seuil, 2010) d’Antonio A. Casilli.

“A partir des années 1980, les ordinateurs ont abandonné les bases militaires et les centres industriels, pour s’installer dans les maisons des particuliers. Depuis leur ‘domestication’ ils s’inscrivent dans le vécu de leurs utilisateurs. Qui n’est pas saisi, en se rappelant d’une vieille console de jeu ou de son premier ordi, par une véritable nostalgie technologique ? C’est le cas de Pauline, la protagoniste de mon chapitre ‘Enfants de l’ordinateur’ qui explique comment l’arrivée de son premier micro-computer a modifié ses rythmes de vie et les espaces mêmes de sa maison. Les sons 8-bit de Dave Core pourraient être la bande son idéale pour son récit : des compositions électro-vintage qui méalangent chiptune et synthétiseurs outranciers. Si Marcel Proust était vivant aujourd’hui, sa madeleine serait un Game Boy” —a

Dave Core – K-beat

[audio:http://dl.dropbox.com/u/10267886/1%20K-Beat.mp3 |titles=K-beat |artists=DaveCore]

Dave Core – Long Night

[audio:http://dl.dropbox.com/u/10267886/2%20Long%20Night.mp3 |titles=Long Night |artists=DaveCore]

Bio

Co-fondateur du label d’électro kône records (Genève), DaveCore a été influencé très tôt par les soundchip et la musique de Kraftwerk, qu’il a très tôt rejoué sur son premier instrument, un vieux clavier Casio. Il se produit seul en live en distillant savament ses sons éléctros teintés de chaudes basses 80’s et de bons vieux sons 8bits. Sa discographie comprend deux EP, Run! (2002) et Cyprine (2003), parus sur le label kône records. Un nouvel EP est attendu pour fin 2010.

Pour continuer l’écoute

Vous pouvez écouter les dernières créations de Dave Core et des autres artistes kône records, en libre accès sur le site du label indépendant genevois.

'Ex(c)u(sez)-moi': Une vidéo-performance de Roberto Clemente inspirée par 'Les liaisons numériques'

L’artiste italien Roberto Clemente inaugure la rubrique ‘Les liaisons artistiques’. Sa vidéo-performance Ex(c)usez-moi accompagne le chapitre “Conclusions. Le chapeau d’Exu”, extrait du livre Les liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ? d’Antonio A. Casilli. (Pour lire le chapitre, cliquez ici).

“Roberto Clemente est un ami de vieille date. Nous avons déjà eu l’occasion de travailler ensemble, il y a presque dix ans, pour une revue libertaire en ligne… Depuis, la revue s’est perdue dans les méandres d’Internet, mais l’amitié est restée intacte. Comme tous les invités des ‘Liaisons artistiques’, Clemente s’est prêté au jeu de concevoir une oeuvre d’art à partir de l’un des chapitres de Les liaisons numériques. Il s’agit de l’histoire d’Exu, que je relate à la fin du livre. Exu est le dieu afro-brésilien de la communication et du malentendu, le dieu de l’amitié et de la tromperie. Quel meilleur candidat pour le titre de divinité tutélaire du Web ? La vidéo restitue toute l’intensité et tout le mystère de ce récit, tel qu’il m’avait été raconté par un vendeur de figurines votives d’un marché populaire de Sao Paulo”. —a

Bio

Roberto Clemente (1965) est un artiste, designer et directeur artistique italien. Diplômé de l’Académie des Beaux Arts de Rome, il a vécu et travaillé à Londres avant de s’installer à Milan. Ses travaux de graphisme et d’animation sont disponibles sur http://www.robertoclemente.it. L’album Flickr de ses toiles, est accessible à cette adresse.

Extraits vidéo



"I sing the body suspicious", genetic scientist says

by Antonio A. Casilli (Centre Edgar-Morin, EHESS) [1]

If you are willing to venture off the beaten tracks, Paris art scene might still meet your expectations in terms of authentically thought-provoking experiences. As part of the Swedish Institute’s festival “Hors les murs”, Mildred Simantov and Nils Thornander have designed Information Partielle. Definitely an exclusive exhibition: it is accessible only by appointment and it takes place in a private apartment in the northern part of the French capital. The exhibition is on until March 26, 2010, and it’s worth an hour of your oh so precious time. Just drop a line to the following email address: sanzokuhnam@orange.fr. Don’t forget to mention you are a proud reader of Bodyspacesociety. Not only that will improve your chances of getting in – that’ll also provide you with an interpretative frame-set to help you navigate through this most disparate collection of objects.

Mildred Simantov et Nils Thornander (c) Alexandre Callay

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"Jamais-toujours": an experiment in urban writing

by Antonio A. Casilli (Centre Edgar-Morin, EHESS) [1]

First off, the big news: Marianne Heier‘s exhibition Jamais-Toujours is now on at the Stenersen Museum, Oslo, Norway. It runs from January 14th to March 14th, 2010. If you are around, definitely go! If you are not, tell, tweet, email your friends who might be around – to definitely go!

Last time we met in Paris, Marianne Heier and Marco Vaglieri (her “partner in crime” and, incidentally, the gentleman you see writing in this picture) explained to me the central piece to the exhibition is a video-photo installation containing a reference to the famous graffiti “Don’t ever work” – Ne travaillez jamais – which philosopher Guy Debord inscribed on a wall in rue de Seine, somewhere in the 1950s. Marianne’s work has thus to be regarded as a détournement/reversal of the situationist slogan, a bitter commentary to the failure of a political attempt to “free men from labour”.

In this sense, one can understand the artist’s statement as to how the title “Never-Always” must “be read as a testimony of how the relation between production and investments has changed” since the post-WWII European youth movements. But Marianne Heier’s installation also plays out as an archeology of urban writing, one of the most relevant forms of expression within these movements. Jamais-Toujours is based on thorough bibliographical and fieldwork research in order to track down the exact address, down to the very same portion of the wall where Debord first wrote his situationist slogan – and to replace it by its contemporary actualization. Ironically, the immediacy, the quest for authenticity, the desire to represent “life as it is” which initially motivated these forms of écriture urbaine is here replaced by painstaking attention to the design of an artistic experience whose features and competencies match those required by – well, work.

"How come it's BLUE?" The origins of James Cameron's Avatar

By: Antonio A. Casilli (Centre Edgar-Morin, EHESS, Paris) [1]

By now you all must have a pretty clear opinion of James Cameron’s Avatar. Is it the new Star Wars? Or is it just another CGI-ridden crapbuster movie? You are entitled to your own opinion. As I am not a film critic, my job is not to change it. What this movie represents to me, and to many a colleague of mine, is a chance to resuscitate some forgotten pieces of cultural analysis written in the last 15 years – approximatively the time this movie has been in the making. As a concept, the avatar has a long history.

Visual genealogy: left The Lawnmower Man (1992); right Avatar (2009)

And a long history also means a lot of bibliographic references. And some of them still come handy to understand what the hell Cameron’s film is about. It’ like a garage sale, where I give away those old records I used to cherish a lot, so that some freshman neighbour with deejaying penchants can make a mashup mp3 out of them.

A few years ago, for example, the French journal Communications published an article of mine whose title, quite self-explanatorily, would read something like: Blue Avatars, about three strategies of cultural borrowing at the heart of computer culture.

ResearchBlogging.org
Antonio A. Casilli (2005). Les avatars bleus, Autour de trois stratégies d’emprunt culturel au cœur de la cyberculture. Communications, 7 (1), 183-209

Yeah, well… maybe not that self-explanatorily, after all. Anyhow, in this article I gave form to a socio-visual genealogy of the avatar, as one of the main archetypes of contemporary culture.

Now I assume some of you don’t speak French. Also, some simply can’t be bothered to go through 30 pages of socio-babbling. So here I provide a summary of the main results of the article.

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Soirée-débat "Science et Art"

L’émission radiophonique Recherches en cours en collaboration avec le centre d’art et de recherche Betonsalon, organise une soirée-débat consacrée à la relation entre Art&Science.

Intervenants: Monique Sicard (CNRS, spécialiste des rélations entre Art et Science), Emmanuel Rebus (Artiste/Mathématicien), Eduardo Kac (plasticien du vivant) et Gérard Azoulay (directeur de l’Observatoire de L’espace du CNES) dans le studio-radio éphémère réalisé par le collectif  Marcello&Fils.

Lundi 9 novembre 2009
18h30-23h30
Betonsalon
9 esplanade Pierre Vidal-Naquet
Halle aux Farines – Campus PRG
75013 Paris, France

Présenté au Paris Atopic Festival le premier film machinima de l'histoire du cinéma

Hier a eu lieu la soirée de gala de l’Atopic Festival, à la cité de Sciences et de l’Industrie de Paris. Sous la coupole de la Géode on a assisté à la remise des prix pour la Fête du Machinima. A signaler L’Hôtel Episode 1 de Benjamin Nuel (court-métrage surréel et spirituel, premier lauréat du prix) et The body is obsolete de Chantal Harvey et Stelarc (troisième classé, un remix de certains des thèmes affectionnés par le créateur australien).

Atopicfestival

Mais le clou de la soirée a été sans conteste la projection du film Volavola (« Envole-toi ») du réalisateur italien Berardo Carboni. Il s’agit du premier long-métrage en machinima, entièrement réalisé avec des « acteurs virtuels ». Et je dois avouer que j’ai été positivement impressionné par le film que – en dépit de certaines limitations du moyen technique – j’ai trouvé particulièrement réussi. D’abord parce qu’il s’appuyait sur un scénario solide : les histoires de vie de 5 couples dont les destins se croisent. Ensuite parce qu’il n’a pas peur de s’attaquer à des questions difficiles (le suicide, la dépression chez les personnes âgées). Et encore parce que le fait de tourner en Second Life et en indépendant avec un budget très limité (130000 euros, quand même) a permis à Carboni di réaliser ce film sans avoir à se confronter aux fléaux objectifs (la météo quand on tourne en extérieur, le catering, les techniciens en grève, etc.) ou relationnels (conflits personnels avec les acteurs, divergences artistiques avec les producteurs…) qui accablent toute production actuelle et qui souvent font échouer un film.

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Et Carboni de déclarer : « L’idée m’est venue après une expérience comme réalisateur d’un film pour la télé. La pression de la part des producteurs, c’était un truc de malades ! Ils m’ont fait chier sur tout, même sur la musique… ». Bien sûr, surtout dans le contexte du cinéma italien, écrasé par le Berlusconisme ambiant, ce film prend une valeur de manifeste. Le manifeste d’une avant-garde de réalisateurs machinima que des initiatives comme l’Atopic Festival documentent et aident à grandir. Certes, il y a une dimension d’expérimentation qui n’est pas négligeable. Certaines imperfections, certaines ingénuités sont inévitables dans à un long-métrage qui est le premier de son genre. Et d’ailleurs, dans le panorama contemporain du septième art italien, on pardonne bien la rigidité du jeu d’acteurs ou le montage un peu brutal des films de Nanni Moretti. Pourquoi ne pas les pardonner aussi à Berardo Carboni et à ses avatars ?

—a

A portrait of the artist as a Google search history

The concept seems to be pretty easy. 3 years ago, French artist Albertine Meunier opened a Google account and enabled the Web history. Then she copied/pasted her history and made a video out of it. Just white letters over a black background, and a voice reciting all her search queries like a mantra. The result is My Google Search History and it goes like this:


A self-portrait, allegedly – an uncanny, hypnotic one which plays out “like a big souvenir movie”. A foucauldian technology of the self, in all its lo-tech online glory. But also, according to the artist, a way to “[highlight] privacy concerns on internet and more particularly privacy concerns on personal data and Google”. One of the most remarkable features of contemporary search engines is their ability to exploit our personal data for commercial purposes. This project is not only a social commentary about that: it is also a most welcome contribution aiming to the re-appropriation of this huge harvest of personal information.

—a

L’exposition Games ART Factory II ouvre à Paris le 17 septembre

EXPOSITION GAMES ART FACTORY II
Direction Artistique Margherita Balzerani
http://www.festivaldujeuvideo.com/
Porte de Versailles, Parc des Expositions Halle 4
Paris, France

L’exposition Games ART Factory II est un évènement qui fait suite à une première édition ayant eu lieu en 2008 dans le cadre du Festival du jeu vidéo. Fort de l’expérience de l’année dernière et du succès au prés du grand public, ce rendez-vous culturel inaugure sa deuxième édition le 17 septembre 2009 à Porte de Versailles, Parc des Expositions Halle 4.

parisgamesL’exposition Games Art Factory II propose un parcours de découverte au sein des multiples facettes du processus de création du jeu vidéo. A travers un choix de jeux, d’artwork, de dessins et de croquis cette exposition montre l’hétérogénéité et la richesse de cette forme de création contemporaine. Cette exploration traverse la dimension graphique, sonore, formelle et narrative du jeu vidéo et a comme objectif sensibiliser le public aux enjeux esthétiques et culturels jeu vidéo.

Games Art Factory II est un espace englobant deux sections d’une même exposition,
– Partie 1 montrant une série de jeux vidéo d’éditeurs affirmés et de développeurs indépendants
– Partie 2 montrant des expériences artistiques de réappropriation réalisées par des artistes contemporains